‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 92 sur 246 · Ferdinand et Isabelle. Voyez le livre de Mariéjol · texte numérisé non relu

Ferdinand et Isabelle. Voyez le livre de Mariéjol

4. Ricos hombres. Le mot ricos j,'arde ici sa première signification tudesque.] -— Du gothique reiki, puissant? Je ne garantis pas l'élymologie.

dance complète, l'indépendance des vieux Franks, compagnons des Karl ou des Chlodowig. La formule d'élection des rois, tant citée par les historiens, a quelque chose de ce langage lier et dur qui se parlait, à l'invasion de la Gaule, sous les tentes de Soissons ou de Reims ^

L'Espagne a renoué d'une main hardie le til brisé de ses anciens jours de gloire et de liberté : puisse aucun revers ne démentir son noble et périlleux effort ! Eslo pcrpclua ! c'est le souhait d'un étranger qui pense que, paiiout où sont des hommes libres, là sont des amis pour les hommes. Heureuse mère d'un peuple uni depuis tant de siècles par la communauté de biens et de maux, d'un peuple qui n'a point derrière lui de souvenirs d'hostilités intestines, elle ne verra pas sans doute son sol déshonoré par ces proscriptions politiques qui reproduisent les guerres de peuple à peuple, longtemps après que les noms ennemis ne sont plus, et que tout semble réuni à jamais par la même langue et les mômes mœurs. Si des discussions trop vives, fruits inévitables de la faiblesse de nos intelligences passionnées, troublent pour un moment son repos, du moins, le sentiment d'une antique égalité, la conscience qu'il n'y a sur la tète d'aucun citoyen ni injures ni torts héréditaires, que l'Espagnol aima toujours, respecta toujours l'Espagnol, et que les malheurs du despotisme furent l'œuvre de mains étrangères, ces idées consolantes et calmes adouciront, n'en doutons point, l'àpreté des vaines disputes et le choc des prétentions opposées. Le sang ne coulera jamais au milieu de ces débats de famille; l'Espagnol sera, dans tous les temps, le frère chéri de l'Espagnol *.

1. « Nous qui sommes autant que vous et qui valons plus que vous, nous vous choisissons pour seigneur, à condition que vous re-pecterez nos lois; sinon, non. »J. — Il y a de très belles pages de Michelet sur l'Espagne dans son Précis de l'Histoire moderne, 1" partie, chap. n.

2. Quoique les événements postérieurs aient, à plusieurs reprises,

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Vue des révolutions d'Angleterre*.

(Fragment.)

Sur la foi d'un exemple, nous avons attendu vainement que la liberté nous vînt du gouvernement démocratique; sur la foi d'un exemple, nous l'attendons à présent du souvernement mixte.

Depuis cent cinquante ans, en Angleterre, le peuple qui pratique l'industrie, le peuple qui n'a point de brevets pour vivre sur le travail d'autrui, le peuple civilisé à notre manière moderne, déclare qu'il est heureux, et quil le doit à sa constitution.

Cette voix nationale, l'orgueil avec lequel les habitants de l'Angleterre comparent leur état social à celui du reste des Européens 2, un gouvernement vanté par d'autres que par ceux qui en vivent, tout cela devait produire un grand effet sur nos esprits incertains de nouveau après une expérience malheureuse.

L'opinion se précipita vers la constitution des Anglais comme vers la constitution desRomains^; et nous ne pensâmes point à nous rendre plus de compte de ce que le peuple entendait réellement lorsqu'il se disait heureux par elle. « Les constitués sont heureux, à les en croire; il faut que leur bonheur soit l'eflet d'un travail commun de toutes les parties de la constitution; il faut que chaque pièce y joue son rôle : Dour nous assurer

démenti cotte prédiction, il y a un fait digne de remarque, c'est que l'insurrection armée contre la réforme des institutions et le progrès social a eu constamment pour foyer, ou les provinces basques, étrangères à l'Espagne proprement dite, par les mœurs et même par la langue, ou la Navarre, dont la population, comme son nom l'indique, est basque d'origine.] — Note ajoutée en 1834, je crois.

1. Morceau publié en 1817, dans le IV' volume du Censeur européen.

2. Cf. Extraits de l'Esprit des Lois de Montesquieu, p. 195etsuiv.

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