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Extraits du drapeau blanc

Les feuilles du Drapeau blanc dans lesquelles étoient répandus les divers articles que nous réunissons ici, étant depuis long-temps épuisées par les demandes multipliées qui en ont été faites, et ces demandes se renouvelant tous les jours, sans qu’il soit possible maintenant d’y satisfaire, on a cru que ce seroit faire une chose agréable au public, de les offrir ainsi réunis.

Ces articles traitent des plus hautes doctrines politiques et religieuses dans leur application à l’état actuel de la société, montrant en même temps quelle est l’influence et quels ont été les résultats des doctrines contraires que l’on pratique depuis si long-temps, et que, long-temps encore, on semble vouloir pratiquer. Partout la société matérielle y telle qu’elle existe aujourd’hui, y est opposée à la société spirituelle telle qu’elle existoit autrefois. Les considérations sur l’Angleterre et sur son gouvernement, où se

manifestent déjà les dernières conséquences de ce matérialisme social, ont paru neuves et frappantes de vérité à beaucoup de bons esprits.

Parmi les articles de M. l’abbé de la Mennais, dans lesquels éclatent plqs émînemm^t encore toûtes ces grandit vérités, on retrouvera celui qui traitoèt de la ^guerre d’Espagne, lorsqu’il étoit encore incertain si Pon feroit cette guerre, à laquelle les destinées de l’Etixope ctoien t si visi blement attachées .T outefois ce que disoit alors l’auteur à ceux qui ne vouioîent pas qu’on la fit, peut leur être dit encore maintenant qu’elle est presque terminée. Les circonstances sont cban»

gées ; ces hommes neile sont point ^ ce qu’ils vouloient alors, il le veulent ea^ core à présent; et dans leur inconcevable aveuglement, ils paroissent 'obstinés -à trouver leur honte dans ce qui doit faire l’honneur de la France.-:- ' ; ' .n

DU

Plan d^un livre qui pourrait être intitulé :

Observations sur le gouvernement de l’Angleterre, dit Gouvernement représentatif ou conetitutlonnel.

11 n’est rien de parfait sous le soleil : c’est une parole que l’on répète depuis que le soleil éclaire le monde. Le gouvernement représentatif ou constitutionnel est sans doute une belle chose ; mais enfin celte chose , si belle, qu’elle soit, ne fait point mentir le vieil adage,: elle a ses .imperfections. Les Anglois (et nous entendons par ce mot les meneurs de l’Angleterre) connoissent nûeux que personne ces imperfections, eux qui, dans leur tendre sollicitude pour les peuples du continent, s’en vont offrant partout ce gouvernement comme un clicf-d’œuvre sans défaut, comme le seul qui puisse les rendre heureux, tranquilles et florissants. Qu’ils aient

a’insi clierclié, vu leur position embarrassante, singulière, unique dans les annales du monde, à faire partager à l’Europe chrétienne les embarras et les inconvénients de cette position , c’es't ce qui, jusqu’à un certain point, se peut concevoir, quoiqu’un semblable procédé soit assurément fort peu chrétien. Mais ce qm s’expliqueroit plus difficilement, c’est que la chrétienté continuât désormais de s’y laisser prendre.

Lorsque M. Rubichon déchira le premier le voile qui couvroit la plaie hideuse de celte Angleierre, que les sophistes du dix-huitieme siècle ont siiong.temps, si perfidement, quelquefois si niaisement vantée, on assure que lord Liverpool dit, après avoir lu son bvre : roilà un homme qui nous connoit bien. Cependant M. Rubichon éioh loin d’avoir, tout dit : il Y auroit encore sur ce sujet, dont 1 imporiance e« si grande , un bien bon bvre a faire ; et ce livre ne devroll poml faire suile au sien ; il lui setvirüit an contraire d’inlroduonon| On V apnrofoodirolt les causes qui ont amené de si monslrnent effeu. McRnblchm. a essaye de dévclonner ces causes; et c’est la la parue foible de son etcellent travail. Un livre tel que celni que nous imaginons, s'il élou bien fa.l,

serolt peul-élre le plus grand service qu’il fût possible de rendre à l’Euro [>e, il lui apprendroit, mieux qu’elle ne le sait encore j ce qu’est le gouvernement anglois; el, complétant la leçon que vient de lui donner sa conduite dans l’affaire d’Espagne, il acheveroit de lui apprendre comment elle doit se conduire envers lui.

Une juste méfiance de nos forces ne nous permettant pas "d’entreprendre un travail aussi difficile, nous nous bornerons à présenter à ce sujet un petit nombre d’idées dont il n’est pas imfK)ssible qu’un plus habile veuille tirer parti.'

II s’agiroit de prouver d’abord, dans ce livre, que le gouvernement des Anglois, ce gouvernement que quelques-uns admirent comme une espèce nouvelle et plus parfaite du système monarchique, n’est pas autre chose que la corruption de leur ancienne monarchie, telle que le christianisme V avait faite ; ce qui est précisément arrivé à l’époque où le christianisme lui-méme s’est corrompu au milieu d’eux ; qu’alors , par des conséquences qui découloient nécessairement des idées nouvelles dont la réforme venoit d’infecter les esprits , le principe de la souveraineté y qui é\o\V)'en Dieu , fut transporté dans le peuple,' la société' ayant été

amenée, par une sorte d’alhéïsme politique, à chercher en elle-même la raison de la société. Ceci fait, il resteroit à démontrer que ce chefd’œuvre d’une politique purement humaine, qui a chassé Dieu du monde social pour en feire la propriété exclusive de l’homme, ne se soutient au milieu des désordres qu’il enfante, des tempêtes qui l’environnent , que par ce qui lui reste de la religion sainte dont il s’est séparé ; qu’il ne vit encore, dans ce qui lui reste de vie, ■que des traditions , des doctrines , des commandements de ce christianisme, contre lequel H j’iaBt^mis dans une espèce de révolte, dont il a attaqué le principe le plus essentiel et détruit les plus salutaires influences.

