SI
reste, mon raug n'est qu*une plus dure dbligR* tion de m'immoler pour la France, au moment où il lui sera nécessaire que je périsse pour sa gloire et pour son bonheur. »
Ce fut avec une majesté palemdle et touchante que S. A. R. prononça son discours. L'auguste duchesse, enTécoutant, se mil à ver» ser des larmes améres, en la compagnie des trois princesses ses filles, qui se mirent à Tunisson, tandis que madame Adélaïde, détournant la lôte, cherchait une fermeté convenable, que lui fournit son noble cœur si pur, si digne, ai rempli de hautes pensées et de fermeté.
Le prince se tournant vers sa femme et ses filles, et les pressant dans ses bras :
K Allons, » dit-il, n soyez ce que vous devei être; ceux de mon rang doivent savoir se dévouer aux peupicar dont ils sont les chefs ; d*ailleurs n*est-il pas nécessaire que je me montre reconnaissant envers mes bons parents? Les voilà brouillés avec Paris , je les raccommoderai ou je ne pourrai. »
Il parait que ce((e dernière considération fut puissante sur Tesprit de la reine; elle pleura
moins, et elle se mit ù rappeler à son mari les obligations nombreuses qu'eux tous devaient au roi| au dauphin , à la daupbine et à madame la duchesse de Berri. Il y avait en ce moment dans le cœur de leurs altesses royales si peu de pensées d*avénement au trône , qu'ils n'agitèrent de la meilleure foi du monde que les moyens qu^on pourrait employer aPm d'amener le reirait des ordonnances fatales. Mademoiselle d'Orléans se distingua dans cette conversation si noble, si généreuse, par la franchise de ses paroles et la sublimité de ses idées.
L'auditeur, le Mercure à pied, en écoutant ce colloque digne de ceux qui le tenaient, riait bien un peu , à part lui, dans sa barbe , car il savait que, dès son altesse royale entrée dans Paris, on tiendrait autour d'elle un autre langage; que ce n'était pas pour réparer la solution de continuité qui venait de séparer la branche ainée de la nation qu'on le demandait, mais au contraire pour qu'avec son aide on pût parvenir à s'éloigner sans retour de la portion d'une famille devenue antipathique aux masses, qui, néanmoins, dans leur colère, distinguant Tinnocent du cou])able à leurs
3tS
jeàx, cotaséntaietit h maintenir an trône la seule' branche dn même trône qui eAt su se rendre populaire.
Mais, certes, ce qu'il pensait nVtait pas ce qni était bon à dire dans Toccurrence momentanée ; l'important alors était d*arracher adroitement M. le duc d'Orléans à sa retraite et de le trans* porter au milieu de plusieurs opinions diver^ gentes , que sa présence réunirait, on l'espérait du moins , et toutes les probabilités existaient en faveur de cette croyance. M. D.... se conteiita d*assurer les princesses et les jeunes princes que leurs père, mari, frères, ne courraient aucun péril en paraissant sans force armée dans une ville en combustion, et en présence de tant d'hommes armés; il leur fit la peinture vi^aie de la modération extraordinaire de cette révolution pendant laquelle aucun excès n^avait été commis en dehors des habitations royales, où le premier soin des insurgés avait été de prévenir le trésor public, la banque , les caisses des comptables et des di-* verses administrations de toute attaque imprévue, de toute tentative de la part de la cupidité , qtii rarement sommeille en des instants pareils.
Cefait iHonnant^ et qui est sans«xcmp1e, lionorc singulièrement la nation française, chez laquelle, depuis 1789, les fonds publics n*ont jamais été volés ou dilapidés que par ceux-là même dont le devoir était de les conserver intacts au péril de leurs jours; eux, bien au contraire, n'ont en général cessé d*y puiser de manière ou d'autre^ tantôt avec impudence, tantôt sous forme de restitution légitime, ou de remboursement légal : ainsi, en dernier, en a-t-on vu sortir six millions d'une part, dix-huit et vingt-cinq d'une autre.
Malgré la nécessité qui exigeait impérieusement à Paris la présence de M. le duc d'Orléans , ce prince ne put se mettre en roule qu'à la nuit tombante , vers neuf heures du soir. 11 chemina, non en voiture, mais à pied, vêtu d'une redingote grise, coiffé d'un chapeau de la même couleur , et , portant sous son bras, en forme de canne, le parapluie caractéristique de tout enfant de bonne mère , né dans Tenceinle et la banlieue de Paris; compagnon inséparable qu'on lui remit au moment de sa naissance, qui le suit au collège , qui est le témoin de sa première communion , de son mariage, et qu'on enferme
ordinairement dans sa dernière demeure^ afin qu*il lui rende un dernier service dans le passage du sein de la (erre au ciel.
S. A. R.^ comme le lui avait dit M. D... ^ ne courut aucun danger : reconnu souvent aux nombreuses barricades gardées par de forts détachements de Tarmée d'insurrection, partout on laccueillit avec un mélange de respect et de tendresse qui dut lui donner beaucoup à penser; enfin il entra au Palais-Royal, ainsi que le constate un tableau d'Horace Vernet , par la petite porte de la portion de maison bourgeoise que le Palais-Royal présente à Taugle des rues Richelieu etSaint-Honoré : ceci parut à plusieurs une prophétie de ce que serait la monarchie nouvelle, un mélange de grandeur souveraine et de simplicité bourgeoise, telle qu'il la fallait en France à cette époque , et telle que les deux rois précédents n'avaient pas eu la force de la donner. L'habileté consiste non à dompter l'opinion , mais h savoir s'y soun^ettrc h propos.
ei»A?»iiTni :s.
Heureux succès de la venue du duc d'Orl(faos au Palais-Hoyal.— Quels furent ses premiers gardes. — Pourquoi les Parisiens aimaient ce prince. — Son cloge. — On lui propose la couronne, il refuse. — Motifs que je lui détaille afin de le décider à se rendre au vœu commun.— L^Listoirc appek^e au secours delà politique. — Exemples tires des annales modenics d^Angletcrrc, des Pays- Bas, de Suède et de France.— Baisons personnelles et de propre conservation. — Noble résistance de S. A. R.— Il craint la révolte , il a horreur de Tusurpation. — Je lui prouve que , dans lliypothèse, il y a droit et justice. — ^rpricfii.- Malheur a qui rompt un contrat synallagnialique.— Raisons qui me portent à présenter au lecteur ce que j'appelle ma justification .— Je n*ai jamais marché qu'avec la France en majorité.— Nouvelles intéressantes apportées de rHôtel-de-Yille.— Portrait du grand V..,t et du petit Cha. . ., haron D. . .n. — Je conseille au prince une visite à rHôtel-de-Ville. — Elle lui répugne. — Refus ci traordinaire de prendre, formulé par Hutègre Thiers.— C^est moi qui me montre groupeur de chiffres.- Le monde renversé. -»La lieutenance du royaume venant au duc d'Orléans de Charles X.— Que la France ne manquera pas de souverains : un empereur, quatre rois en pied et nombre de Louis XVII. — Effet produit dans le public par la nouvelle cfue le prince va à THôtel-de- Ville. *« Heureuse circonstance d^une visite de politesse de la chambre élective.— Marche et route du cortège.
La nouvelle de la rentrée de S. A. R. dans son palais se répandit rapidement; déjà, et par une volonté générale et spontanée , un nombre
de jeunes ourrien , animéi des ™pi||f^itf sentimenti, s'euient coo^toes les gardiens de cet édifice f et tout Paris ienr avait applaudi; car, il faut en contenir , sens peine de ne pas éCre juste, le prince cuit aimé uniTersellement. Commenl la cho^ n'eùl-eile pas été ? on trouTait en lui le Bûdeie de tomes les vertus anii|iieUes arant la rérolatioo cenx de son rang ne s'attachaient pas: bon père, bon époux, sage, simple, économe; alors OD érigeait en qualités précieuses , looabks surtout , ce que depuis son aTénement on lui a reproché comme autant de défants honteox; la régularité de sa TÎe, b comptabilité de sa chanedlerie , ce goût de bâtir qui est im mérite dans œ haut rang . car je dédaigne les déclamations absurdes de ceux qui reprochent à Louis XIV rimmensité de ses constiuc tiens (l;, ce spectacle honorable et reli.^ienx d'un aus5i grand sei.^eiu'
{ i j ToGtes dépenses faite» j l'iotmeiir . saos appavrnr IXtit. enriL hissent les arts, le commerce et rindastrie. Qu'au palais coûte trois cent» millions, ou Ta cette scNume ? Dq \i-'<jx elîr passe dans les main> d'une multitude d'arlwl« et d'onvriors en tout ^-nre qui fa rentl»'nt on détail au gpuTeruenient par rinip'>t. La coD:>tnictiofi de Versailles i:niichit p^^ul-clrc dix mille LuiiiUes sans appauTrir
sans maîtresses y concubines, favorites^ favoris^ qu'on voyait toujours avec sa femme^ sa soeur , ses enfants remplir ses devoirs de chrétien; tout cela avait dû nécessairement frapper les yeux et complaire aux esprits modérés.
Ce fut donc avec joie que la majorité vit ce prince partager la querelle de sa ville natale. Les timides, ceux qui craignaient l'anarchie, la république, se sentirent forts aussitôt qu'ils purent mettre à leur tète un personnage d'un aussi grand poids. II avait, en outre, des partît sans nombreux ; ceux-là tressaillireut de copten-
TEtat. Mais ce qui le dévore et Uénerve, ce sont les productions du luxe qui viennent de l'étranger, les ëtotfes de l'Inde, les chinoiseries, le tribot payé par la mode et le luxe anti-patriotes aux fabriques anglaises; les subsides payes à d'autres souverains. Dix mille monuments, cent canaiu, deux cents chemins de fer feront moins de tort à la France que des cachemires; du thé, des laques, des porcelaines du Japon ; des foulards , des mousselines des bords du Gange ; la coutellerie, la mercerie anglaises; les tableaux des écoles flamande, italienne, espagnole; enfin le soutien du trône de l'innocente Isabelle , de celui de notre gendre, de celui de Grèce; les placements à l'élran^ gcr, l'agiotage et les pots-de-vin en Afrique, que nos généraux ne reçoireut pas toujours , et dont notre fiiussc lK)litique comble les Juifs, les Aiabes et les Turcs.
(ement, et le petit nombre qui, le même soir, put être admis auprès de lui^ le conjura de prendre une part active au mouvement ; lui ne demandait pas mieux y mais il ne voulait pas être rebelle; et, lorsqu'à notre première entrevue il m'eut répété ceci :
(c Ni moi non plus, monseigneur, repartis-je, je ne veux pas que vous le soyez , et pour ne Tétre pas, il faut que vous deveniez roi de France.
— Moi, grand Dieu !!! D'ailleurs, le trône estil vacant ?
— 11 Test du jour des funestes ordonnances : le prince qui a violé la charte a, par ce fait^ abdiqué, et a plus fait encore, car il a entraîné sa race après lui. Quand une nation est contrainte à se séparer de son chef, une nécessité cruelle mais impérieuse ne lui permet pas d'appeler au trône le successeur mâle immédiat du souverain dépossédé. Les lois du sang, la piété filiale, tout ferait à celui-là un devoir de rappeler celui-ci; je dis plus, s'il ne le faisait pas, il se rendrait méprisable et odieux, parce qu'on le regarderait comme {)arricidc : quelle confiance aurait-on donc en lui? qui répondrait à tous les auteurs de ce
vaste coup d'État y qu'un matin, en s'éveillant^ ils n'apprendraient pas que le roi détrôné par eux a repris sa couronne et avec elle le besoin de les punir ? pourraient-ils recommencer une autre révolution? en retrouveraient-ils les éléments? l'heure leur serait-elle favorable? qui leur assurerait le succès? Jugez de leur crainte , de leur inquiétude, de Tlnstabilito de leur position. Cela est tellement vrai que , dans des circonstances pareilles, on a toujours enveloppé les héritiers directs dans la même proscription. Lorsque les Pays-Bas se soulevèrent contre Philippe II , appelèrent-ils un prince d'Espagne ou même d'Autriche (1) ? Non , ils allèrent chercher dans une famille étrangère à celle-là, chez les Nassau,
(i) Je n'ignore pas que les rois d'Espagne et les empereurs d'Allemagne de ce temps sortaient tous de Rodolphe de Hapsbourg , et par conséquent étaient deux rameaux du troue commun d'Autriche. Je fais cette note dans le but mahcieux de priver un feuilletonnier de faire de l'érudition facile, la seule à sa portée ; car, si, en revanche, et sans lui laisser le loisir de consulter les généalogistes, je hii demandais d'où descend Rodolphe de Hapsbourg , r homme de lettres serait, je pense, bien embarrassé, s'appe-
L\t-il T -M , et ftit-il lauteui* inconnu de l'ignoré
Chei^alier de Sainl-Potis.
