‹ Extraits des moralistesChapitre 211 sur 299 · Chez Mme de Wolmar · texte numérisé non relu

Chez Mme de Wolmar

peur di faire du mal à d'autres en vous mettant en étal d'en faire. Le monde n'est pas assez épuisé de gens de bien qui souffrent pour qu'on soit réduit à songer à vous. )) Il est vrai que cette dureté lui coûte extrêmement et qu'il lui est rare de l'exercer. Sa maxime est de compter pour bons tous ceux dont la méchanceté ne lui est pas prouvée ; et il y a bien peu de méchants qui n'aient l'adresse de se mettre à l'abri des preuves. Elle n'a point cette charité paresseuse des riches qui payent en argent aux malheureux le droit de rejeter leurs prièies, et pour un bienfait imploré ne savent jamais donner que l'aumône. Sa bourse n'est pas inépuisable ; et, depuis qu'elle est mère de famille, elle en sait mieux régler l'usage. De tous les secours dont on peut soulager les malheureux, l'aumône est, à la vérité, celui qui coûte le moins de peine; mais il est aussi le plus passager et le moins solide; et JuHe ne cherche pas à se délivrer d'eux, mais à leur être utile.

J.-J. Rousseau.

Xomelle Héloïse, V, ii,

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