Ici l’on feroit remarquer qu’en effet le premier acte de l’Angleterre régénérée fut de mettre le christianisme, tel elle V avait fait à son tour , sous la dépendance de son gouvernement, vu qu’il étoit à peu près impossible qu’un sera- Uable gouvernement pût, non pas seulement exister, mais même s’établir sans faire d’une religion qui lui est entièrement opposée y une branche de son administration; d’où il résulte que Dieu doit se retirer du milieu d’un peuple qui lui-même le repousse ; et qu’à meSure qu’il en éloigne sa main puissante, seul soutien des

•ociétés, les ruines, dans un tel état de choses', doivent s’accumuler sur les ruines, jusqu’à ce que la société entière finisse par s’abîmer dans, le néant, catastrophe qui peut arriver au milieu de toutes les prospérités matérielles dont cette Angleterre est, pour ainsi dire, gorgée et enivree, et à laquelle çes prospérités même ne seroient point étrangères, Si toutes ces considérations étoient présentées avec clarté , développées avec force, 1 auteur de ce livre pourroit entrevoir, dans cette prodigieuse invention et dans les séductions dont elle commencé à enivrer les peuples , les signes précurseurs de la fin du monde , sans qu’on dût le prendre pour un visionnaire et un insensé.

Quelques-uns ont appelé ce système le gouvernement représentât^. Il s’agiroit alors d’examiner cette définition , et de prouver qu’elle n’est pas juste, en montrant que ce prétendu gouvernement repiésentatif ne représente rien. Il n’y a point de représentation dans quelque affaire que ce puisse être, politique, civile ou domestique, sans un mandat et sans l’obligation de rendre compte. Toute autre manière d’entendre et d expliquer la représentation est dérisoire. Quelques nobles ne représentent point le corps entier de la noblesse , s’ils ne sont dé—

légués par elle; et cela est tellement vrai que les magnifiques seigneurs de la chambre haute étant héréditaires dans ce qu’on appelle leur représentation, il a été nécessaire qu’ils se considérassent comme les seuls nobles pour représenter quelque chose, prétention qui peut sembler étrange au milieu de nos monarchies modernes dont la gloire militaire se perd dans la nuit des temps; prétention contre laquelle s’élève sans cesse toute la noblesse des trois royaumes , et qu’elle combattroit jusqu’à la fin des siècles, si les choses dévoient se prolonger jusque-là. Par la même raison, quelques propriétaires ou négocians que l’on éKt, sous la condition qu’üs feront et diront ce que bon leur semblera, sans que personne ail le droit de leur demander pourquoi ils ont parlé de telle sorte ou agi de telle manière, ne représentent pas davantage le commerce ou la propriété : ils ne représentent que leurs propres passions et leurs propres intérêts; et dans l’impossibilité où ils sont de voter selon leur mandat , les plus honnêtes ne peuvent faire autre chose pour ceux qu’ils appellent leurs commettants, qtie de voter selon leur conscience, puisqu’ils ont le bonheur d’en avoir une. Aussi les plus avisés parmi les défenseurs de ce système , frappés de

celte difïiculié et désespérant de la réseudre, ont-ils fini par abandonner ce nom de gouvernement représentatifs qui réson noü^çe pendant si agréablenaent à toutes les oreilles libérales ; et lui cherchant un nouveau nom, ils ont adopté celui de constitutionnel. En eflèl, uL-pouvoit arriver que le premier de ces deux noms, offrant sans cesse'à fésprit deux idées otttttradictoires, finît par choquer même les pin» grossiers ;el qUe, sousle gouvernement représèntalif, on s’ennuyât à la longue de n’être pointi représenté. Le second' n’est qu’absurde,*' ce qui, au point où celte 'espèce de gouvernement fait descendre l’intelligence -humaine, n’a presque point d’inconvénient. ‘ ‘

Cependant, pour tout homme qui- veut y porter un peu d’attention, celle absurdité est palpable r car, tout gouvernement, sans même en excepter celui du roi de Maroc-, devant être constitué aows {)elne de.ne point exister, d’être un pur néant, on peut défier les plus subtils grammairiens dé donner â ce nom de constitutionnel une signification particulière, applicable exclusivement à lui gouyemeuieut quel qu’il puisse être (t). L’auteur, s’emparant de

(i) Ccci. ayant encore embarrassé quelques ama-

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cette idée, examinerolt alors si, en effet, on n’a pas donné au gouvernement de l’Angleterre un nom qui ne signifioit rien, par l’impossibilité ou l’on étbit de lui en forger un qui signifiât quelque chose ; et ceci l’ameneroit à porter un .-second défi, défi qu’il adresseroit, nonseulement aux grammairiens les plus exercés, mais encore aux plus habiles philologues : ce seroil de trouver , dans quelque langue que ce pût être , un nom qui exprimât' ce qu’est ce gouvernement. On ne l’y tt'Quveroit point, parce que l’idée d’un tel gouvernement n’a jamais existé dans aucun- temps et chez aucun peuple 3 elle ne pouvoit naître, nous le répétons, que de la corruption des sociétés chrétiennes, corruplio optimi pessima. Ceci n’a point encore été remarqué, ce nous semble; et cette observation ra|)pelant ce. je ne sais quoi gui n^a de nom dans aucune langue du

leurs, ils ont imaginé le nom de gouvernement mixte, auquel ils voudroient bien s’arrêter; mais, demémeque tous les gouvernements sont constilué% , tous les gouvernements sont mixtes ; et l'on peut le leur démontrer en commençant, s’ils veulent, par celui du Grand Turc. Ainsi, ce nom-là vaut les autres et doit obtenir le même succès.