des sthalouderS; avec lesquels ils u'eurent qiî'à souteuir une guerre extérieure sans aToir a redouter qu'on vînt les enlever dans leur lit. L'Angleterre, quatre fois en moins d'un sièctè^ a donné le même exemple. Charles P' àvak plusieurs fils , tous bien jeunes ; on pouvait choisir le dernier, et, au moyen d'une longue régence, fonder solidement un autre ordre des choses. On n'en fit rien, Cromwel fut préféré; et, si son fils eût eu les talents de son père, une nou^ velle dynastie eût pris place parmi les souverains. En 1688, pareille marche : Jacques II est chassé; son fils était au berceau ; celui-là encore promettait une régence de vingt à vingt- cinq ans au moins ; eh bien ! au lieu d'accepter Tenfant à la place du père, on préféra appeler le prince d'Orange, et après lui successivement la princesse Anne, femme du prince de Danemarck; étala mort de celle-ci on transporta la couronne à la maison de Hanovre. Mais, me direz-vous, on couronna les deux iilh;s du roi ; oui, parce qu^elles étaient mariées, que dès 1rs elles appartenaient à une autre famille, et que si elles avaient des enfants elles ne préféreraient |)as à ceux-ci leur
père ou leur frère. Quand en 1780 on aspirait S se défaii*e dfe Loùîs XVI, songea -t-on sérieustinènt à son fels, à ses frèrts pour liiî succéder? Ndn , prince , mais à votre père et à tous ; lors^ cftie Gustave IV prtrdît le irône de Suède, y lippeW-i-dn ses detîjt etîfaints? Ndn , etièorè , oifi alla dèmânde^ d'abordîe prince d^AugitsftefhlKrtiiig; au l)anemàix;k; et, eii second lieu, le darédt^ Bemadôttè à la ïrdncê. Vous ai^éz vu en 1814, en 1 81 5, les afliés délirer Bonaparte. Certes, îh étaient lès maîtres, îb pouvaient portfer le rôî dé Rôrtie au rafig de son père; Tont-îfs feit? Ms* oWt dît à la îlatîon : Choisissez riùl vous voudrez, hùtrs le JHs ou Icsjï'ères, ou les neigeux de votre ctHpereur dont nous ne voulons h autun prix; a u Tiùi W'eux réghaii, nous devrions chaque /^>^i^ hëitr attendre à ce (Ju'll c^ddï le trône à Napoléon; or, pour ne pas craindre celui-ci, nous imposons le veto d ostracisme sur ses pd^ rents ci sa postérité. Tant d'exemples en lieux divers règlent la conduite h suivre au jour actuel. J'aurais donné ma vie pour qne Charles X ne fulminât pas les ordotmanccs ; mais , la faiite consomnn^, les siens et lui dcrivdit cri $ui)poi1tr
tes rtsu â Fftm , tc«s ■ ^ jBMtiici. que
de Tocre Baism et k Tôcre nnegnare qui n*ann pu de fin et i bqoclk mtre lvo|R TolonléBe peut metire un Imne; il Isul donc la safaird faire en sorte de s'en rendre les chanoes fav»nUes. Vainqueur , ^os Tcrtus me rqmndenl que TOUS n*aboserez pas de la ridoire contre tos parents infortmiés; Taîncu, dites adUeu à h Fnnce; ni vous, ni les vôtres uj rentrerei jamais; abandonnez vos propriétés, car elles ne TOUS seront point rendues : on étendra sur Totre tête la loi sévère^ mais inévitable, mab sage, mais juste, qui ferme pour jamais aux parents de Kapoléon la porte de leur patrie : en de telles positions , malheur à qui le destin est iuGdéle! Enfin , ceux de votre sorte, quand dès la première seconde ils n*ont pas fait leur devoir de premiers sujets, sont forcés à devenir rebelles, il n*y a p<is pour eux de milieu; ils doivent ou monter au Irone ou aller à IVchafaud. »
Je rapporte, dans son clendue, le discours que je crus devoir, eu cette circonstance, adresser au
prince, dans son intérêt et dans le mien ; non que je le regarde comme sans réplique, même comme inspiré par le droit légitime et l'équité ; à Dieu ne plaise que je me figure juste et rationnelle une usurpation patente à mes yeux , mais j'exprime la règle de prudence que doit suivre tout haut |)ersonnage, tout homme d'État que des circonstances soit fortuites, soit le résultat de sa volonté, ont placé dans cette situation de faire à son roi, à son gouvernement une guerre heureuse; toute demi -mesure, tout retour au pouvoir vaincu est une sottise et pis une faute; on doit y regarder à deux fois avant de se mettre en révolte ouverte ; avant, surtout, que de triompher; car, en ce cas, le péril est moins grand dans la défaite que dans le succès. Mais, si Ton est vainqueur, la loi impérieuse de sa propre oonser* vation veut qu'on ne garde que pour soi seul un sceptre qui , rentré par votre consentement dans les mains ou à peu près de celui à qui vous l'arrachâtes, deviendra votre instrument de mort, forcément et malgré la reconnaissance ou la gêné* rosité du vaincu que vous auriez relevé. » Le prince m'écout«i avec une attention extrême;
plus la vigueur (le mou raisouncnieni cl surlout sa justesse éclairaient son cœur, pluf sou visage polissait et son front se montrait soaibre ; eoËA , lorsque j'eus achevé, il me dit, d'une voix vive^ ment émue, tandis que ses yeux se re^lpli8saieI4 c|e larmes :
(c Comment, comment, prince ! vous me coa-* damnez à élre rebelle; moi qui ai la révolte ei| horreur; p^QÏ qui, dans ma respectueuse recof^-r naissance, donnerais mon sang et ma vie po|ir 1^ roi et {)our les siens !
-^Monseigneur, » répond is-jecharinédesnoble^ sentiments qu'il exprimait, « ce que vous dites vous honore,) mais ne peut changer le sinistre di} votre position.
— La révolte , l'usurpation; » reprit-il, u oh ! cela m est insupportable; ma femme, ines cn-^ fants I ma sœur n'eu voudront pas plus que
moi.
— J'oserai dire à voire A. R, qu'elle n'est plus au temps de se réserver le droit de vouloir ou de ne pas vouloir; les événements ont uiar-» ché, le roi s'est mis librement en guerre contre le public. La bataille a duré trois jours; de part et
d'autre on a comballu avec af^liarnemonl; Irap de 3ang a coulé, la victoire a j>vis parti pour \^ bonne cause; ccrtcsjainais ne s'est mieux prouvais que [nain tenant la justesse du fameux adage; Voxpopulivox Dei (la voix du peuple est la voix de Dicuj. Paris, sentinelle avancée de la Franchi Paris, frappée la première, a bravement répondu^ Tagression; son triomphe est certain : lundi dernier, elle était attaquée, envahie parlas troupesid^ roi, aujourd'hui il n'y a dans son enceinte quç de^
soldats de la nation; les vaincus sont en fuite ^^ ils évacuent Saint-Cloud ; dans cet état de cause^ où étes-vous ? avec le roi ? non, mais avec le peuple. Cette démarche a fixé votre sort, qui désormais sera celui du peuple. Si les départements secondent le mouvement de Paris , si tous sans guerre civile reix)ussent la branche aînée et la cornette blanche, des lors il n'y aura ni pour vo^s ni pour les autres de déshonneur, de flétrissure; Vunanimité d'acte et de volonté changera une r^^ bellion de la part de tous , une usurpation de 1^ vôtre, s'il y avait lutte et incertitude, en un droit saint, sacré, irrévocable; votre couronnement ser^ légitime, carcnfm on ne peut rompre le pacte qui
lie, Toreerle sang de qui demande la conservation intégrale de la Charte jurée, sans délier qui od attaque, sur qui on frappe, du serment conditionnel qu'il a prêté ; on ne peut soutenir qu'une nation appartienne à un roi ; le roi ne régne sur la nation qu'en vertu d'un contrat synallagmatique proposé, médité, discuté, accepté librement par le monarque et le peuple , et que Tun d'eux ne peut dénouer ou inexécuter en tout ou en partie sans le consentement de l'autre : or, quand Tun se hasarde à le violer , par cela seul il rompt son ban , se met hors du bénéfice de cette loi qu'il répudie, et aussitôt la seconde partie contractante reste maîtresse de regarder le pacte comme détruit et peut à volonté n'en plus accepter ou exécuter aucune partie ; dès lors sa résistance, sa détermination s'il triomphe , le bannissement, la déchéance de celui qui le premier a provoqué cette série de malheurs, sont des conséquences inévitables et justes; Tagresseur de- TÎent coupable et a, par sa folle provocation, rendu juste et légitime la sévérité des mesures qu'on lui applique. Le roi, par exemple, n'a-l-il pas enlevé violemment les patentés de leur rang
dans la hiérarchie des ciloyens ot de leur droit consacré par la Chartre? Et on dira que les patentés vainqueurs n'ont pas le droit aussi d'appliquer au turbulent agresseur la loi du talion ; ce serait un privilège étrange que celui qui accorderait à un homme le pouvoir de molester , de bouleverser une grande nation , et qui interdirait à celle-ci de se défendre autrement que par des pleui^ et des doléances. Les rois ont été faits pour les peuples et non les peuples pour les rois ; autant le prince sujet, le particulier , la nation même sont coupables, comme en 1792, quand ils renversèrent un monarque et un gouvernement soumis à la loi et régis par elle , autant le roi est dans son tort, comme aujourd'hui, quand en pleine paix , quand la nation se soumet à la Charte et l'exécute scrupuleusement, lui, au mé*« pris du serment de son sacre, la viole, la fausse, en torture le sens ou la dénature sans honte ni terreur. Ce qui se passe maintenant est un grand exemple, que vos successeurs n'en perdent jamais le salutaire souvenir. Quant à vous, mon-seigneur, je sais combien vous sera sacré tout serment que vous prêterez , tout acte que
23 i VOUS jurerez cle oonsei:ver ei de défendis (4). m Ceux qui me liront reconuaitront ^ds \ïeme qu'en répétanl ici ces paroles graves et sol<eii-v peile&> j'ai voulu me jusUfter aux yeux de pi^ contemporains et de la postérité ; ce que j'ai dit 9 monseigneur le duc dX)rléanS| et j'aifirrue aur rbcoADQur lui avoir tenu oe langage, devint eK «bépie était depuis longtemps ma règle de ooa?* duite. On me reproche d'avoir servi la répiH blique, Bonaparte, les Bourbons, le roi des baiw ricades , voici le jour d'exposer les motifs de œt diverses fluctuations : mon seul tort fut de ne paa at>andonner les affaires à la mort de iiouis XVI; c-est là ma faute et, si qq veut, mon crime; mais qu'on fasse attention que sorti de France en septembre 1 792^ que proscrit peu après, je n'ai pris psrt directement ni indirectement au meurtre dû mon roi lc!<gitime. En 1796, quand je suis renti*é, deux gouvernements, deux constitutions sucoea^
(i) Ces allégations, toutes celles contenues dana ce cka-* pitre , que ma délicatesse ne me permet pas d'aâaiblir , formaient Topinion personnelle du prince dcTalleyrand et ne sont pas les miennes.
{Comtesse Olympe du .,..)
sivos, ceux ci cpllei^ dt» 1T93 çj de 1795, avairat éloigné les Français de la monarchie. La France eoti^fti, au 18 brumaire^ appela Bonapajcte, ouï, I4 Franee tout entière^ c'Q9t uue vôrîlé. patent^ qu'on oublia trop aujourd'hui : ceu^i qui laUer mandaient avec le plus de vivacité ,.ceu:y. qui ^ aiguakirent par leur entbouaiasfne et ensuite piir leur ecnpressement à le servir dans sesi armée^i dau4 ^ {uaiso^i d^ua celles de^ siens^ dans Uf adoûiustrationsi eiQ*> etc*, les royalistes en out cdmplètefueut perdu le souvenir; or donc, .ai alors j'ai péché , ils sont nombreux ceux qui, k mon exemple, doivent dire leur tnedcuif^. ..
£n 1^14, Bonaparte, enivré d orgueil et di? flatterie, avait rompu sou contrat avec la naiipu; son rcgnc était un long desjiqtismo, une dict^ir tHre qui n'avait pour régie, pour loi , q\ie^ la vpionté du souverain ] eu çonsétiueace, j*U3Ai 4f mon droit, de celui que je vieus de décrirai et en rappelant la famille royfile j'eus raison sans doute, car la nation lit chorus avec moi; pi l'on revit à celle époque la belle unanimité du 18 brumaire.
