‹ Extraits des moralistesChapitre 42 sur 299 · Contre le suicide · texte numérisé non relu

Contre le suicide

11 t'est donc permis de cesser de vivre? Je voudrais bien savoir si tu as commencé. Quoi! fus-tu placé sur la terre pour n'y rien faire? Le ciel ne t'imposa-t-il point avec la vie une tâche pour la remplir? Si lu as fait ta journée avant le soir, repose-toi le reste du jour, lu le peux; mais voyons ton ouvrage. Quelle réponse tiens-tu prête au juge suprême qui te demandera compte de ton temps? Parle, que lui diras-tu? Malheureux! trouve-moi ce juste qui se vante d'avoir assez vécu; que j'apprenne de lui comment il faut avoir porté la vie pour être en droit de la quitter?

Tu comptes les maux de l'humanité; tu ne rougis pas d'épuiser ces lieux communs cent fois rebattus, et tu dis : La vie est un mal. Mais regarde, cherche dans l'ordre des choses si tu y trouves quelques biens qui ne soient point mêlés de maux. Est-ce donc à dire qu'il n'y ait aucun bien dans l'univers? et peux-tu confondre ce qui est mal par sa nature avec ce qui ne souffre le mal que par accident?

Tu t'ennuies de vivre, et lu dis : La vie est un mal. Tôt ou tard tu seras consolé, et tu diras : La vie est un bien. Tu diras plus vrai sans mieux raisonner : car rien n'aura changé que toi. Change donc dès aujourd'hui;

1. Le même V. Cousin a éciit ailleurs : « Quand tout à coup nou.-. SCI ions jcIls dans une iie dt-sertc. le devoir nous y suivrait encore

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