plus grand de nos orateurs (i) , jetteroit une sorte d’efl’roi dans les esprits. C’est là , en effet, l'impression que doit produire une chose qu’aucun mot, dans aucune langue, ne peut rendre ce qu’elle est, et qu’on ne parvient à faire comprendre qu’en exprimant ce qu’elle n'est pas. Alors, il y a un nombre presque infini de manières de définir ce gouvernement ;■ nous en choisirons une entre mille, ne prétendant point cependant la présenter comme la meilleure et celle à laquelle on doive de préférence s’arrêter. Le gouvernement de l’Angleterre, dit représentatif, éii\. constitutionnel , àilrnixte, si l’on veut encore, est un gouvernement . qui n’est fondé, ni sur le pouvoir du peuple, ni sur le pouvoir des grands, ni sur celui du roi, mais qui se compose de ces trois pouvoirs égaux et réunis (2) ; ces trois pouvoirs y sont 'indépen-

(1) Bossuet, qui, autant que nous pouvons nous le rappeler , doit cette admirable image à Tertullien.

( 2 ) On a cherché dans l’antiquité des exemples d’une réunion à peu près semblable de pouvoirs, et l’on a cité Rome et Sparte. Mais qui ne recounoît avec un peu de réflexion que la dernière de ces deux républiques étoil une pure aristocratie; que, dans l’autre, le peuple étoit maître absolu 1

A Sparte , la puissance des rois étoit nulle : le gou-

( lO )

riants tes uns des autres en ce qu’ils ne se doivent mutuellement aucun compte de leurs actes; elen même temps ils ne sont pas indépendants en ce qu’aucun des trois ne peut agir sans le concours des deux autres. Ces trois pouvoirs y

vernement résidoit tout entier dans le sénat dès Yingl-^ huit. D’aristocratique qu’il étoit, ce gouvernement devint oligarchique , lorsque l’on créa leséphores , dont les fonctions étoient à peu près les mêmes que celles des inquisiteurs d’Etat à Venise.^

A Rome , le sénat et le peuple faisoient des lois ; mais ces actes du sénat n’étoient que des ordonnances, dont la durée légale ne passoit pas une année , qui n’a— voient pas besoin d’être révoquées pour tomber en désuétude ; que souvent le peuple ne vouloit pas reconnoitre , et enfin , qui n’obtenoient force de loi , que quand elles avoient été sanctionnées dans ses comices. Les lois du peuple avoient un caractère bien différent : elles étoient perpétuelles; elles n'avoient besoin d’aucune approbation , et duroient tant qu’il ne lui plaisoit pas de les abroger. Tite-Live dit partout : Senatus decrevit , populus jdssit . Lorsqu’on voulut punir la défection de Capoue, le sénat en demanda là commission, et le peuple la lui donna en ces termes, qui méritent d’être remarqués: Quod senatus censeat, id volumusjubemttstfue. Ainsi uos rois disoient autrefois dans leurs ordonnances : « Notre conseil entendu , nous voulons et ordonnons , etc. »

( Il )

sont délibérants ; car la responsabilité des ministres du roi envers les deux autres pouvoirs fait aussi du pouvoir monarchique une sorte à' assemblée délibérante, c’est-à-dire un pouvoir qui est monarchique et qui ne l’est pas; et , tandis que tout se décide d la majorité dans les délibérations particulières de chacun d’eux, tout se décide ensuite entre les pouvoirs euxmêmes d la minorité, la volonté d’un seul des trois pouvant arrêter, chaque fois que bon lui semble , et la volonté des deux autres , et l’action du gouvernement; espèce de combinaison politique que l’én assure être très-raisonnable, ce qui n’est point dire assez : il faut soutenir qu’elle est la seule raisonnable ; car il est nécessaire de déclarer en même temps que, depuis que la société humaine existe , c’est la déraison qui l’a constamment gouvernée, puisque c’est le contraire qu’on y a constamment pratiqué.

Si la définition que nous venons d’offrir du gouvernement anglois est juste, et nous croyons qu’il seroit diflicile d’en contester la justesse, on a peine à concevoir comment un semblable gouvernement a pu marcher et même exister pendant vingt-quatre heures. Cependant, comme il y a un peu plus de cent ans que ce phénomène moral et politique existe, que ce gouver-

nenient marche de son mouvement particulier, il conviendra d’examiner quel est le principe qui le fait vivre, quels sont les ressorts qui continuent de le faire mouvoir : on fera donc voir que , par un renversement de toutes les idées humaines , il a fallu qu’il travaillât sans cesse à, se corrompre lui-même, à tout corrompre autour ^de lui , pour soutenir son existence ; et par conséquent qu’il a vécu de ce qui, dans tous les temps, a fait mourir les autres gouvernements.

Comment cela a-t-il pu se faire? Comment peul-on trouver la vie dans ce qui est un prin-7 cipe de mort? loi la question se complique :

qu’il nous soit permis d’y réfléchir qn peu. Nous présenterons ensuite nos idées sur cette question, unique dans les fastes de Thlstoire , avec simplicité, avec franchise, et ne cherchant en tout que la vérité. ' . . ;

A l’époque où se fit la révolution de l’Angleterre , il étoit manifeste même pour les esprits les moins pénétrants, qu’un gouvernement qui se compose de trois pouvoirs indépendants , délibérants, omnipQtents , constitués toutefois de telle manière, que la volonté d’nn

seul d’entre eux suffit pour arrêter l’action et annuler la- volonté des deux autre», est une combinaison contraire aux premières notions du sens commun , impossible dans l’exécution. Tel est cependant , en théorie , ce gouvernement anglois tant vanté ; et par cela même que son principe est absurde , il ne peut être , et n’est en effet , dans la pratique , qu’une continuelle déception.

