‹ Extraits des romans champêtresChapitre 9 sur 37 · LEUMAIN LE FIN LABOUREUR · texte numérisé non relu

LEUMAIN LE FIN LABOUREUR

— Oui, j’ai quelqu’un en vue, répondit le père Maurice. C’est une Léonard, veuve d’un Guérin, qui demeure à Fourche.

— Je ne connais ni la femme ni l’endroit, répondit Ger- ‘ main résigné, mais de plus en plus triste.

— Elle s’appelle Catherine, comme ta défunte.

— Catherine ? Oui, ça me fera plaisir d’avoir à dire ce nom-là : Catherine I Et pourtant, si je ne peux pas l’aimer autant que l’autre, ça me fera encore plus de peine, ça me la rappellera plus souvent.

—^ Je te dis que tu raimeras : c’est un bon sujet, une femme de grand cœur ; je ne l’ai pas vue depuis longtemps, elle n’était pas laide fille alors; mais elle n’est plus jeune, elle a trente-deux ans. Elle est d’une bonne famille, tous braves gens, et elle a bien pour huit ou dix mille francs de terres, qu’elle vendrait volontiers pour en acheter d’autres dans l’endroit où elle s’établirait; car elle songe aussi à se remarier, et je sais que, si ton caractère lui convenait, elle ne trouverait pas ta position mauvaise.

— Vous avez donc arrangé tout cela P

— Oui, sauf votre avis à tous les deux ; et c’est ce qu’il

faudrait vous demander l’un à l’autre, en faisant connaissance. Le père de cette fcmme-là est un peu mon parent, et il a été beaucoup mon ami. Tu le connais bien, le père Léonard ? .

— Oui, je l’ai vu vous parler dans les foires, et à la dernière, vous avez déjeuné ensemble ; c’est donc de cela qu’il vous entretenait si longuement ?

— Sans doute ; il te regardait vendre les bêtes et il trouvait que tu t’y prenais bien, que tu étais un garçon de bonne mine, que tu paraissais actif et entendu...

Ce parti est sans doute excellent pour Germain, mais celuici ne semble pas assez tenir compte de’ la fortune. Le père Maurice regrette que son gendre soit si désintéressé ; s’il épousait une femme pauvre, les enfants du deuxième lit ne pouvant rien prétendre à l’héidtage de sa fille Catherine, ils se trouveraient dans une fâcheuse situation. Ayant ainsi parlé, le père Maurice rentra à la maison, et Germain, résigné à son sort, prépara son départ pour Fourche.

«EORGE SAISI)

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