‹ Extraits des moralistesChapitre 260 sur 299 · Devoirs des gouvernants · texte numérisé non relu

Devoirs des gouvernants

Le prince * est un personnage public, qui doit croirP çae quelque chose lui manque à lu.méme, quand que q'ie chose manque au peuple et à l'État

Si le prince craint le peuple, tout est perdu enli'JtT" "'''' '"' '''''''' ^^"'y ^"^'^-^-^' '^ ferme

perd ioT '"' ' "'"" '^ ^"^ '"^^"^^^ ^ ^^ ---l- Celui qui veut mollement, veut sans vouloir : il n'v a nen de moms propre à exercer le commandement nui n est qu'une volonté ferme et résolue. ^

La force du commandement poussée trop loin- iamais plier, jamais condescendre, jamais se relâcher, s'ac rne a vouloir être obéi à quelque prix que soit : c'est un ternble fléau de Dieu sur les rois et sur les peuples

Les bonnes maximes outrées perdent tout. Qui ne veut jamais plier, casse tout à coup. ^

C'est la plus grande de toutes les faiblesses, que de craindre trop de paraître faible. ^

caH/e"s'ttrr''? ^'-''^ P'^^^^"^' "'^^^^» de fort, cai n est laible dans le principe.

Sous un prince sage tout abonde, les hommes, les

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biens do la (erre, l'or et l'argent. Le bon ordre amène tous les biens.

Il y a quelque chose de divin à ne se tromper pas, et rien n'inspire tant de respect ni tant de crainte.

La sagesse pour l'intelligence de la loi et des maximes, la prudence pour l'application, l'étendue de connaissances, c'est-à-dire une grande capacité, pour comprendre les difficultés et toutes les minuties des affaires : Dieu seul donne tout cela. — Dieu le donne, il est vrai, mais Dieu le donne à ceux qui le cherchent.

H ne faut pas s'imaginer le prince un livre à la main, avec un front soucieux, et des yeux profondément attachés à la lecture. Son livre principal est le monde, son étude c'est d'être attentif à tout ce qui se passe pour en profiter.

Que la vie de prince est sérieuse! Il doit sans cesse méditer la loi.

Si toutes choses dépendent du temps, la science du temps est donc la vraie science des affaires, et le vrai ouvrage du sage.

Nul ne fait ce qu'il veut, une force majeure domine l)artout : les moments passent rapidement et avec une extrême précipitation : qui les manque, manque tout.

Le prince qui s'habitue à bien connaître les hommes, parait en tout inspiré d'en haut : tant il donne droit au > but.

Sans regarder aux conditions, il doit juger de chacun parce qu'il est dans son fond.

Sous un prince habile et bien averti, personne n'ose mal faire. On croit toujours l'avoir présent, et même qu'il devine les pensées. Les avis volent à lui de toutes parts, il en sait faiie le discernement, et rien n'échappe à sa connaissance. C'est à lui principalement que s'adresse celle pai'ole du Sage : « Achetez la vérité. »

Mais qu'il prenne garde à ne point payer des trompeurs, et à ne pas acheter le mensonge.

Il n'y a point de force où il n'y a point de secret.

Le désir de montrer qu'on sait empêche de pénétrer et de savoir beaucoup de choses.

Ce n'est pas assez au prince de voir, il faut qu'il révoie.

Dans la plupart des affaires, ce n'est pas tant la chose que la conséquence qui est à craindre : qui n'entend pas cela, n'entend rien.

0 prince! vous mourrez,* mais votre État doit être immortel.

La raison doit être dans la tête. Le prince habile fait les ministres habiles.

On a beau avoir la vérité devant les yeux; qui ne les ouvre pas ne la voit pas.

Il faut entendre, et non pas croire : c'est-à-dire peser les raisons.

Toutes les malices auprès des grands se font sous prétexte de zèle.

Qui veut bien juger de l'avenir, doit consulter les temps passés.

Nos fautes mêmes nous éclairent, et qui sait en profiter est assez savant.

Écoutez vos amis et vos conseillers, mais ne vous abandonnez pas à eux. Prenez garde qu'ils ne se trompent ; prenez garde qu'ils ne vous trompent.

Taisez-vous , pensées vulgaires , cédez aux pensées royales. Les pensées royales sont celles qui regardent le bien général.

S'abandonner à Dieu sans faire de son côté tout ce qu'on peut, c'est lâcheté et nonchalance.

Il ne faut non plus juger par pitié que par complaisance ou par colère, mais seulement par raison. Ce que

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la justice demande , c'est l'égalité entre les citoyens.

C'est un désavantage de faire la guerre sans raison. Une bonne cause ajoute aux autres avantages de la guerre le courage et la confiance.

Dans une guerre civile, un bon prince doit ménager le sang des citoyens.

Dieu aime les paciliques, et la gloire de la paix a la préférence sur celle des armes, quoique saintes et religieuses.

« Tout homme que Saùl voyait courageux et propre à la guerre, il se l'attachait. » C'est le moyen de s'acquérir tous les braves. Vous en prenez un, vous en gagnez cent. Quand on voit que c'est le mérite et la valeur que vous cherchez, on entre en reconnaissance du bien que vous faites aux autres, et chacun espère y venir à son tour.

Les vraies richesses d'un royaume sont les hommes.

La jalousie des ministres, toujours prêts à se traverser les uns les autres, et à tout immoler à leur ambition, est une source de mauvais conseils, et n'est guère moins préjudiciable au service que la rébellion.

Être trop scrupuleux, c'est une faiblesse.

BOSSUET

Maximes extraites de la Politique Urée de l'Écriture sainte.

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