Un Anglois qui a de l’esprit et de l’instruction , honteux pour sa nation d’entendre parler sans cesse de ces trois pouvoirs , comme de la loi constitutive et fondamentale de son pays , a cherché à prouver dans un écrit court et substantiel (i) , que Blackstone, Delolme et Montesquieu n’y avoient rien compris j que la Constitution an gloise, telle qu’elle existe maintenant , développement heureux et naturel des

(i) De la constitution de V Angleterre , el des changemens principaux gu'elle a éprouvés , tant dans son esprit que dans sa forme, depuis son origine jusqu’à nos jours, avec quelques remarques sur l’ancienne Constitution de la France. — Paris , 1820. Brochure de cèiit pages.

A Paris , chez le Normant , rue de Seine ;

Et chez C.-J. Trouve, imprimeur-libraire; rue Neuve-Saiiil-Aiigustin , n“ 17.

anciennes institutions et lois fondamentales de l’Etat, avoit en elle-même, et par cette succession constante et légitime de changements progressifs , tous les caractères qui font la durée et la stabilité des gouverments. Il nous a montré comment il avoit existé , dès l’origine , en Angleterre, et de même que dans toutes les monarchies féodales, un parlement national composé des grands feudataires de la couronne ; examinant ensuite cette institiHion dans les variations ou modihcations que le temps n’a cessé d’y apporter , il trouve qu’au 1 3 * siècle , elle recevoit déjà dans son sein des députés des barons non -parlementaires , que l’on appeloit les petites barons, harones minores, pour les distinguer des pairs héréditaires , harones majores ; ce qui n’empêchoit pas ces deux sortes de barons, bien qu’ils ne siégeassent point au même titre dans le parlement , d’être parfaitement égaux par la naissance, les uns et les autres relevant également et immédiatement de la couronne. Ce parlement, ainsi composé, ne formoit qu’une seule chambre , où délibéroient ensemble et grands barons et petits barôns.

Vers la fin de ce même siècle (en 1296), le besoin toujours croissant de subsides, et la difficulté que l’on éprouvoii à les.oblenir regii-

iièrenient des villes , par rentremise des commissaires royaux , déterminèrent le roi (c’éloit Edouard 1" qui régnoit alors ) à convoquer des députés de ces villes, non pour délibérer avec Je parlement , mais seulement afin de simplifier cette opération de finances, et pour qu’ils fixassent entre eux la somme d’argent que leurs commettants pourroient fournir à la couronne. Telle fut l’originede la chambre des communes. Ces députés s’assemblèrent d’abord dans un lieu séparé du parlement , n’ayant avec cette noble assemblée aucune espèce de communication.

Au commencement du siècle suivant, il arriva que, les petits barons ou députés des comtés cessant de délibérer avec les barons parlementaires, sans que l’on sache au juste quel fut le motif de celte séparation , choisirent , par une circonstance que l’on assure être purement fortuite, cette meme salle dans laquelle se réunissoient les députés des villes, pour en faire aussi le lieu de leurs réunions. Ainsi mêlés avec les notables de la bourgeoisie , ils les consultèrent quelquefois sur les objets de leurs délibérations. Ce qui n’étoit d’abord que l’effet d’une pure condescendance se changea insensiblement en privilège ; et le quatorzième siècle n’étoit pas écoulé, que les députes des villes avoieiit déjà

acquis tous les droits de ceux des comtés.

Ainsi acheva de se constituer la chambre des communes , se formant de le partie mobile et élective du grand parlement, réunie à ces représentants des cités ; et dès lors l’importance de ceux-ci s’accrut à un tel point , qu’il n’y eut point de gentilshommes, quelque haute que fût leur qualité, qui ne tinssent à honneur d’en faire partie. Ainsi cette chambre dite des communes devint tout aussi aristocratique que celle des pairs , tant dans les éléments dont elle se composoit que dans les intérêts qu’elle avoit à défendre ; ainsi s’établit entre l’une et l’autre chambre une union, une harmonie qu’on put considérer, dit ce même écrivain, comme inaltérable, indestructible; et il en donne une foule de raisons , au nombre desquelles est placé en première ligne le droit de prlmogénlture qui continue de maintenir et de perpétuer dans ces familles' parlementaires la propriété de presque tout le territoire de la Grande-Bretagne , et y conserve tous les avantages et'toute l'influence de l’ancien patronage féodal. M. le ministre des affaires étrangères a dernièrement fait valoir ces diverses considérations à la tribune de la chambre des pairs, s’arrêtant au même point où s’éloit ar-