L'an d'après, le roi u*avait pas violé la Gharta;
le» loin ëiaient exëciitëes rëellenient ; anraii tot majeur ne demandait un redressemoil fioreé; aussi, loin de passer à Napoléon ausoDom de nie d*£lbe, j*armai contre lui TEurope cnbveur d'un prince demeuré légitime; et le royaoae fit comme moi , car s*il laissa passer le héros dans sa marche rapide , il ne se rallia pas à loi quand il fut convoqué en champ de mai , el à part les fédérés, poignée de turbulents, d'insensés ou de drôles, Tuniversalité des citoyens encore attachée au roi Louis XVIII , qui ne démérita jamais pendant ses dix ans de règne, se tint immobile sans aider Napoléon plus que jamais suspect, depuis la promulgation fallacieuse et insolente des articles additionnels aux cons' titutions de Fempire.
En 1830, Charles X venait d'imiter Napoléon; il s*était joué de la Charte, il l'avait lacérée. Eh bien , je crus pouvoir, en sûreté de conscience, agir aux trois journées comme j'avais agi le 31 mai*8 1814; et encore, dans cette circonstance, le parti que j'adoptai Fut celui que prit la nation. Si celle-ci n'eût pas voulu de la nouvelle dynastie, que ne prenait-elle les armes contre, que
n'envoyait-elle des députes avec le mandat de la bannir, et de rappeler le monarque ensuite? Loin de tenir cette conduite, ses mandataires à Paris, et elle en province, concoururent à la ocm* soUdation du nouveau trône , et dés lors tout a été dit (1).
Certes, on ne prétendra pas que le duc d'Orléans, à cette époque, soit entré à Paris avec une belle armée et une forte artillerie : deux serviteurs, deux ou trois employés furent ses* troupes^ et son riflard, puisque riflard il y a, ses muni** tîons de vivres et de guerre. 11 alla seul à THôt^ de- Ville; il en revint avec le peuple entier. Dans tout cela je cherche la violence, il m*est impossible de Ty trouver ; je vois un peuple une fois sage, prendre un prince sage, en lui disant en action , ainsi que le général Dubourg lui avait dit en paroles : f^ous voyez comment on monte nu imnCf mais voyez aussi comment on en descend; régnez sur nous, car il faut un roi p et un meilleur que vous est impossible à trou--
(i) On pourrait aîséinent répondre à ceci s'il n'y avait trop de péril à le faire ; on me comprendra.
(Comtesse Olympe du ....)
wr tous fes jours; cep&iddfit /dilei eh it>r* i^uè éè rte soit pas à récofnm&iicer. *
80de de proliTique hàtfle él de jvsfificfiltoh ; xjjfié
1% lect?eiif respire , je tàrs êCr é taVôiws sëHciiît ëtt
retournant à ma narration.
A ia deuxième |>art!C de mûh discours, le
prince rfe m'écouta {^s avec moins d'àtteuitonf
que pendftni ledëbitde la première; î! m noT^-
\enWï\M pas. Le ntragé doni son fhmi ëWîï
coav«rt tte Sc diis«ïpa )>ei^ttt, et qvatid j^eiiS
aé^<^f, lui hodhànl la tête et soupiratlf ^ se tblH
à dîte :
. « Tout cela l^st bel et Lon^ et néanmoins, «i
j 'avais ? u ces cooséquonces* . <
. — Vous auriez livré le pays à raiiarcltie> à
la république, à Vélranger. ...»
Ici je fus arrêté dans noa phrase parla venoe Ae
V.^.etdubaronD.... J'ai peint le premierpetitpM' son esprit, colosse par sa taille, nain de position , Ql montagne de prétention , ambitieux , mallVM^ reux par sa naissance , malheureux par son existence qu'il veut royale et qui u'estt que bour-: {jcoisiej houinie de lettres incognito, malgré le
nombi^ de ses publications publiques; homme d*Ê(at d'autant moins connu y qu'*il ne %st9ÊiB de se montrer, courant après rimportance , nM pouTOir même atteindre à la faihiosile , et à part ceci, plutôt ridicules qu« vices; boncompagMa^ cherchant de la joie^ ayant des amis^ m<Sritant leur affection , et même ayant des droits à Tea* Urne poblique.
Le second , manquaût de science dina le fond^ a pris la forme de savant, ne pou Va ni s'établir une réputation fondée sur des faks liuéraires^ il l'a remplacée par des décorations et des qualiOcations féodales; le titre 4'homme de fgkM lui manquant, il s'est accoilimodé du tkre de baron ; au lieu d'attendre la renommée, il s'est mis k courir après elle sans avoir pu encore la saisir. Si les journaux indépendants le sifilenty ceux du |K>uvoir Télogient; à la piste des décou-» vertes, il écrit et pérore sur ce que les atitrea ont inventé; il fait des cours pour se faire ea-« tendre, mais on ne lit pas les livres qu'il fait; aussi va-t-il, grâce au nom qu'il porte et au frère qui le soutient, plutôt à la fortune qu'à k
gloire; ennemi de la branche ainée, il la servit . en comédien de quinze ans, et avec plus de profil que de reconnaissance. Sous leur règne^ on le disait habile, et depuis 1830, à la tombée des masques, on ne le dit plus qu'adroit.
Tous les deux venaient de THôtel-de-Ville et ils s*en montraient consternés. Selon le premier, la république allait être proclamée avec le marquis de Lafayette pour président; selon le second, il s'agissait du roi de Rome. Dans tous le^ cas, il y avait péril que l'impatience de la France ne si" gnalàt par un choix quelconque d'où, peut-être, le nom du duc d'Orléans ne serait pas sorti.
Dans les temps de gouverne aisée , on se retire volontiers de moi ; mais, dés que le vent tourne à l'orage , on accourt me demander des conseils et des conditions d'existence. Souvent il a été trop taixl pour que mes réponses aient pu être utiles; par bonheur que , ce jour-là, on n'attendit pas trop. — Voyons, me dit-on, que faut-il faire?— Deux choses , agir sur la masse et sur les députés; amenons ceux-ci chez le prince, mais que le prince aille à IJlôtel-de-Ville; car maintenant, ce sera
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le peuple qui élira le roi, et la Cliaiiibre tleclive
n'aura pour elle que la cérémonie du courouiie- 4
meni. '
— Quoi! nller demander le sceptre?
— L'aî-je dît? je ne le croîs pas; je propose une visite au peuple dans son liôtel : le peuple , (juoicju'ondist', est llalléderaltentlon des grands. * Pour une carte laissée ctiez son portier, (le marquis Lafayette), j'espcre qu'en retour magnifique, il V vous dira : Puisqtiele ti ôncestUbre, allez vous j ' fif seoir, nous n'en causerons que mieux. Pendant i ce temps, et par le désir de seinontrer active afin,
surtout, de bien persuader la pairie de sa nullité, la "
Cltanibrc des dépulés est capable de donner à monseigneur le titre de lieutenant général de <
la couronne »
Ici je fus interrompu, et une voix cria : j
I' Mais, la chose est faite; Cliaries X, par une j
ordonnance, ap|ielle monseigneur à remplir les fonctions de ce litre. "■
— Rien de Charles X, » riftosla d'un tonde véhémence le petit Thiers.
(' Bon , )j dis-jc , « éics-vyus déjà assez riche .'
pour refuser un (résor quand il tous arrive? Moi, qui merappelle le proverbe : Ahofuiance de bien lie nuit pas, je le recevrai volontiei*s, de quelque lieu qu'il me vienne. »
Les rieurs y et encore mieux les sages, furent de mon avis : ce qu'il y a de sûr, c*est que nous nous ébabimes de celle naïveté du vieux roi, et de la balourdise inimaginable de ses conseillers. Un peu plus taitl vint au lâème prince, et du même endroit, et par les mêmes avis, la régence pendant la minorité de S. A. R. monseigueur le duc de Bordeaux, roi improvisé, avec une légèretéà faire peur; si bien que, peu de jours après, la France eut un empereur, le duc de Reichstadt, quatre rois : Cbarles X, Louis XIX ( le dauphin), Henri V et Louis-Philippe, sans compter une douzaine environ de Louis XVII de rechange ou d'en cas (< )•
( I ) A la cour de France, il était d'usage de servir chaque toîr, dans la chambre à coucher du roi, un i^epas coni|>osé d*un pain, d'une volaille, et d*une bouteille de vin, en cas que le monarque eût besoin de manger pendant la nuit ; de cette coutume, et de la phmse qui en disait remploi.
Je lins d'autant plus pour la prompte visiteà rilotel fie Viljle, que je savais que les meoeurt |fy atteodeieut pas Son Altesse Royale; cri il XMy a rien qui dëiraque une scène jouée comme la survenaiice d'un acteur inaUendu. Je disiceot et je fua écoulé ; on put voir en un clin d'œU quel serait le résultat de celte noble ^ franche^ fière et courageuse démarche ; aûn de sonder les esprits, j'en fis ré|mndre la nouvelle dans les esH virons du Palais - Aqyal. Soudain la {;ard^ naUonale des postes voisins, les espèces de g^ardes du corps que j*aî signalés au début de cecliapitr^ ;ums 9^ rangèrent «n baie spontanément; kr foule puiieuse. courut fin bâ(e.
Le prince MMCnt à cheval sans Saint-Esprit ^ l^flQWiOis ruban, mais avec le grand cordon roi|^ 4» ^ Liégion dlionneur ; il était à cheval^ taîvi d'un oortége de militaii^es et environné en forme de palladium de circonstance, de la Cham« brc des députés en masse; celle-ci, travaillée par les partisans du prince, était venue lui appoHçr
vint Texpressiou : c£si un en caSf qui si^iïiait diosc paijF ticuUèrciMCut ixn^civce à un point détignë et peisonoel.
{CunUc4ëc Oljmpe du ,,..)
sa nominalion à la lieutenance du royaume (1 ) ; lai^ avec ce rare talent d'à^propos qu'il a toujoiirs
saisi avec bonheur^ les invita non à raccompagner, nuds aller ensemble visiter à THôtel de Ville le peuple souverain. On tôpa à la proposition sans en dépister les suites. La foule voyant le prince à cheval, les députés à pied groupés antour de sa personne , s'imagina que cette humilité des uns , et cette superbe de l'autre , annonçaient une chose consommée, la royauté déjà accordée à S. A. R. ; il en résulta que, si des voix crièrent vrpe la Charte , vwe le duc dOrléaiis , wve In république f vive Napoléon (car par ce cri on marquerait sou fils), l'immense majorité ne cessa de crier : Vis^e le roi Lonis-^Philippe f
Les barricades encore permanentes obstrtiaient la voix publique; le cortège, pour en rencontrer moins, au lieu de suivre la rue Saint- Honoré
(i) 11 faut se rappeler que la Chambre élective doiuia, de son plein mouvement , le titre de lieutenant {général du royaume au prince, avant que celui-ci l'eût reçu de Charles X. La mémoire de M. de Talleyrand a erré, je crois, loi^ue, plus liaut, il dit la faut« faite par le vieux roi daBs la joui née du samedi.
jusqu'à la rue Saint-Denis, ce que Ton eût fait en
d*autre$ temps, afin d'associer à cette scène les quartiers populeux, dut enfiler la petite et sale rue de Chartres, gagner le Carrousel et les quais jusqu'à motel de Ville; là, le chemin était à peu prés dégagé.
enskpyn^ n.
Des UirripMiçtt^ Suit^ dfi la 4cscriptioi| f îitoreaqiit de U m^tiAm du duc d'Orli^ns vers môtcl de Ville— Le cri viwc is roil Bung« ks &atr«8 eris, k Te^eniple de la Terge de Moîse.— ^Ce que Ton faisait à TUôtcl de Yi))e. — Confusion digne de la tq«f de Babel. — ^"Surprise des jeune-France a la Tenue du prince.— •^ Qt$ répuliUcaifii imberbes 9e croyaient rois tbtoliu.— Un tff^ lent tenter la guerre civile. — Bon sens des prole'taire8.-»^i7«/ire auM éftiarmfae moulurtit.— Ambition trompée de Jacques f«af-' fitte. — On lui enlève le monopole de la pbaise à porteur.— « Prétentions du héros des deux mom/ef.— Néanmoins, plus sage qne lesaifti^^, il cède au tcsu général. — ftcèoe polilique joi|éf f^ l'Hôtel de Ville.— M. de Lafayette plagiaire. — Suite du récit bistoviqae. •-• Je nie le jfrogranùme de tHêul de FiHe, — QÉl' l'aurait ordonné, dressé, présenté ? eii étai( le droit 4e Ip f^irey bors à la France tout entière assemblée ? — Les sauveurs. — Un i^iiriial trop âmi do ceuii qui spéculent témértiremeiit.**-* Retour triomphant du prince au Palais-Royal. —Situation des eheses A Saint-Clotid.— On n'j fait que des fautes. — Lé minh-' tare abdique avec le roi et monseigneur le dauphin.— Po|:tnii| sévère et juste du duc de Morteroart; sa faiblesse. — Il abandopne la cause du roi. — Ses torts patenta. —* Ce que je ^is i|f nos adyersaires. — Pari que j'ai fuit d'écrire ce Tolumc sans consulter nn seul ou vra((e.— Quels livres composent ma bibHo* ■
tbéquc pendant ce travail- ci. —Actes de pleine souveraineté de la Cbambre des députes. —Aperçu des vices, turpitudes , con- GMfiions , grlv^ries , actions in Ames qui , malgré le roi^ of||. signalé la nouvelle révolution. — Torts de MM. Cousin et Guizot. •* Femmes en jeu. — Anecdote touchant le culte d*amilié qtforend M. Laffitlc. — Suite du nouveau tableau de Paris. -^-^ Le préfet Duval. — Un enfant de Tamour journaliste et concussionnaire.*^ Pourquoi Robert-Alacairc est le tyt>e obligé de notrt époque actuelle. — TJ'âge d'or et Cdge île for.
