‹ Extraits des moralistesChapitre 39 sur 299 · Du petit nombre des élus · texte numérisé non relu

Du petit nombre des élus

Et c'est pour cela que je m'arrête à vous, mes frères, qui êtes ici assemblés. Je ne parle plus du reste des hommes, je vous regarde comme si vous étiez seuls sur la terre ; et voici la pensée qui m'occupe et qui m'épouvante. Je suppose que c'est ici votre dernière heure et la fin de l'univers ; que les cieux vont s'ouvrir sur vos têtes, Jésus-Christ parailie dans sa gloire au milieu de ce temple, et que vous n'y êtes assemblés que pour l'allendrc, et comme des criminels tremblants à qui l'on va prononcer ou une sentence de grâce, ou un arrêt de mort éternelle : car vous avez beau vous flatter, vous mourrez tels que vous êtes aujourd'hui; tous ces désira de changement qui vous amusent, vous amuseront jus- (lu'au lit de la mort; c'est l'expérience de tous les siècles; tout ce que vous trouverez alors en vous de nouveau sera peut-être un compte un peu plus grand que celui que vous auriez aujourd'hui à rendre; et sur ce que vous seriez si l'on venait vous juger dans le moment, vous i)ouvez presque décider de ce qui vous arrivera au sortir de la vie.

Or, je vous demande, et je vous le demande fraj^pé de terreur, ne séparant pas en ce point mon sort du

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