ré«é r^wiva&n Miglafe , apolc^tfin^nie»* <i« ÎMiltulions de 9<yp pajs. "i '■ i imk, i };trr ‘ • . Mais l’auteur du lirre:dent notis essayohfede tracer ici une esquisse légère ne se ' laissera point imposér par ces brillantes apparences; il ne gardera bien de glisseriainsi sur les'superficies ; et, pénétrant jusqu’att fbnd'des phases y il séparera par bneligae profonde de déètareaiion FAngfelerre encore pathoiique ica'éomvxesixe^ ment du seizième) siècle; de)l’Anglct*PPé»dé>+ • venue depuis prolesAawfêJ Làl coînmèrrètey’.én effet, ce gouYemement singulier qu-ïl.s’agb d’i»t>mlncr. Que dans nnéf) apologie) ^omikigne de conâdérèr un aussi gmqd événement' cbmitte une chose de peu d’importance; qué^dansiuit discours parlementaire o« ‘son éloquence! art" traîne tous les esprits, ub orateur qui àppèltë le DROIT DIVIN un jê nageais quel droîÀ'y n/ail pas meme la pensée de parler de cette ■ révohqiioà n mémorable : c’est ce qùi 'n’étenbe pointL Mais il s’agit ici] des intérêts dè la tciûté j ètee serei» les traiter un peu légèrement: que der.dftmfher pour rien le changement de religion dans l-htis-’ toire et dans les destinées d’unipe!ôplo.|: .c’esÉ tout à notre avis; et le îKvre centieq léî sera écrit que pour en fourni la démonstration ‘j 1 " Il ne sera pas fiécessëiréi dédongs» i^ais©haë«

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menu pour prouver que le protestantisme qui détruit l’autorité monarchique dans l’Eglise, établit, par une conséquence nécessaire, la souveraineté du peuple dans l’Etat : c’est là son dogme favori ; sur ce point capital ses théologiens et ses publicistes sont d’accord; il ne s’agira que de citer ou de commenter leurs écriu. Mais, prenant acte de leurs propres aveux , et développant une pensée profonde d’un illustre écrivain, on fera voir comment la souveraineté du peuple et l’anarchie étant une même chose , U se fait que c’est une même chose encore que l’anarchie et le despotisme ; d’où il s’ensuit que , détruisant cette grande opposîtionque l’autorité religieuse et catholique élève sans cesse contreles passions et là volonté de l’homme, sans distinction du sujet et du souverain, le protestantisme livre nécessairement les rois aux caprices des peuples ouïes peuples aux caprices des rois,, et ne laisse à la société aucun milieu entre ces deux extrêmes, le despotisme et l’anarchie.

, F.n France, où nosa-ois s’opposèrent d’abord et avec une grande énergie à ses entreprises et à sonq>nwlytismé , ce fut l’anarchie qu’il essaya de produire ; et personne n’ignore que ri le succès eût favorisé leur révolte, le projet des novateurs étoit d’y fonder üne république 'sur

les ruines de la monarchie. En Angleterre ce fut , au contraire, le monarque lui-même qui se fit hérésiarque et commença l’attaque contre le pouvoir religieux : à l'instant même les deux pouvoirs temporel et spirilurel se trouvèrent réunis entre ses mains; le fanatisme des sectaires contribua à ralTermissemcnt de cette double domination; et le règne des Tudor passa toutes les idées que l’on avoit pu se faire, depuis l’origine des sociétés chrétiennes, du plus violent et du plus monstrueux despotisme.

.« L’Angleterre étoit alors gouvernée, dit n l’bislQriçn Hume , /lont le témoignage sur ce » point ne peut paroîlre suspect, comme on » gouverne. aujourd’hui en Turquie; et ce n’est pas dire assez, sans doute ; car la volonté absolue des sultans s’y vient souvent briser' contre les lois et les traditions religieuses ; sous Henri VIH , cette volonté n’eut aucun frein ; et telle fut la barbarie et l’absurdité des lois qui en émanèrent, que si on les eût exécutées à la lettre ( c’est la remarque d’un autre historien ) , il n’est pas un seul citoyen qui n’eût été dans lè cas d’être condamné à mort. Le règne d’Elisabeth ne fui ni moins violent, ni moins capricieux ; et la fille et le père purent impunément opprimer , dépouiller, proscrire

leurs sujets, les soumeUre aux vexatlcuas les plijis humiliantes (i), sans que le parlenvem, instrument aveugle et servile de tous ces i ca»pnces insensés ou barbares , osât leur adresser

(i) Noos en citerons quelques traits. .Par exemple ,

Sons Henri VIII , c’e’loit un crime de haute trahison de xoiitenir la validité des deux premiers mariages du roi; c’en fut un autre de dire quelque chose d’offensant ^

contre Içs princesses Marie et Elisabeth, nées de, cas >

deux mariages. Le silence même pouvoitêlre un crime : car, en déclarant illégitimes les mariages , on avoit , déclaré digne de mort quiconque refnseroit de répondre ( sur lés articles du statut. Ainsi , pour trouver un cou- \ pable , il suffisoit d’interroger quelqu’un sur l’un et »ur l’autre mariage. Qu’il gardât le silence^ il etoit traître ; qu’il reconnût le mariage valide , il étoit lraî.tr«i «p^’U ' Iç dU illégitime , il outrageait Marie ou Elisaheth , cq qui étoit encore un crime de trahison. Elisabeth défendit , par un édit , de cultiver la guède , plante utile, par cela seul qu’elle n’en pouvoit souffrir l’odeur. Elle fit briser par ses officiers les longues épées, et rogner les larges fraises qui étoient à la mode, par cela* seu) que cette mode lui déplaisoit. Elle voulut faire donne» la question à, un écrivain , le docteur Haywarde , pour avoir dédié un livre au comte d’Essex, dans letcj^ps^. sa disgrâce ; et cela , afin de savoir s’il étoit ou non le véritable auteur de ce livre ; ce fut une ruse ingénieuse de Bacon, qui le sauva, etc. On rempliroit des volumes ' des folies atroces , qui signalèrent ces deux règnes.

