Même sens que notre mot morque
2. Goderon, aujourd'liui godron, moulure qui se fait aux bords de la vaisselle d'argent.
pour un peu de science veulent estre honorez et respectez du monde, comme si chacun devoit aller à l'escole chez eux et les tenir pour maistres : c'est pourquoy on les appelle pedans. Les autres se pavonnent sur la considération de leur beauté, et croyent que tout le monde les muguette* : tout cela est extrêmement vain, sot et impertinent : et la gloire qu'on prend de si foibles sujets s'appelle vaine, sotte et frivole.
On connoist le vray bien comme le vray baume : on fait l'essay du baume en le distillant dedans l'eau : car s'il va au fond et qu'il prenne le dessous, il est jugé pour estre du plus fin et précieux : ainsi pour connoistre si un homme est vrayment sage, sçavant, généreux, noble, il faut voir si ses biens tendent à l'humilité, modestie et soubmission, car alors ce seront des vrays biens ; mais s'ils surnagent, et qu'ils vueillent paroistre, ce seront des biens d'autant moins véritables qu'ils seront plus apparens. Les perles qui sont conceuës ou nourries au vent et au bruit des tonnerres, n'ont que l'escorce de perle et sont vuides de substance, et ainsi les vertus et belles qualitez des hommes qui sont receuës et nourries en l'orgueil, en la ventance et en la vanité, n'ont qu'une simple apparence du bien, sans suc, sans moùelle et sans solidité.
Les honneurs, les rangs, les dignitez sont comme le safTran, qui se porte mieux et vient plus abondamment d'estre foulé aux pieds. Ce n'est plus honneur d'estre beau quand on s'en regarde; la beauté pour avoir bonne grâce doit estre négligée : la science nous déshonnore quand elle nous enfle, et qu'elle dégénère en pédanterie.
Si nous sommes poinctilleux pour les rangs, pour les séances, pour les filtres, outre que nous exposons nos