Les barricades élevées pendant les trois jovir^ néeS; ai-je dit, et au nombre de trois mille f
ne furent renversées en entier que vers le 15 août, lorsque la malheureuse famille des Bourbons eut quitté le sol français. Jusque-là, et Paris libre, ou ne se clébari*assa d'abord que des plus gênantes : ceci eut lieu du 3 au 6 août; mais le dimanche 1 *" de ce mois, où encore on ne savait ce que le roi et les siens feraient, tandis que la garde royale, les Suisses , le reste de Tarmée et tout le royaume ne les avaient pas abandonnés , la prudence interdisait qu'on se privât si lot de ce grand moyen de défense.
Au moment donc où monseigneur le duc d'Orléans partit du Palais-Royal, vers les onze heures du matin, pour se rendre à THôtel de Ville, les baiTicades entières , ces remparts improvisés qui avaient seuls été la cause du Iriomphe popu* lairc en paralysant la bravoure du soldat, restaient en témoignage des combats de géants qui avaient eu lieu ; elles embarrassaient la circulation , elles interdisaient le roulage des voitures, des charrettes et des nombreux transports qui journellement sillonnent Paris, et par là maintenaient la cité bruyante et animée dans un calme apparent, dans un silence de mort dont rillusioa
2«9 était telle, que souvent , lorsqu'on était chez êoi en jouissant de cette morne paix^ on pensait qae la lutte deraiëre avait élé si acharnéci que la voito publique en était couverte de cadavres, et qile le peu d*habi(an(s échappés à cette terrible catas«» trophe avaient fui soudainement loin d'une enceinte désolée.
Les quais , depuis l'Hôlel de Ville au pont Louis XVI f avaient été disputés si tard encore avec tant de succès balancés, que là à peine ti on renconti*ait cinq ou six liarricades* Le prince et son cortège suivirent donc cet unique chemin» et déjeunes adolescents, ces gamins de Paris dont rhéroîsme impromptu avait en si peu de temps égalé celui de nos plus vieilles moustaches, allaient en avant de S. Â. R. et des députés , et en route dégageaient le quai des obstacles qu'eux-mêmes avaient construits avec tant de soin : à mesure que, grâce à leur concours, on avançait, une foule plus nombreuse se pressait sur le passage de M. le duc d'Orléans et ne manquait pas de flaUer son oreille du cri décisif de vive le nn^ viife la Chari0, qui d'abord seul, puis ea^* suite joint à ceux de vh^e la république p La^
d56 fnyêUé, Bùnapai'U , s'affaiUisMih de prâebé Mi pn9che eC le cédait ï celui qui changeait Tonlm de eucceation dans la famille royale) enfin mm environs de la Grève il fut dense, tant de vofai le poussèrent ensemble, qu'il tomba eomme mi éclat de foudre au milieu des groupes de diverses opinions réunis dans la salle Saint-^ean , dtnt èéll<i dn Tr6ne et dans celle eieâ Fastes A(^ la maison commune, où Ton dressait, en une confbaion pareille à celle de la tour de Babel , un pro« gramme ou plutôt cinquante, cent programmée et création de gouvernement , attendu que chaque l^slateur imberbe ou armé s'était luî-mdme établi autorité provisoire; car, je le répète d'après la Bible : En ce temps-là il rCjr avait pas de fnge en Israël, et chacun faisait ce qu'il voulait.
Ge fut donc un désappointement étrange, ime déconven\ie plaisante parmi ces douze douzaines de commissions de gouvernement, installées sans mission aucune, sans mandat autre que le leur, et sans qu'aucune portion de la ville ou de la France leur eût remis des cahiers des procura** rions législatives ou administratives. On s'étonna d*abord, on s*ébahit de ces cris, de ces acclama*
tioTM ^ de t^l te ftltëgi^eMe surlmit , on s'effi^ayn di^ Mtte mianimilé de voix, puis on passa à Tindi-^ gnaitbn; il fut déclaré èhoquant par t^es jeune- •'ft'ancé tpiè ïeui^ pères, leurs tuteurs , leurs plâtrons n'eussent pas abdiqué en eux leurs drotii de souveraineté à l'exemple de Charles X , qt^ avait tîfen exécuté leur injonction inipératlve; de descendre d'un trôné dont ils revendiquaient là possession. '
Leidur disputer, les priver plus longtemps dé jouer entre eux à la constitution , leur parut Iri^ Ttupportal>le; s'imaginer que, passé vingt-cinq ani^ otl'pÀtse croire capable de faire de la politique^ de se maintenir en vie civiletnent, était selon eux trop perruque y momie ti fossile i ils étaient si bien là , ils se distribuaient les rôles non sank déjà s'être appliqué maints horions en attendâtal les duels prochains et la guerre èlvile, ensuite avec l'anarchie, la proscription, l'incendie, le pîhlage, les emprunts forcés, le maximum, les ban* qucroutes, la prison, les tribunaux révolution* naires et la mort ses acolytes inévitables. Ils ne revenaient pas de la surprise où les plon^ geaient là stupidité, ringratitude d'un peuple pré^
sociale, la lîigpnc , la haue ^Orléans , au bonheqr qû In a gpa^tnemenl ûnpëffîeBx du nodëré phUosophe Trélac ei rfn déûaiéccaé
Il ▼ eut on naoniem où. ces Mèrenl répondre â la ToloBlé CMai âe recolle, d où leurs ks nonsdeMaiai ei de Robespierre cotre do roi dëpécbé par le peuple; mais des proiëlairai prudems ei fermes leur criéreni eu -^^*^^*r : Silence aux quaranie moutards ! Ce qui fut dk fat fait ; ou se lui, on alla se mêler au coct^, ei par des démonstratioos d*uiie joie fallace ou essuya de se faire remarquer du nouTeau soQTe* raio. Barthe le sans-culolle eut ce boubeur, ci depuis a convenu qu il Tant mieux couTrir le vêtement nécessaire de la simarre de g^rde des sceaux , que de montrer par les trous de celui-là le patriotisme et la chemise.
Les personnages qui ne furent pas moins surpris et fâchés de la marche rapide et franche de la lévolulion étaient MM. deLafayelte et Laffitte,
tous denx friands d'une présidence dont Tun el Taolre espéraient de goûter. Le dentier i entraîné le matin par Téian de la Chambre élce« tive, s'était vu contraint d'apporter son hommage forcé de sujet à un prince dont, la veille aKX>re, il espérait d'èlre au moins le collègue ; sa mauvaise humeur se manifestait visiblement, tandis que p lui, pour ne pas être confondu avec ses collègues, avait imaginé la ridicule distinction de se faire traîner parmi eux dans une chaise à porteur > spectacle bizarre qui fit rire; d'ailleurs, MM. Benjamin Constant, Chauvelin, et jenesaisquiencore^ ayant reconnu la commodité de ce mode de marche, se mirent à l'employer, au grand déaea* poir du grand citojen, qui n'avait plus à lui seul le monopole d'attirer les regards de tous, et qui, en outre, se voyait conduit comme en triomphe à la queue du cheval de monseigfneur le duc d'Orléans.
M. deLafayette, de son côté, en s'étaUiasant à l'Hôtel-de- Ville où le duc de Choiseul était venu le rejoindre, ce matin même, ainsi que le général Gérard, aCu de ne pas faii^ mentir les affiches^ les proilini allons qui dquis quatre jours
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kli détig^aiefil en quatiié de «èiib ineaibt«Sidki ydritebiè gouvernement proviaoir«{ M% de Lan iayelte, dîs^ja, «'«llciidaii^ do iDonent en nwtDCfil^ g V4Mr pèffiUpe les dépulâtiom des qu/aranié^ htiU seeiioM (1) lai dpporUnl le Tote dé fetut commeliaQle el celui de la garde nacioDafo ^oaur que, lui , héros des deux mondes ^ eût 4» pradftf Hier aur^leH^liamp le i^étaUiaaeaient de Jb réçm Uiqtie : eli sa qualiié de fulur piwnî» préiidtiit , il ne doutait pas que la Chambre ëke^ire,! ks adtfiiiMtraltons, les mairies etrarmée:]ie le««|^ firaïassea^ dans ee rang; «t lia gros,d*aniii4s dtëatuves, de flaiteuM ^ de solUèiteiirs ^ d'iirtnif gattlSs l'entretenaient dans eette iUnaîoa déraît •ehnabte.
U faut avouer qu'elle tarda peu à ee disei^ fev} eÉ qu'àttSsîlot que, par luinnéme^ il eift acquis y envoyant 1» foule innnense, joyeuse, et paisible dont le prince était euvlronûéy la preuve évidente du vœa sage et louable de la nation.; lui.
(i) Paris, au bon temps révolutionnaîro, était divise en quavatite*huk seetie^s ; «Mtte d4«tiibutioÉ>do tfuafiieM W fut duu»(j!p^ 4|^fij>ai- JSajwl^i^u. ^ ..,-.,{ mk
Itonnèle hoinine et vni bQfidUyrmi^ «i Mn*ett grand) n'hésiCà pas à la feia^ soil à rattoucer à aa «biméray aoil à seripir d'étendaiid à riotrigur d'une poignée de jeunes étoÊy^és aana auaiM mira lilra que leur ambition , lans âulre droit au pouvoir que des préieiilîons ridic»k!a«
J'ai ripporië plus haut oommeiit eun ceaiéiient iaur rêve d'hommas ëveillëa. Lui^ àToe pluade 4ael| de petitesse déUcale» de hauta urbanité «t d'«n de convenance (l'boninie de rëeUe bonne eoMpagnie ae i*elronvant toujonra et pnrtonl)> !rîa|t à SMi nonvean roi avae «me aîssmce simple p mf ebalidon respectueux , en rc^t eonvenaUemeiil l'aeeelade faanorable) pdis^ non par soHajactaMa^ mais par déférence pure, au désir viveoMyt snêlnfesté avec grande adresse par momeigéeur le due d'Orlëàns> il ae montra avec lui auf lobal^ dan de l'Hôtel de Ville an peuple aimven»^ entassé dana la place de Grevé, et œ monarfne -éparpiUé parut satisfait de voir le roi qn'il venait de faire intnmisf r par aon mandataire preuner, et tona deux s enlacaDt dana kut^ hraii ateo efft^ iion parfaite; ce futà ce moment que le KkajNinfe ée Lafayetle^avec unà-proposrédlrmenthtiunattâ,
se ressouYenant de la phrase qui , le kindi paravant, m'était échappée (levanilui, se Tappropria en disant aux députés et au peuple qm pouvaient l'entendre :
ix Citoyens! avec cet homme-la , une royauté sera la meilleure des républiques. >#
Cela dit et cela fait, et le général Dubourg ayant placé, lui aussi, son mot ferme et qui eat moins de bonheur, la monarchie entra en fooe^ tion ; car il se trouva là des flatteurs h point nommé pour s'indigner de l'audace de ce militaire, et le prince lui*roéme, se hâtant de faire le roi^ repartit avec une aigreur hautaine allant plus vers Tab* solu pouvoir que vers la rude franchise répu« blicaine.