üftte sëü)e fois lèS plus simples rémontrduce^j. Il' éloil cépehdant lonjourS Y;6hiposé de Ceà fiéirsî bardds , soüs les Plantàgeneis ,■ n^ayttient cessé dë combattre la prérogative royale , Sé ci*6ÿant én droit de tirer Fépée contre leur «)uveraîn, dès qu’ils croyoient leurs privilèges' atteints 6n seulement menacés ; mais dànsV-Bsi temps , tout malheureux qu’ils ctoieftt j- la loi divine' s’interposant saliS cesse entre le matire ét les sujets , parvenoit à les arrêter avant qu’Ü9 éüssetit passé les dernières bornes ; malntenantl elle avoit disparu de lïi soèiété ; et comme it he s’y troiivoit plus riërl'^üi pût modérer b» tyrannie, de même il fi’existoit rieii- qui pût mettre un frein à cette ' servitude , dans laqüellë,' suivant la belle expression de Tacite'^ h nation entière Sé pèécipitoit.

Cependant nous toucbohS au moment oè» tout va changer de face : le fanatisme , qüi a si lOfig-tempS Supporté, encouragé, applaudi des tyrans , va nous ofl'rir le spectacle de la dcm«l‘* gogic dans ses excès les pllis hideux; et, pour que la société se jette tout à coup dans cet aütré extrême, il suffira de deux rOis quine soient poitil fanatiques, ou qui ne veu’dlent pas feindne dé l’être. C’éloit là le seul principe derauiorivé bains bornes de leurs prédécesseurs; pour conduire

les Anglois d’alors, il felloit être ou furieux oa hypocrite ; et ce fut uniquement ( tous les Irisrtoriens l’avouent) pour avoir montré quelquesi dispositions à traiter les catholiques avec bien-r, veillance, à être juste et modéré envers une pocT, tion de ses sujets, que Jacques I" excita contre lui la haine et le mécontentement de l’autre. Alors commença l’opposition de son parlement, et ce fut avec tous les symptômes d’une licence qui , sous le règne suivant , devoit offrir , dans, l’assassinat juridique d’un roi, les dernières, conséquences de la souveraineté d“ peuple, exercée par des hommes qui se prétendoient les délégués de ce nouveau souverain.

Si l’on considère et le caractère qu’avoient alors les rois chrétiens, etr joutes les circonstances dont ce crime fut, accompagné, on recbnnoîtra qu’il est unique dans les amiales du monde, de même' qu’elles n’offrent point d’exemple d’un tribunal institué à pareil titre, et procédant d’après un semblable droit. Que reprochoit-on à Charles étoient-ce cer-r tains actes de^ son règne qui violoient les privir léges de la nation, teJs que les taxes arbitraires, les emprunts forcés, des chambres de justice établies paV ordonnances particulières , et procédant, sous l’induence de la covir , contre la

vie et la liberté des citoyens , etc. ? Non , sans doute : il avoit pour en agir ainsi l’exemple de ses prédécesseurs; et bien loin qu’on l’accuse de tyrannie , les'Anglois eux-mêmes convien-" nent que jamais prince ne ménta moins' que lui le nom odieux de tyran. « Les vraies causes, » dit Hume, qui sdulevèrent contre lui la na- » lion et le parlement, furent, le surplis, M les balustrades placées autour de' l’autel , les » révérences exigées en approchant de-fen-i- » ceifite, la lkur^e, la violatioü du dimanche, » les chapes brodées, les -manches de' linon ■, )» l’usage de la bague nuptiale, et celui du signe » de la croix dans le baptême; C’est pour de » tels différends que les deux partis ne craigni- » reni point de livrer l’Etat à d’aussi vk>lentes os convulsions. » '' ‘ojt j;' y.;.. ^

Ce' fut pour 4îélai sans 'doute, et nônpW* autre chose , que leisang du monarque -coula sur l’échafàud ; car >-à peiné sa tête 'étoit-elle •tombée; qu’uA homme' s’éleva du milieu de ses 'bourreaux, ou véritablement fanatique ou jouant le fanatisme. A l’instant même, tous oes •républicains si farouches courbent la tête devant'lui ; et, sans éprouver la moindre opposition!, lih rétablit insolemment toute la puis-

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iftQWqt f^npftr^v^fît,,..;nepr^OWt le ppupl^ spuY^ff^i^ J (Çfi W pevipl^r^oÎ! psv4étrôné au lipH flqclfjfp^ipn^-quHl: iprcKii^^iW luinpipiue â^p^npu,YPŸ>^;i):fau.. P<4rK 4p,4a^ne que Ici dpîQf0îpîvp4„s il wt ,Pu lexi^mcAère éotfgique eV,;f^}Ûiiçpx,4pv!!»Qn, père j/u’eût 'régné ?u» jnjpi^q^ , fi<ifi4wiw§< iCek'j^PQCftrfl :«vi(>.v<é; par no .'"'/■ .i>n-).,-.i

.vilw^feSiifrirife fpprifceiHleur placer ils repponl$>t)rône.d’Ai)gI«Hèbrt3 jburs. traditions du^ifiiirfUlei >et! cettb ippr*iU«o.ûofaj.fceérèi«! pour 4feoiiAUqltfai>'tde>(.^H’^;feml étoifc ionposaibla de ^eutèrenH vfûûepieat'îjjb dLssin;^i^lqoîAMswA<!h repaf-Urm ' WUWs Içs fiwûines de la licence, toute la rudesser,<ljeîS;pâasions rél^içfÛRep, J-Utts lbs*)ffcHpl&Hïes de laiit-évdlte.

ratopoient,

qpUîÛW‘d<»» pW.''4^‘ .«çciaves , aüjü/ pieds’ Ici un tiliftV(é»turicr^,djéviniM!*rt; tdut à çopp, pour :l8ury»,t,ft«wrains léglÛBiieiS),- des. «taîtres iritnai- ViWeS)! ,qu’au«un«ïs<oohdessio»sj de ices foiWgs princea, ,sâ 'grahdes.qu’elltss. furent, .'ne [purent adoup'u'ÿ eti ceperidaut iU lès poussèrent ’quelrquqT<»fc> Jusqu’au derniér degrés de la llâolieté,

