‹ Extraits des romans champêtresChapitre 5 sur 37 · LA MARE · texte numérisé non relu

LA MARE

A la sueur de ton visaige Tu gagnerois ta pauvre vie, Après long travail etusaige, Voicy la mort qui te convie.

Le quatrain en vieux français, placé au-dessous d’une composition à'Holbein (i), est d’une tristesse profonde dans sa naïveté. La gravure représente un laboureur conduisant sa charrue au milieu d’un champ. Une vaste campagne s’étend au loin, on y voit de pauvres cabanes ; le soleil se couche derrière la colline. C’est la fin d’une rude journée de travail. Le paysan est vieux, trapu, couvert de haillons. L’attelage de quatre chevaux qu’il pousse en avant est maigre, exténué ; le' soc s’enfonce dans un fonds raboteux et rebelle. Un seul être est allègre et ingambe dans cette scène de sueur et usaige. C’est un personnage fantastique, un squelette armé d’un fouet, qui court dans le sillon, à côté des chevaux effrayés et les frappe, servant ainsi de valet de charrue au vieux laboureur. C’est la mort, ce spectre qu’Holbein a introduit allégoriquement dans la succession de sujets philosophiques et religieux, à la fois lugubres et bouffons, intitulée les Slmiilachres de la mort...

1. Tlolhem (1497-15'i3), peintre de grand talent, né à Augsbourg. Il composa une série de tableaux, Le.9 Simulachres de la Morf, vulgairement appelée Danse macabre, et fît de nombreux portraits.

Les quatrains qui accompagnent chaque gravure se trouvent dans une édition postérieure à la première'"car la première n’en contient pas); ils sont attribués h Jean de Vauzelles. « Les simulachres et historiées faces de la mort autant élégamment pourtraîctes que artificiellement imaginées », parurent à Lyon chez Trechsel (1538) ; c’est la première édition dans laquelle se trouve le texte#

GKORGE SAN!)

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