Au reste, voilà tout ce qui se passa à THôtel de Ville pendant celte visite, qui a tant fait de bruit et dont on a tant parlé diversement; il n'y eut, ni plus ni moins que n'en conte le récit ci-dessus; cependant il faut y ajouter une présentation générale , toute au profit de la jeune royauté, déjà là admise, bien que le titre réel de S. A. R. ne fur, jusqu'au 9 août, que celui de lieuietiant général de (Etat et couronne de
France f soil qu'il le tint des députés et du roi. Quant à ce que l'on a dit, avancé, répété, soutenu, écrit, déclamé, du programme prétendu des conditions répi^blicaines, que 1 on aurait mis au consentement du prince , pour Térection du noa« veau trône , il n'y a rien de vrai ; tout est faux^ ou au moins est cru par des gens d'honneur, mais qui , émus par les événements et la circonstance, se sont imaginé avoir dicté ce qu'ils désiraient peut-être , mais ce qtie ni eux, ni autrui n'ont formulé, demandé, obtenu pour la France, et pour eux. D'ailleurs, qui, dans ces successions rapides de combats, d'alarmes, de secousses, d agitation, d'inquiétudes, se sont conVo({ués? qui légalement a dressé une série de conditions donton ferailjurcr Icxerciceou rexécution?Quelle masse de ciloyeus s'est occupée de ce travail, dans quel lieu se serait-on assemblé? cela apparCenait-il à la ville, à la banlieue, au département, à des provinces, au royaume? Plusieurs portions de celui-ci s'étaient-c^les enfin ralliées pour combiner ce grand travail et lui donner force deloi; cène sera pas sérieusement, je le présume, que ce noyau de
sauveurs, d'onuiis homo^ de Michels Morius des
trois jours qu'on rcncouCrc partout depuis , et qu'au moment on n a vus nulle i>art f em,les rëds inévitables de l'époque, quise targueront d'être im représentants réels et de droit de b patrie. On tak qu'une fraction d'eux , si minime et si ridicule^ s'e$t depuis accommodée en universalité de génie et de talents , qui se disent, avec unenaivelé piqiiantc,. les représentants de la littérature, ei<pti s'apothéosent réciproquement dans le joumsil Im Presse j dont le grand tliuriféraire les empuantît du môme encens dont il s'est servi pour les forgeurs de société en commandite, sorte ik pillagQque la justice n'a pas encore j*épriiiié,et surlequQl elle devrait avoir lesyeu^(4). Mon, assurément, ces messieurs-là , en 1i^, n'étaient pas plus le peuple français, et n'avaient pas pins le pouvoir et le droit de donner la couronne, et
(i) Depuis la mort du prince, uu jugement solenad s rempli son vœu, en partie ; dans Taflaire de Saint-Bérain, Àes coupables ont éié frappes. Cependant le plus odieux, le plus criminel brave la justice et les hommes , de la position d'iionncur où on Ta cUvé. Mais je contemple le fameux tiMcaii do Priid'lion, et j'ai Tespoir que les divinités vengeresses ne seront ni sourdes, ni avcu(];les, ni (];ontleuses.
(Comtesse Olympe <lu ....)
d'iuipo3er des coudilions à qui la recevait» que m^imenaol. ils n ont celui de se dire les ^çbeJb fi les régulateurs^ de la liltérature et d^^ n^urr
. ., ,Ce fut un nouveau trîam{)he que le ratoyr 49 S, Â. R.|.maiateaant accompagnée de M. 4elia|f foyett^» astre déçbu et tombé à la seconde place | d^ l«rs il. n'était plus possible de fonder la jré^ f^bliquc^etonse maintiendraitdaiisla monaarclMet nfi^^ua^'f pe momeoty je a*ai rien dU» ni des aç(^ qui 9ÎgPf|14reQV les. derpières lM^rfls 4^ gl9;Lixqr;!?^^ent royal» oi 4^^ démardi^ que ron fit pour revenir contre TeOet produit par ks oPt domianoes» Le petit Polignae > tout abasonnil de la^ réiîstance inconvenuiUe que le peu|^ <HH^ ^it au:(r mesures , œuvres dun grand seigneur^ 4^va de perdre la (été , comme chacun sak* lojQag^ble de créer, de soutenir une résÂsUnce quelçonqui^ , enchaîné par le torrent ^ Use noyait en a£pirmant que ce n'était pas sa faute; loin de ^ rendre à l'évidence, de reconnaitre son tort et son impuissance , il se cramponnait au pouvoir, avec d'autant plus de folie, que le iK>uvoir luî« même disparaissait sans retour*
Du côté du rai, aucun ne sut agir; le roi hiimème, qui avait tant dit qu*il monterait à cheraly ne Dionta qu*en voiture, aGn de s*ëIoigiier plus vite ; monsieur le dauphin , rempli d'un respect inopportun, préféra perdre la couronne plutôt qae de tenter de la défendre. Le maréchal Marmont, vaincu à Paris , outragé par monseigneur le duc d' Angoulème, conspué par une cour impn*dente, fut paralysé complètement dans tous ses projets de lutte prolongée. Les ministres, abandonnés do roi, livrés à eux-mêmes, crurent devoir se retirer, et ils supplièrent le monarque de nommer im nouveau cabinet.
Alors apparut un de ces hommes de hante réputation et de petits moyens , que Ton se figure être forts et habiles, parce que les événements les ont servis jusque-là , mais qui , jetés avec pleine conGance au milieu de la tempête , y font soudainement éclater leur insuflisance et leur incapa-» cité î cœurs sans énergie, sans conviction réelle, dominés par la frayeur physique, ils nuisent à ceux qui les emploient, servent ceux contre lesquels on les dresse, Gnissent par n'être estimés ni mis en œuvre par personne*. Tel fut, dans cette
circonstance y le timiilcy Tincapace, le maleneon** freux duc de Morlemart.
On lui avait Tait à laAuur une haute réputation que rien ne justifiait, de science politique, de di-* plomatie adroite, de loyauté sans borne, de cou* rage nioral surhumain. Depuis plusieurs années on s'étonnait qu'il ne dominât pas le ministère; que le roi le laissât à Técart, et à cet abandon lesCamusonsetCourte^vuesattrilmaient les agHtMioos , les zizanies qui troublaient la France j à entandre certains gobe-mouches, le quas ego... du Neptune de Virgile , prononcé par la bouche du duc de Mortemart , aurait fait rentrer soudain dans leurs antres les vents malfaisants de la ré- ▼olution : Paris, la France tant de fois trompée par rengouement ridicule des courtisans, espéraient aussi beaucoup de T intervention de ce person* nage.
Celui-ci jouissait par avance d'une gloii e en espoir; tout à coup, et |)ar malheur pour lui, Charles X l'appelle, lui confie le soin de former un nouveau ministère, de certifier du retrait des ordonnances , et l'envoie négocier à Paris avec les chefs de l'insurrection. Le duc de Mortemart,
fr^|ipé d*iine paiiiqne inconcevable^ isc met à trembler et à craindre chaque groupe qtiMl t^-^ contre ; un enfant qui cr^^ un chat qui miaule^ Ini apparaissent en bandes d*assa$sing dirijj^s ooiitre lui; il n'ayance de dix pas dans une rtie qpé pour reculer de cinquante ; bref, TëpoUTanCe le gagnant de mieux en niieux^ il abandonne \H hauts intërèts remis à ses soins, il livre atix vnkê^ queurs les insf ruetions du roi, implore tin saiif<^ eonduit âu lieu de remplilr son mandat^ et pé^ ^ conduite molle, ttmide> dësaifectionnée/ilf4ifrvè 4e rainer complètement la cainie du rofr, iidrrttf^ •livrer son mant^ge à des soupçons justifiais : H jotiie irn rôleëqutvoqué^ if'est^ comme on dit> trf chair ni poisson , et météore qui a débuté par tin vif éblnt, il s'éteint, sans disparaître, dansdies éclairs et au bruit du tonnerre. Perdu dès son entrée a Paris, on ne Ta relrouvé que lorsqu'à la surprise inconcevable de ces dupes qui ne transigent pas avec leur devoir^ il a paru à la suite du vain^ qtieur. ■
Confondu de l'incurie de nos adversaires, de la trahison insolente et si rapide des diplomates'; des administrateurs, desg('néraux à leur service.
je m'écriais qu'en vérité il; n*y avait pas de pk!sir cl d'honneur à remporter des ricfoires si fa-' ciles, et où ceux que l'on aurait dû aroir &* combaUre étaient les premiers à abandonner te poste de leur devoir.
Le 3 août, si ma mémoire est fidèle, car je dors prévenir le lecteur que par gageure je me suis engagé k écrire ce volume, sans consulter que méS souvenirs, et ma probité n'a rapproché de moi et n'y gardera depuis la page pi'emiére à la dc!<-* niène*qnc\e&' Pensées de Pascal ^ les Comfnén^ tairês de César ^ et enfin V Essai sut têsprii H lê9 mœra'S des nations , de Voltaire, volnihle* oè certes je ne peux trouver des dates et des ftlts* se rattachant à la révolution française de f 830.
Le 3 août donc , la Chambre des députés, cott*' voquéepour ce jour-là, s^asseinbla; il était étrange qu'elle, qui allait briser le trône, bannir la familier royale , dcHruire la Charte , mutiler la pairie et elle-même, et porter la couronne dans une autre^ famille, eût respecté la teneur de ses lettre^ dé convocation : il v a dans les hommes des anomalîes bien extraordinaires.
Ce jour-là, la lieitenance générale du prince
fut régularisée; on accepta, pnr le dépûi aux ar* cliives, 1 abdicalion de Charles X et de M. le dauphin ca faveur du duc de Bordeaux ; puis, par une inconséqueuce dont nous proliiàmes , on ae mit à renverser le pacte social , et une majorité faible y au point de passer pour minorité , consomma tous les actes qui donnèrent à la France une nouvelle vie, en raison de racceplatiou générale formulée et sanctionnée par le fameux axiome qui ne dit mol consent.
J'ai été, je peux le dire, témoin , en 4814 et 1815, au 18 brumaire, au 18 fructidor même, à la formation de l'empire aussi , et surtout aux catastrophes de 1792 , de nombre d'actes de la^cheté, de bassesse, d'avidité suppliante. Eh bien! après avoir assisté au pillage honteux, à la spoliation inconcevable de 1 830 , je suis contraint d'avouer que je n'avais rien vu; non, jamais on ne se trouva mêlé à tant d'intrigues si viles,.à tant de fausses vertus, «^ un aussi complet dépouillement de toute pudeur, à une pareille honte bue ; c'était à qui se précipiterait avec le plus odieux acharnement sur les charges, places, fonctions, croix et Irésor. La France était la
proie d'impudente canaille, qui ^sans titre, drôif^ vertu, talent, mérite, lumière, probité, reprësen*tatioa, tendait à tout, envahissait tout; chaque fonctionnaire ou administrateur était qualifié de carliste , de concussionnaire, d*ennemi du nouvel ordre de choses, et le dénonciateur puaU souvent le crime et le vice h faii^ horreur.
Les sages prétendus, les plnlosoplies en appafence ne furent pas les moins ftpres à la curée : lé sieur Cousin, qui avait simulé le stoïcien, dévora toutes les places , dignités et peuisions qu*oifi Qè se lassa pas de lui donner; Guizot fit comme Itii elpis,earil infecta Tadmiiiist ration, danstoiifieë ses branches , d'une foule d^iinbéeiles od d*hommes tarés ou d'impudents; des femmes louchant de près à ce {personnage distribuèrent di*s places aux beaux garçons ou à ceux qui aé montrèrent généreux ; tout joufhaliste eut de droit les préfectures, tout homme de lettres , pilier de billards, d*estaminets, de cafés, de foyers, apparut en grand personnage ; les commis des manufactures diverses et voyageurs abondèrent dans les sous-préfectures. Dupont de TEure peupla la magistrature et les parquets de gens qui en
avouer à la trilHine qu il tenait plus à coosenrcr son traitement sans diminution c|u*à sa vie, H mieux encoi*e à son honneur, uëcessairemeiil sous-entendu ; où vingt-cinq millions etaienl rembourses aux Américains, contre toute justice, mais sans doute en vertu d^accords secrets et honteux ; où un général se changeait en sage-femme* où un préfet entrait le chapeau sur la tête chex une fille de Finance, et enlevait sur sa table les mets destinés à son appétit particulier (Maurice Daval, préfet de Nantes); où Ton arrivait à la Chambre des députés avec de fiiux extraits de naîasanes; où un bâtard connu se donnait effrontément une famille légitime; où le gouvernement le soldait, tandis que lui escroquait par des entreprises de larron la crédulité des actionnaires; où un journal se consacrait à servir de compère aux (ilous en grand et dont le chef ne se relirait des commandites ^o//e/^5^^ que lorsqu'il voyait venir les galères à lui, juste récompense de tant d*impudence et de roueries ?