(; aS )

, jppjmr. ççwiç., qpi le;?, avoieqï ^dpleineB^. ;Sen?iÿ >

jus(|^’à i’ejxcè^.dfi l’io^ et,

lîarw, IEb^upi :J^quei?„ïX combla, la

faisant catholique;. cc^-j

renne r.<ÎP W Iç i , j ,ç’^,tpi|i , f p^Ti

P9f nx4nie tçiqpS; , à celle^ .^tt ’il , possu^p^ sur Ja |i)?rte. > 11 avoit pris la raeilleurn p?xt ^ jet., persévérant noblp®^V.4®*i®: ^

dlmVrQPi^i

désormais un roi de parla grâce qui lui succéda fut établi de par le peuple souverain ^ et à des conditions nouvelles, aussi inouïe^' aussi r.prodaginqseS' tQftt/i^ybVini

avoki précédé. G’ost âkr? quo<çon3teqnfa,yéfitnr bloïpe“*> -ipour l’Aflgleter^'QüCBigQtwnrftoa^ singuihier , soUs leo^dL;ellû!SiiyeiStt)âe|HJi>S;MMn

époqoe, gduTerneînçintiqïU)l»a-ènf»éhin*^i<nii»l'flp> ^KM^ompue y toufroentéfl ujusqu'à : nesl jeiwè^y nqt quiUa conduit par piiq . pente y . de montent plus rapide^, à de?' résultats iqià^jUenne prisMoyance hunaaine ne pedt< cidpule^ ,je^ s^r lesquels. les Angléid eusrméniesi.isn) pissent'!? fermer leslyenx , pdur a’en pa»-ié«^niépnnws{nté?.- ' 'Il sagit inaintenaB.t d’exïpninerlne.goièvqiinélmenr , de pénétrer, pour ainsi parier ,n>lîe^ÿ?!e dans ses i entrailles :, ;d’e*pUq»iertcei !^’d')est,

de chercTier 'par quels moyens il a pu s établir comme une espèce de modérâtèur entre le despotisme et 1 anarchie i comme un point d’appuiéflrayant sur lé quel se balancent, dans le plu» fragile équilibre, i’anarchie' et le déspbtisttie. Nous éssaierons de remplir cette tâche dans' un trôisîémé article; et, nous' aidant des documens que noues fourniront les ’ aveux dé 'ses apologi^es, nous avons quelqué espoir d’en vamere' lès difficuités.' ' ' ' \ ‘ " •

r, . •'* hl

>> L’écrivain -anglois que nous( avons déjà cité,, nous a' représenté le parlement de . sa nation 'ctnnme -ne- 'filmant /-malgré la division -apparente des deux ehambreS' dont âl se composé, qù’iihe grûtdé aristocratie qu’unissent les mêmes passions; les 'mêmes intérêts, la même position sociales Cette'union explique / selon luiÿ'l’ac'- ' cord' parfait ^ui règne dans ses délibérations; de éet' accord résulte la force et la stabilité d’un gouvernement qui lui •' semble , malgré •quelques s imperfections , -le chef-d’œuvre de l’ordre' social'; et ' par conséquent de l’esprit 'humain.- >■ i ti. • r.,,.( . ..

• i'-'Cèl ‘écrivain hous.a rendu uni véritable ser-

vice «n nous repr4^tant,|iiosi, sqi:^;^ véritable point du vu§:j çeue çonsl^tion anglaise )uçqua présent; 4; •p4^~co)QOU<9: eit France!, et qu’pu,, y ,a. si ri4icu}einent .^xpliquée^ Avant d’j»voir,lu soa^iv^e;, ;tout y étç>iv>énèbres pour npus ; tom jyjdfiyveot^intelUgiblèwin^ii^ qu’il .y la, répandu <eue. lumière »><et qu’il jaods a fi|i|;. .sortir jdu dédale; inéx,tricable.|d0,ces trois pouvoirs , dont les apparences fantastiques couvrent les .machiavéliques réiditéside cette constitution fameuse. Nous ]e;reconnoissons donc.

avec lui,: les deux chambres du parlement'Oia forment qu[^un seiü' pouvoir aristocratique» Les rapines.de ce' pouvoir .sont profondes jîjelles

se sont -formées de ce qu’ou leppelle la h.arharle du régime féodal. Des- lois sages, aussi anciennes que la féodalité elle-même, ont conservé dans les familles parlelnentaires presque toutes les propriétés territoriales, .d© la . Grande- Bretagne, et avec ces propriétés ,,' l© droit^de patronage,^ sur toute la population agricole de la nation. iCette institution (appartient à l’an*clenne monarchie; Je parlement adiuinislro^ au même titre que le roi gouvernoil ;[ tout alors , dans la société , ayoit un principe de durée , pree, que tout y ,étqil 4e drpil iwlmel et divin. . O Il :'•) .:! ;

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übfrèiHw

à^(M^Hè4éS^è1iié8ëi ôàt cé^ éferîvàfe Iw k làiW sëes<î'4l fert dontt- *V(^ ’cOà4|niaat“lé pfotestàtt-i ûm& ^y^ltÜii hi du pi^uplé à

