‹ Extraits des romans champêtresChapitre 8 sur 37 · LE PÈRE MAURICE · texte numérisé non relu

LE PÈRE MAURICE

— Germain, lui dit un jour son beau-père, il faut pourtant te décider à reprendre femme. Voilà bientôt deux ans que tu es veuf de ma fille, et ton aîné a sept ans. Tu approches de la trentaine, mon garçon, et tu sais que, passé cet âge-là, dans nos pays, un homme est réputé trop vieux pour rentrer en ménage. Tu as trois beaux enfants, et jusqu’ici ils ne nous ont point embarrassés. Ma femme et ma bru les ont soignés de leur mieux, et les ont aimés comme elles le devaient. Voilà Petit-Pierre quasi élevé ; il pique déjà les bœufs assez gentiment ; il est assez sage pour garder les bêtes au pré, et assez^ fort pour mener les chevaux à l’abreuvoir. Ce n’est donc pas celui-là qui nous gêne; mais les deux autres, que nous aimons pourtant. Dieu le sait, les pauvres innocents nous donnent cette année beaucoup de souci...

Sa belle-fille, en effet, attend un bébé, et ce surcroît de peine empêchera qu’on puisse s’occuper des deux derniers enfants de Germain. Le fin laboureur se rend aux raisons du père Maurice. C’est pour lui, cependant, un immense sacrifice de songer à remplacer sa chère Catherine ; aussi ne connaîtil personne qui puisse lui convenir, mais son beau-père a déjà jeté son dévolu sur quelqu’un.

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