Telles furent, il faut en convenir, les premières époques de la révolution de juillet , révolution pure dans les mains de ceux qui lui donnèrent
lu nais'ancei n:a*.s que violèrent dans ses langes ceux qui prirent soin de Télever, à compter du 1 ' '' août. Non, jamais je ne pourrai signaler complètement les concussions^ lâclietés, infamies, piraterieSy scëlëratesses, etc., qui ont eu lieu autour de moi. Je me demandais comment avec un roi si respectable j si au--dessus de ces manëges odieux y avec tant de prétentions aux bonnes mœurs, à la vertu , au désintéressement qui len* tonraient, et qui, à les juger par leurs écrits,
jusqu'aux siuiples uidtîusy
An dire de chacun, étaient de petits saints,
on rencontrait à chaque pas tant de concussionnaires, degrivcleurs, de I>andits , de grecs, d*oscrocs , enfin pourquoi depuis les trois journées Topinion publique avait reconnu que le personnage fantastic|ue et odieux de Robert-Macaire était pourtant le type irréfragable de cette ère dMionneur où en détrônant Charles X on se targuait d*avoir ramené riige d*or , tandis qu*au fond on n'a ouviTt que Tàge de lor et des vices.
©MAPîvna zm. •■"
Que les Bourbons oe sont tombas quQ jiar l«ur fanfte. -7- Premier exemple : Louis \VI. — Deuxième exemple : Louis XVIII eu ]815« Troisiéine excroiile : Charles \ en 1830.— Qn^atix treisj^uraéis on ne voulait pas, trabord, renvoyer la branche alnee. — Rcta^ qui perdit fout. — Faute commise en inTostinsant le duc dY)rleans de la licutcoaace géocrale.'— Ce que ccle semblait i&n^r' Que la vcnuCpù Paris, des deux princesses et du duc de Dordraux, avant le 1" août, aurait tout sauv^.— Cequ^l eût fallu dira^ft faire, et ce qu^on ne dit cl ne fît pas. — Comment on eût dt\joué les autres partis.— Ifotc curieuse touchant te roi de Rome. «- Fausse manière d'interpréter la lettre de Françoi;i I« viû^oat-t- Vcrs de tragrdie servant de maxime royale. — Munége actuel et à eux profitable desjoamaux royaliatai.«^Peurf|uolon Mnma si vite un roi. — Que si le duc de Bordeaux ne fut p^^ accci4éy il Dc faut en accuser mic la.... faiblesse du duc de Itfortcma'rty aeul coupable dc ce qui s'est passé.— Qualités que Ui ôikcà^Qtr léaiis avait aux yeux du peuple. — Que la force des choses lui doona la couronne.— ta rëvolntiao da ttêff Be#assemble à âà* cune autre. — Le succès du duc d*Orleans plus extraordinay^ que le retour de Bonaparte en tSlS.— Pourquoi.— Que les royalistes ont aUindonnc les Bourbous. — Ce qu'ils ^root en jugaaaX «e qu^ilsont fait. — Que les royalistes défendront toute monarchie contre toute répnbKqoQ. — Tableau vr»i des rtfpabliq«es èèI^ de rncs.— Pourquoi la plus mauvaise monarchie vaut la oneiU kurc république.— Preuves dc ceci tirées dc Turquie et cPtgyptc, des republiques du nord etda sud de FAaieriqiif-^^ge que sont, en résumé, ces deux gouvernements.
La force des choses^ une multitude de^eaùses ressortant les unes des autres , amenétenl eetlte calastroplie, dans laquelle on vk de nourean , h, sans retour peut-élre, la branche ainëe de' la maison de Bourbon perrite une troisféiiiefoia/et
toujours par sa Taule ^ un (roue qu'il lui élait si facile de conserver.
En 1789, Louis XVI abdiqua défait le 23 juiiii lorsqu'à la suite de la séance tx)yale, où il avait fait à son peuple des concessions immenses , il souffrit que le tiers persistât dans son opiniâtreté de vaine révolte; dès ce moment, ses rivaux ont parGlë sur sa léte le diadème que sa propre faiblesse en avait fait tomber.
En 1815, Bona|)arte ne serait pas, certes, arrivé à Paris, si la conduite de la famille rovale eût été franche et non équivoque, si elle eût vu la nation autre prt que dans le clerfjé et quelques nobles, si elle eût pu se rendre militaire et bourgeoise; mais, tout en promettant de maintenir ce qu elle troublait , elle souffrait que ses amis menaçassent les existences acquises, et par là elle excita des craintes, des méliances, que l'ex-cmpereur sut trop bien exploiter.
Enfin, au mois de juillet 1 830 , qui, à Tinslant de la victoire d'Alger, songeait à chasser le roi ? Personnel sans doute; la terreur était parmi ses adversaires , la masse du peuple a|)plaudissait à cette magnifique conquête, et pour cunsolidcT
SOI! irùiic. le roi iruvail (lu'ù le voiiluir. Au itvii (le cela , il appelle au niinislére clrs hommes auliimiUiques à la nation^ à (orlou à raison; il met à la téCc des affaires le plus ineapace,. le plus niais <lu (ous les diplomates en France; car il y a des hommes^ qui> bien qu'ils avauccut en fige» ne quittent jamais le maillot : il viole la Gliarte, il fléirit toute une classe de citovens . il rétablit
sans droit la censua e , et lorsqu'il s*est mis audessus de la loi, il s'étonne que Ton suive sou exemple , et que ceux auxquels il a déclaré ia guerre courent aux armes et le combattent avec la force de leur supériorité.
Je sais (|ue les purs royalistes niei*ont to.^*> ceci, mais il y a des gens qui nient là Icn^^ dence , et assuréuieut ceci est évident ; quant à. la j-igueur de la mesure quia étendu sur un enfant la pioscri|ition de ^ou aieul et de son oncle, j eu ai développé les motifs dans le onzième cliapiti'e de ce tome , non que je Ls dise légitimes, mais ils eoiivieunent à ceux (|ui funt des révolutions, et ceux-ci, dans ces extrémités, ne cberclieul plus ravantiigec'e leur ennemi, maisle leur prp{)re.
Cecpiil y a de certain, c'est qu'à part un gros
d*Amrs souhaiUnt plus la chose qu'ils ne Tespéraient, nul» le 27, le 28 el |)euué(re le 29 juillet, avant trois lieures de raprés-midi sartooC -où léi TuilerFès Dirent enlevées , ne songea à fiiire 'porter h, cobronne au duc d'Orléans. Tout me poAe à éroire que, si le duc de Mortemart avait eu' le courage moral qu'on devait attendre d'un tel personnage , la faute du roi aurait été rëpa- ^rée , et si , en résultat, le peuple eût repoussé ce monarque et Mgr. le dauphin , il aurait consenti au régne du jeune prince.
Mais au milieu de tant de courroux , d'effervescence, et, tranchons le mot, d'intrigues, nulne se^ présenta, pour défendre le vaincu, devant le viclorieux ; la cause de la branche atnéc parut abandonnée; à chaque instant, on s'attendait a voir paraître ses plénipotentiaires, et tout ce qui arriva, lorsqu'il N*ÉTArr plustebips, ce furentdeux alidications et le duc d'Orléans mis en possession de la couronne , par le seul fait de son élévation à la lieutenance générale du royaume. N*était-cc pas le montrer au peuple comme le plus digne, et dire aux citoyens : Puisque i^ous ne^voulezpas de nous f soit ; mais, afin que la couronne ne
sorte pas dwie famille qui la possède à jHaipr^s depuis lUui de grdcc 888 , acceptez le chej ds la br^ncfie ç^deiic , il possède toutes les qui^itéfi ^ic vous fèc fious accordez pas? ie défie ^ji^ L'pu,^pl)(llieiiutreii)ent celte coaçessjofi, éti*jang€f •
JLe .y^udredi 30 , le samedi 3 1 . i ieu n'était eacore.tjécidé : la rentrée à Paris de madame la dauphincy .de madame la ducUes^e de,Ç^ri ,ay<^ Mè cnfa II ts, rappel aiLiprcs d Viles de qoessieui? ;Ci|SW)pr Ferrier» qui s'y serait r^pdu , Laflitte^ .Benjamin GousiantfJUarayet^c méniei h^^ippjc sans fifl et tout de vertu, du général Gérard , désigné, par Topinion publique, du duc de Choiyeuli pijisque Ion avait fait quelque chose de son nom €P contradiction de sa personne et 4eplysiç.iirs maréchaux populaires, des chefs improvisés de la garde nationale , auraient donné un autre tpiir aux événements.
Tout ce. monde venu, on aurait désavoué Içs ordonnances 9 le roi se serait déclaré tix)mpé, c(, en expiation de son eri*eur, aurait pris le i>arti de la retraite, où son auguste fils aurait voulu le suivre ; ciix retirés avec leurs conseillers , lents ^WiUpurs, tout pas rétrograde deviendrait iuipps-
sibif • C est a vous , messieurs , a votis que notre confiance s'adresse; dictez-nous la règle de conduile à suivre , signalez les abus , formez nn conseil de régence , un jour le jeune roi vous bénira et récompensera vos services; que chaque ministre soit appuyé d'un conseil , qu'un grand nombre de ix)ns citoyens prennent part à Taclion du gouvernement ; quant à nous , comme mère et comme tante, nous ne nous réservons que de veiller à la santé du jeune roi ; donnez-lui des instituteurs , éclairez son esprit^ nous ne lui apprendrons qu*à vous bënir et a chérir la France. Une telle démarche , un pareil discours, auraient, je n'en doute |)as, déjoué toute autre combinaison. Ilcmai*quezque, le samedi encore, on criait en général vive la Charte; que, ce jour, les partisans de deux sortes de république, les Lafayettistes et les Jacobins éclairés, les Bonapartistes divisés et unis du roi de Rome, de Joseph Bonaparte (1), du prince de Boauhnrnais, enfin
(i) Avant la mort du duc de RoirlisUidl, uuo porlioii des boiiaparlistcs se it^culaildc ce piiiice, que Ion i-e(;ni'dail comuie plus Auliicliirn r|uc Fianr.ùs, tant à cause de sa nici'c , de la famille de celle-ci , de sa propre étiu-
2T7 ceux du. <Ihc «l'OrU^ns, éiairixt en présence, et êtaicnl loin d^élrc d'accoi^cl; \\y availlà, comme o(i le voit, six préteniions, quatre concurrens; leur nombre rendaîlplus facile de les couiballfei de les ^aincrei surloui tant que le peuple, ni à Paris I ni dans la France, ne s*était prononcé.
Assurément, dans un tel éiat de cause ^ b clianec étaif l>elle^ mais il fallait la.saisir, ne pas lalaisser échapper, avoir des conseillers réellemeot politiques et non des insensés répétant à rebroussc^poil le fameux mot de François I'**, il Jaut tout perdre hors V honneur. Insensés, riionneiir pour un roi consiste à conserver son trône, et non à Vahandonncr sans comlxit. Quoi ! rhonnour sera dans la fuite y dans le délaisse-
caiion, clii*i(»oc depuis un si ba^ a»c, que Ton avait pu facilement lui inculquer la liaine de sa patrie, et le rendre, on uu mot, plus aicliiiluc que })riucc iinpiTÎal de France, En outre, on voyait arriver sa ntère, peu ainice, pou estimée même de tous, et avec elle le cabinet de Vienne dominer à Paris. Tout cela était ou aurait é\é vmi. Auisî des esprits rationnels , lui préféiaieut son oncle Joseph , rex-i*oi de Naplcs et de Trauce, et ceux-là avaient raison. £n i83o, nondiic de ({eus voulaient le prince do Leuditenl>cr{5.
{Comtesse Olympe il u ....)
incnt ! ainsi no pohisait pas ITonri tV, à qui tôUi' moyens furent l^ons pour rcconqnërîr son chroh: cnliii , dans la position de S. M. Charles ^ et ife fnonsîéur le dauphin, rhonheûr voalatf qur*}M prissent les armes, et non qu'ils les réncIissehC. J'ai entendu, en 1809^, ehez la cortitesse FanfÂf de Beauharnais , une Cmgt'die dans^ laqneRe àeux vers me frappèrent de façon à ce (jmje ïésti conservés dans ma mémoire; les voici, tout les motiairques devraient les faife graver sar la elM^ minde de leur cabinet, aRn de pouvoir les méâUel^ saiis cesse :
Le i-oi que Ton iraliit, s*il ne peulse clofendre, Doit mourir sur le trdnê et non pas en descendre.
Celte maxime est grande, aisée surtout à suivre ; car, si on fait le contraire , voici le destin du roi de France , que je relire encore du même couplet oii ils précédent les deux vers que je viens de citer.
Tandis que mes sujets, pour soutenir mou ran[;, Exposent aux combats leur fortune et leur sang, fin ne me verra pas, de rivage en rivajje, Montrant, en suppliant, un auj^uste visa<<;e, Mendier un secours par rorj»ueil accordé, El moi-même rou{;ir do l'avoir demande.
Les poêles, auxquels on ne remd ^IfUHUib jiisUice qu'ils mérilent , possédant miieux \a, ppUrr, ûqm&'de rh((>iMieur et des çonvenançf^ quç \j^ diplomates vulgaire; il y a de la gloii^ % ^^WÎK ds^Eisson royaume; accat^Lé par Iç iu>9ibn« W tombant ainsi , on n'inspire que de l'eslûque e( ^ la v^Snération. La Cuite (oucbe par trop de. poifits à la hçnle , au ridicule ; ce qu'il y a de çer^r tain 9 c'est qu'elle n'inspice jamais de rs^in^:%-! tion, mais uniquement de la pit^i si ce n'est 4|l dëlaissçoient complet (1).
(i) En me rendant le fidèle ëdiieur de ces mëinoires Téridiqiies du pnnce de Talleyrand , j'ai di , en roiitcîence, rapporter sa manière de voir (es dioseSi s^ politique fît les motifs par lesquels il cherche à justifier ses actos , sans pour c«^la parta{][er son opinion , comme ne manqueront pas de lo dire mes Lon# amis des jourium^ royalistes , eux qui chaque jour meutcnt à leur parti , en recommandant xiux lecteurs les ouvrages des autres joui^ nalistcs leurs confrères , ouvrages empreints de \% kaÛM que ceux-ci |iorlcut à la branche oia^ » ^ la relif io|i ai \ la monarchie. De vrais royalistes tonneraient conti'e cet productions dangereuses ; mais en -tenant cette oondoite , le journaliste royaliste , quand il fait u|i mauTait ramsii ou un mauvais ouvrage, ce qui leur arrive souvent, ne serait pas à son tour louange |)ar les journaux républicains et juslc-milieu ; donc il faut empoisonner la Fiance pour le profit du moi humaiu. Voilà connue font les
.kZ^a
Le dimanche 1'' ;\oM , la vîsîfc du duc d*Orléans à rHôtel de Ville, simple acte de convenance et de goût habile, que le penple, connaissenret toujours \xirié h se sonmcKre à qui ne le craint pas, changea en une intronisation prëma* tur(!e, tourna compltHement la face desaflhiros.
Les gens sages , à Paris , avaient hâte de possiîder un roi , car c'était uniquement un roi qu'ils voulaient; ils en donnèrent des piTuves en acceptant le premier qui se pii»senta à ce moment ; pour êlrc roi , il n'y avait qu'à en faire la demande , et en voici la raison :
Dans un premier instant d'irritalion , on avait couru aux armes et renversé le trône , «sans en calculer les chances ; niais, ilrs lo coup de main accompli, les manufaclnricrs, îndnsiricls , Lanquicrspropriéfain s,grnsd\ina:ros,enun mol tous ceuxqni avaienlà perdre, comprircntque la giu ne civile devenait flagrante, que 1rs divers pnrlis voudraient chacun leur li iomphe , et (|iie de ceUc divergence d'opii ions une collision surviendrait
f,rizot*ici's royMislcs : pnifîsont les Tit mu-^ r<n'alîslc;i sVn apeiTovoir enfin.
r.a comte se Olympe 'ht ....)
inontaUeinent; clos fous Icor Firent uno double pour en demandant la république; ceux qui avaient eu assez de ce Bioustre ^ à sa première venue , sentirent que , pour enipecher qu'on ne le dëcliainât, il y avait urgence à lui opposer la reconstitution complète et prompte du gouvernenienl ; aussi tous en chœur demandèrcui un roi dès le jeudi 29 juillet, au soir.
Un roi ! il y en avait un i^arfait par sa jeune$se^ son innocence ; certes , tous reusseni cicceplé avec joie : mais que fait-ou dans sa faniille? que coor seillent- ceu\ qui environnent son berceau ^ en se prétendant toujours les plus nombreux ,.ie« pins forts, les PLUS nvBiLKS? ils le proclament dans uî\ château , au lieu de Tcnvoyer à son peuple; on force à le confondre avec les vaincus , et • comme ceux-là, ilaroirdcs'exiler volontairement. C était à Paris qu il fallait le cojidiiire, et qu'une autre Marie -Tliéi use le livrât à s6h peuple, qui, loin de deveniu son meurtrier, Taurait élevé sui' le pavois.
11 y a dans Icî i;wme de llclu/ul, t/tmoureux (le Jloj'fddoy une fée (Fairrine) qui danse en
chantant ces paroles : IJoccnsion penbte ne « retrouve pbis.
D'après cette disposition que j'exprime , fimi il s'ëtonner que des hommes prudents el pvMwh par la crainte des maux qu'avec raison iU pfé» virent, lorsque après le quatrième jour d' liaison lement sans exemple, lorsqu'au lieu de leur firé-v sentcr le roi après lequel ils soupiraient j^ comme le cerj après les eaux viws, dit le Caaiique des cantiques > on leur dépèche un duc dQ Mortemartqui se perd en chemin, qui s'enferme dans sa chambre, qui ne se montre que lorsque sa faiblesse, que l'on pourrait taxer plus sévèro« ment, a tout peixlu; faut-il, dis-je, s'étonner dç ce qui s'est passé, et en vouloir à ceux qui par haine de l'anarchie (la république), par l'amour qu'ils portent à leurs propriétés et leurs désirs de voir vile la France calme et heureuse , se sont ralliés autour du premier roi qu'ils ontvu venir à eux? Songez, en outre, que ce roi est né parmi eux, qu'aucune tache ne souillo sa vie, qu1l possède les vertus d'un bon citoyou, que ses qualités sont celles les mieux eslimées à celle
3«9 iffyfl/Mp^^ depais sa jeiiMsse il a prafesaé des prÎAcipes en harmonie avec ceux des vainqueurs dii jMiTi qu aliseai du royaume » ayant à vengjry sw ptiië 0 ses proches , à reconquérir son rang^ su fertunejr U a tout io^molé à l'amour de la par: tiiî^if.au raspect djt au pays; qu on ne la pouM ▼u^ ctklant aux eircomtanoest paraître soua une hanniAfa ewiamie ai verser le san^ français ^ ou du maâna livrer à ses ennemia ça prétexte pour \m niuîre) que depuis seize aua il counaissait ia Yffttoiilé puUîque , déaapprouvail ce que la natkui vm «eulaU paa|. et paraissait souQrir quand celle- ^i ae plaignait) qu'il était dans la ibrce de l'âge ^ qil'U savait te conduke et prendre d'une main fbate le gouv^nail du vaisseau de l'Ëlat ; que tout son avenir ne reposait pas sur sa léto, mais que cinq ii|a. élevés avec des enfants de leur àge^ confondus aveo eux^- augmentaient de leur concours la sécurité du présent et de l'avenir. Enfin ce roi, reo^mmandé indirectement par celui qui ahandaiuuit la couronne, n'avait |)as craint de venir s'offrir, de provoquer le vole du peuple; il avait été visiter celui-ci dans sou palais, n'y avait renconfrêquedes amis, desadiiiiialéurs; laCham-
bre df^ jJdpiités se ralliait a lui; les ciloyeiM^ en le proolamanr , iraneli.nient d'ailieiirs la question. Tout donc lui aplanissait les degrés du trône ; et vu Turgencc surtout , et c*est ce qu*il ne fant pas perdre de vue^ on dut ndeessairemenl lepré^ férer à un enfant qui se retirait^ et à desGoncnrrents qui seraient (rop tardifs à venir.
En un mot, le duc d*Orléaas eut la couronne parce qu'il y aurait eu péril pour la France k ne pas la lui donner; que, loin de la lui disputer^ rni le laissait la poser sur $a* tête, et que la nation, pressée d'en finir avec la république , d^unepart, la guerre civile de Taufre, coupa court aux trames présentes^ aux (roubles prochains , ena|^)dant an trûnoleseul hommccapable, leseul digned*ymonfor, puisque la li'gilîmilé n'était plus un droit depuis que le roi h^gitime avait bii-méme rompu le oonli at qui depuis tant de siècles liait sa Tamille au royaume (1).
C'est une sîngularilé, dans l'histoire dea nalionS; que la rapidité inconcevable avec laquelle
(i) IMciDC ol> crvtlion qu'à la page P77 do ce présent cli.ipitrc.
se (il, en 1830^ ee chanfjeroent de dynastie. Oitliiiairemenl la luUe, en |)areil cas ^ esl prolongée et sanglante; les diverses oscillai ions, le tnomphe aujourd'hui dJun parti , et demain sa défaite; les proscriptions des vaincus , la hache du bourreau eh jeU| inspirent des haines, irritent les esprits, appauvrissent l'État en proie à de pareilles con* valsions. Ici| au contraire, en un clin d'oeil un roi tombe el l'autre s eléve, le Ut du premier est chaud encore lorsque le second vient s'y reposer. La veille, (rente-quatre millions d'honnnes se seraient levés pour défendit; le roi régnant , si on l'eût attaqué à force ouverte ; le surlendemain, CCS trente-K}uatre millions virent partir ce mo^ narque stins faire en sa faveur une seule démonstration de regret ou de convenance, et avéb une unanimité rendue complète en apparence, par ce défaut de protestation à main armée; cette masse accepte le nouveau roi qui seul était venu se présentera elle sans qu'elle se fut mise en quête de l'aller chercher; non, toutefois, que ce roi se soit mis en avant pàv ambition, il se montra par la conviction pure de la uécessitô de sa personoç, et la France entière fut assez raisonnable pour
applaudir à cette démarche gënéretwCi el pôor récompenser par le don de la couronne la fras^çhise de cette bonne opinion en soi.
Certes , s*il y avait eu dissentiment parmi I'hVp» mense majorité de citoyens actifs qui concMHrurenl à ce transport du sceptre d* une braiM^^à IViutre dé la même maison^ on poiiràiti adkià Paris, soit dans les provinces, s*opposer'à ce qui se passait, avant le 9 août. Je le répète fienr^h troisième Fois , // tîy avait pas de fuge m 'IstttA (de roi), par conséquent , sans crime, 8ansfélo<nie; tel pouvait se tourner librement vers la né* publique, voire les Bonaparte, les fieauharnais, S. A.R. le duc de Bordeaux ; on > pou wtt courir aux armes, car chacun était maître de jaire:€e qnil voulait.
D'où vient que nul ne Ta fait? Pourquoi les provinces si éminemment royalistes, la Provence, le Languedoc, la Guienne, T Auvergne, la Bretagne, Kt: Flandre, l'Alsace, ne sesonl pas levées pcwir défendre le drapeau blanc et Henri V? pourquoi, en Dauphiné et ailleurs, la république n*a-t*elle pas été proclamée? Non , pas une seule commune, pâiini les quaratUe-qtiaire mille municipalilësîiu
royaume» n'a reconnu un aulre roi^ un autre gouvernement , pendant ces jours d'indépen- •dance ; en tout lieu on a attendu le choix de Paris^ et <^ choix connUi on l'a adopté : tout donc .prouve que 9 si en temps opportun^ une démarche habile eik été faite, elle aurait réussi. Mais^ puisqu'un enfant infortuné n'a trouvé dans la capitale ni protecteur, -ni appui , ni serviteur zélé, puisque, des cinquante mille Parisiens qu'on lui x>frrait peu de jours auparavant^ aucun n'a pris sa défense utile ou tenté de parler pour lui, n'a-t-on pas dû ^admettre que sa cau^ était abandonnée de ses partisans les plus chers. Ainsi ont |)ensé les départements royalistes;, nul n'a couru aux armes, même dans la Vendée; nul n'a suivi hors de France la famille infortunée. Dés lors, ceux- Ik, en se tenant tranquilles et sans protester, ont eux-mêmes fait Taveu tacite de leur soumission à la force des choses , et eux aussi , plutôt que d'iattendre l'anarchie^ ont accepté volontairement le roi que d'abord on leur a imposé.
J'avoue, néanmoins, qu'avant que ces événement^^ se déclarassent à mes yeux^ je ne me serais pas attusudu à uu résultat semblable ^ à une una-
iii'.rjilë pareille; la proinfiJe uiiiversalilé de la reconnaissance do celle rovaulé nouvelle, créée dans le duc d'Orliîans, me paraît bien autremenl merveilleuse que la route si rapidement franchie de Cannes à Paris ^ en mars 1815 ^ par Na{x>léoQ Bonaparte. Les Bourbons^ alors ^ avaient contre eux loute l'armée et la masse du peuple; en 1 830, au contraire, au moins en apparence, les soldats leur appartenaient, et les démonstrations d'amour et de fidélité dévouée, prodiguées aux passages du roi et de sa famille, dans tant de villes et de lieux, pouvaient porter à croire que la majeure partie delà nation s'était ralliée à eux.
Un tel délaissement est sans exemple; on n'a pas tiré un coup de fusil pour ceux que Ton disait tant aimer; les rovalislcs sont donc on Lien tiuiides, ou peu sincères ; ne serait-ce pas an fond que, plus monarchistes q.io bourboniens, ils aiment mieux la royauié que le roi? Au reste , ils ont déjà prouvé ceci quand ils se rallièrent à Bonaparte, et tout m'assure (jue, dans le cercle de clia(|ueannéeh naître, on les verra, cjui plus tôt, qui plus lard, se ra|)|)rocberdu piince (|ne maintenant ils boudent, et se rallier auteur de ce
trèfle, gatiantie onkfiie de |mi«, tfaliumliiMtfl et de l^roepérité. En e^M mi ieul pafnni«iii('<|ll pr^iil' la rëfMiUîque 4 • la ÉMBarahie , ailiMlli^ Je tm plm loin , je llie ^tteei deimin eettet^éplH blUfoe altaqnait qotre monprekie^avM deeehaiiiéé de amoëa, il n-y t pas un royaliste qltîjiÀAr»||tf fai rssson / ton intérêt, sa coMciencev ne^eiiiiHfe défendre la eourôniie ; qu'il mt peut s'empâèbèv de chérir, de respeder et de : maintenir n^aKl
font. i ■•...• ■ ■•:.. MifJ
La monarchie eet le gage de la prqêpéipal eemittnne; avec elle oo doit é^re tiWHpnlIc cbâd êtftf on augmenteea fofftnne, on éfnUii sa Cunilkip on' se rend vénérable à Tétran^r; on n?a t jk craindre ni la violence, ni ks fers, ni l'eiity/w l'éehaGsnd, si soMnéme on reapeclc U loî^ ^oifc ne se ralKe pas knpradeniaient à desooiiipîwi i leurs inaenaéioieoopables{l)« • j ...nnùh
Tant d'avantages sont dus à ce mode de gouvernement. Songez. Français , à ce que fui parmi . vous la république, depuis le i^ juillet 4780^1
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(i) Même observation que cellei coatenee» cLuujphe^i sieuiv ttoCM de «€ proMni cliapiirc.
IV i9
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fmpOnàim VtMMH et Vt^^Vk ilénoficiatioii équitànt h im pnuveé» «aMi^lB
(i^ jr iiVn cscq^ pM Ici ^^tau-UM ^ giuiiHu
ImpcifittNNir I i«ur ainmir Je ÎV, la Im Aarie ârcc taiqtMÏte
In iiinltllu<li? i!t tioii r/'priiiH'f par le gouvernemeot , mootmit là cf U<! r^rcic'iuS celle méfiance cruelle qui sigatleDC
meil n'est lMW|iritli/ffn« ^m^féktlv^éptf^ être troublé par la haine, la.vengeance et la mé'i chancetë; là le coupable puissant affronte et se
OnBnMV^ci 1 nKKtmrfCf l*aSI II^UHUie Iflll^U ISSCDfJ^
iK^ MMMfè^M^i 'nr ' iWn|MN* Ae THÉMtnctire7 RI*fV scmccs suHi fin iguui zm^b xfm luvjprisers} la on nw
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pimaiici les fpiaTiras y som ciaiigei euses j les inrascpinfporfawr vm Tictevx 1 lui umi reovsuspecf ^
oivo gesie coupable f pour punir attoUilMid que ToiiioU oonTakidi ; enfin^ à>ninMtlêdil4Mitn gnmd poète Ducis^, à propçs àb Venise :
Là lés bourreaux sont prêts quand !e soiipçoh comuieiice.
Qu'on ne me conteste pas ce portoHl; dœ fépon bljlqaes du Pérou , du Chili, di» Paragney., A» Bladque, de rArgentioe , du Brdstf;,. malgré «W, simulacre d'empereur, de Valparaisp, d-Hailiji etc^etc^ilu estque trop véridique* Là qmçppi^cQ, que nous avons vu se passer spu^ nos yeux à um époque de fatale mémoire, époqqe^à laquelle d'iHir< prudents imberbes ne craignent pas 4^ vouIqîjb, nous ramener. La plus mal gouvernée des mo^. narchies est le teny^le de la paix et du bonheur , si on la met en balance avec la meilleure répu-> . blique moderne. Pour peu qu'on tienne à sou repos, à sa fortune, à son indépendance, à sa vie^ qui ne préférerait habiter Constantiuople ou le grand Caire ? Chacun de nos ennemis ne peut avoir accès auprès du sultan Mannhoud, ou du vice-roi Méhémet-Ali ; ces prînces sévères, sc^fit justes ; on ne peut pas dire qu'ils violent les drpit^/ acquis , qu'ils pilleut , qu'ilfi cgorjjeut le;^ ^^'&fr. -
cianls et les voyageurs éf rxnfjers , comme on le fait chaque jour dans les répuMiques du nouveau monde. Qtiel musulman, aujourd'hui, oserait brûler la maison et les personnes de ceux qui parlent ou écrivent contre Tesclavage , ainsi qu'on le fait journellement aux États-Unis? Chex les Turcs, en Egypte, où il y a un prince, il y a des lois auxquelles tous sont soumis ; dans les républiques, il n'y a de lois qui punissent que quand le coupable ne tient pas au pouvoir ; en un mot, avec la monarchie tout est stable et sage , et tout est incertain et extravagant dans les lieux on Tanarchie r^e sous le nom de république.
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Abaqdpn de U famille rovale. — Elle quitte la France.— Le mar^
CDateaubriand tie sont m nonibreiix, m habOes, m forte. — lï^
blesse ii'est plus guerrière. — Preure de ceci dans la Tenue ftiulilèft S. H; fc. nî*kme^ k dtiéh^iic ^ Êlén^ëéifutÊk ioucl^at la ^pte-j||li««ioe,«— ^<}ue k ^r^e *^^f^*^ip^ï]/L rôle d^Eole .—- Ma poIitîc|ue. — Le aac «le ModcniB.— La Ytoimqiie
grande dame. — Cojjpment je la console.—, La Place et V^mL
terie à double écusson, troisième anecdote de i83o. — te général
jgéÊiéf'etifBi^'I^Mmi.caimlmeimf^imflàfm »•' 'totn d».l8aiHIWi4 nouvrli'e de Tempire.
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fertiiiiée «baadcNnnèmit la iFnoee^ «anliîfliaHHU stttèi'flmt en avm« ft<KXiiirAt?è:k«iiiude>:tiatl qii'MieivtUe efr tanéoie lu^e^ singée tooaÉiimet*!^ posassent à leur malheur; ^^artih «k StMBil'vCiQlId^
qu'il n'eûlpasTalliiquitler, nes'arrètanlà Triamm que |K)nr faire une nouvelle montre de faiblesse^ tant ils eu sortirent précipitamment , ils alléreni à Rambouillet , qui devini leur Fontainebleau , car c'est là qu'ils consommèrent leur abdication.
Prenant conseil d'un ennemi , le maréchal Maison 9 qui leur devait tout, abandonnés du giénéral Bordeaoalle, oomMé de leurs blenfailtf ptr firayeur de Tannée parisienne qui n*eût pas tenu une heure en ligne contre les troupes ikiiil Us étaient 'environnés, jne calculant pas les chances d*une victoire infaillible qui leur eM assuré la fidélité des troupes et des prsviaees du nord et de Touest , ils s'en allèrent comnie fls l'avaient fait en 1 789 et eh 1 81 5 , délaissés des leurs et ne songeant pas à se maintenir pour ceux-ci.
La révolution intérieure élait donc complètement consommée au 1 5 août , car le nouveau roi régnait dès le 9/ reconnu partout sans contestation, et lancieii , ce jour même, embarqué to* loatairement à Cherbourg, quittait sans se retour la France, lui au moins, puisque la mort Ta sur-» pris Mvr la terre d*exU.
Tom cela formail \m ifpeelâfle impOMnlt «• trisli^; rhomme sage ne revenait pat de aa tiif«* priée. Quoi I dÎ8ai4-<4l , tant de poiiY^îr et d^iaa>» poiasance» unereyanfié an d«bort; yietorietiéeïla veille et renversëe an dedana le^ k<tdeinpîii /ql Uwiîa ipi^etle enMehir son peopke^ d'un aitre rayiunie , ee:peuple Inî enlève' le aien^ jetini ^ ^li avakdëpleyé tanide forées einneivMniéaKftMal peur wn^er rinjun Aiîie è l'un dt^ mm mitàmm repréaeDianU , n'avait moMrd (pie posiNmiMlé et faiblesse, quand il avak tO'à défendre aM soepirejel le droit ilea* aieosi Qnoil ce monarque ai aimtf , son pe(i^ fils salue à sa Aatsaanee naed tant d amour et d'enfthousiaame ; qnoil em di bons 9 ai tMenfaimnCai n'ont trouvé an mome^l (alal qu'ingratitude et qu'abandon I Quoi! là veiNe, à entendre les flatteurs, les partisans des Bourbons étaient les plus noifèhreiiXi les pUu rickeêi} leâ plus kabiles , et quand dea enfanta ae léiiMt eé attaquent eorps à eorpa oe foi , ûfin'ff^rm piHa qu'une poignée do aoldats qui meufeotiponasÉ eauae; œs twmhremx^ €«r riches, ces kmiiies^^m réduiaent à moîoa d'une unité, feraMinl leur trésor et ne conseMleni que des MiesU Ifctr é^hu^i
nMkmmk. un \4tn Mpàriem» iini/HkAlt étai sa
^piçi^jMir iesaîc^Urb 4t de wjiHiiM cslaraiNéi . : i4^ FwMf <Mi «Tiit k cffrtitiidt éàfimi^mifim
MaidMNiada««toii» <» lé Vand^ifireiidf^-é^i^lkUi^
l^;n*A pM ocmiineftoAi: vos fediPèrifiMi^ 8<^^ ie ipmdèM^i et fiwr m tMîr à TéoMitilt dioMl ipiaMm lei (irmces ils ne pcuvci^t rmi fiMre«tf ^i •w-* M ail ^ii les fNrincea Tont à eox? ^ ri.: ) .i • ««fi» Alors ils iteodront im antre langage^ ear teoec pour certain qu'ils ne se battront jaDuns-^f la noblesse française a cessé d'être belKqQ6qae> die s'est annihilée du «aoment où, ne pontftntplus k casque, la cuirasse, elle a dédaigné les^ouot» noisy les exercices violents; qaand elle a cfaMi^é m» Ibfterasses féodales contM de»wiias italiip—iss/ quand elte a quitté ses terres pomr venir à la eoHr^
liltArtimié^ méetniofenti^ ^g9i^tMm'réf 'indue»ftaiginéiyiitif l^inl^iiiMiiii|is)ou <ÉbftàrflMiiw||gyi
ttiadamela iadiai»4eBem n a4-elfetiM fvonri
«M tapoMiMé «NT ttfie^i^rAnile ffckdle ^ mtqntmià' i^ilM(^lîe»i latUQsétneluîrépefidm pw?')' '1**^
llMll«li hi MfhUNilllatiee? '< <^* ' ''>
ti*M^ Btk eaf inorie^ \t% mois jovrfiéëa IV>liliftiiU molée. Soyeiî Mm eraiftM^ eHie M4b|ifiMr JMilsiî fihfr «fgM dk rvi« r pMl<-ètoe par ^imbaiiadlAirs éa fims^meMtèfirelllbiviii ^Ksomàfor^Miev^
Van- noM attuqtie^ nous ferons iinia|i|M4 ^^TëifNi^ 0m rëpuUicaifie de U Franct et sm^jjmfÈÊkim <fo tous les peuples pour h Itlmté. AuietAiii*M ¥ou$ reconttaiira et on n'osera mot 4Ura«NiMyiW •i«sl pas l'Angleterre qui peut à smi gré hmimf les tempêtes réTolutionnaires sur rBtvopa|».nii nmiopole terriUe ^ puissant a|^v(ientvj|i^ ¥mQce. Il y a maintenant une virile ioMMlMlr iafal», c'est que Us destina de 4oqs 4^ milits myansies seront ce qut h France mudra yi'jh soient; que denuiin elle arbore le bonnet rap§a^ dans un an il n'y aura plus dans les quatre fni^^ ties du monde que des saniMiuloltes fiaromëèk Frinoe, c'est votre modération , Totre sagMsi^rqut vont maintenir les trônes : qui sait même ai, mal^ gré vos efforts , Texan pie que vient de donner k France ne sera pas suivi ailleurs ? Paris est mi volc.in qui ne peut faire éruption sans funle eontre-coup ne fasse ouvrir simultanément nombre d'autres cralères ; c'est un levier puisMnt dont il faut menacer qui nous menace, mais que je briserais plutôt que de m'en servir. »
Assurément , en parlant ainsi , je ne croyais pas éire si l)on, si prompt prophète , et que. la