Itf ’<pJa€fe"'dë‘«feBe‘ d©' Dieüj' él toutes lete ins*' dtudohB'SttekJ^' ayant aînsv perda 'l€?ot‘ ; véri^-' labié ' a j>p» > pottr'^toftibef ’ datib ■ FiinarelHei * o* datti le^tyapoiiëâiô y' lé' pouVoit ■‘tklinihMtrâlif (fùi fié it}pp»tiohe' davantage dü ^pniivoir dé li( famiHey *let[ü!el àé pènt qtt-àV«é là fioéi^id éüé^ménm'y ■ dut ■ se ' maintenir eflewe , îoffiqüé fOùtJ p^risfioit atiionr ■ de kn' i Lé' pàf lemèttt ‘ dé-^* '

rttetn'é ' ifoft'é 'dëbôüt àü* miRéSi' dès^ ruines- dé r&neién'^ouVétrtciiemént. Alors',; de'tnètoé''^ü’îl aVéit jddltf‘iSJép#dàèflité’'jléà'' sajets Qüprès’ du Wtniar^;^y ü Aptdten'ta le-péüptè • sOuvéraid cMàtrélà *abMéchiiÿj')è(i 'iôrs^ué lé ■déspotfeniè Mip ptâs 1» plèee de la royàutd’y ce- fut dans ;le sein: :dc 'cek.ee! nisémbllle' qüe se- concentra ét sè ‘■rilgüiàtisa l’anàrcfaie. 'iq j ï

•J 1 ) ïbttt ceci' est inContestabletncnt proiüvé ■ pàf les- Arts î'itiaiS' àVànt' d’àllér pluà-'ïoîny il' Coh^- ^iéndra'dé rappeler ici tik dHitt que possëdoit l’brigiiié 'là dianÆre des CoifiVhürteà , lequel étoîtdé'ddnnét ion consèntëJheiit' i -ibute loi 'dé'Rriaiiée avint 'qu’elle eût ëté comibuniquée à la chambre des pairs. Ce droit , dont oh

ttquve la soMrœ.dMP^ le (fw avoit

dsterminé les reis. à reeseit^er les (léjrâliée'4<£s ^ villes pour ea obtaiûr dos> sub^cle» pliiArsgur liefs, s’ém»t par 1« ,suilte ét«D<iu et-dey^loppé, devin i le droit bieQ pli)$ importât;

9U de refuser impôt p lequel yen^ekjjwttt ji»-» pliiciteroeot celw d’arrêter à voloate |a tuarohe du gouvernenaent. j-:.' ,;;o:r:);-v:;r'-r*r

— Mai» une telle di^poÿûion étoâl^f ceaj ciene tiemp»>.ai éloignée de tous les, e¥q^rite, qski^ q« aesttble pas que ► sous les Planteg)jnete>i»4- Bséote fioivs lesnTudiÿrs, perspnne ait cem" pris ee qu’il y' avoit de puissance daUs .wascrun, blable privilège; et; lea résultats. eu, étoient-alons? de si peu de^ conséquence, qu’auetiû'de oeeuaornarques, le&uns si guerriers, les outres si tyran-r-i niquement absolus ,>ne songea à W'déjtcujre 'Oui du. moins à le modifier. En effet malgré •>#' privilège, on trouve ài>pdu]£ iinaenemple ptm siècle de ce refus dé l’impêt fait parla-iabain^rai des communes ; un tel acte de sa part n^eUft', meme jamais alors le caractère <le la révobjc ; et les rois savoient y suppléer par-.uu, sir^ànd' nombre de taies arbitraires qui étoient' aussi i un droit de la couronne , que le refu^jde fouiS nirdes subsides devenoit entièremtàit dlusotne.. pour les peuples, si même ilinc,l«ur étoiit plu»! onéreux.

•Mais , I sous ' lë règne des Stuaris , lorsque l’opposition du parlement ■ contre le pouvoir monarchique que cette famille avoit tenté de rétablir ÿ fut devenue celle de la nation entière^ ivre de licence et de fanatisme, un cri général qui s’éleva de toutes parts, et des résistances qui, de -jour en jour, se montrèrent plus menaçantes, ayant &it disparoître par degré ces taxes que la couronne avoit le droit d’imposer et qui étoient devenues sa dernière ressource, le privilège de voter l’impôt' devint, contre les rois , l’arme la plus terrible entre les mains de leurs sujets révoltés. Ce > fut au moyen de ce droit et par l’usage insolent et perfide qu’il sut en faire, que le Parlement parvint à les dépouiller peu ù peu de toulesleurs ppérogativçs; ce fut en refusant l’impôt qu’il put impunément assassiner un roi, insulter, humilier les autres , et chasser enfin le dernier, quand il lui plut" de s’en débarrasser.

Rien ne sera ni plus frap'pant ni plus facileà démontrer: ici les faits s’a6cumulent; .l’histoire des Siuarts est bien connue; elle est laplus grande leçon, pput-être, qui ait été donnée aux. rots. Mais ce qui n’a point été dit par. leurs historiens, quoique la cImjsp soit arrivécj

•sous lë règne dé ces princes, et ce qu’il sera important de faire remarquer, c’est que le protestantisme , qui avoit jeté la société poliüque dans deux extrêmes , le despotisme et l’anarohie, fit de même passer la société religieuse d’un extrême à l’autre, et du lànatisme la précipita dans l’indifierence J en effet, il y a impossibilité, pour l’erreur, de -garder un juste anilieu : c’est le caractère exclusif de la vérité.

A la génération des fanatiques succéda donc très-rapidement celle des impies, de même qu’à une race d’esclaves avoit succédé une race de séditieux. Le parlement connoissoit sa force : on peut dire qu’il s’étoit constitué sous les Stuaris ce qu’il a été depuis et jusqu’à ce jour, la puissance prépondérante, ou, pour mieux dire , la seule puissance de l’Etat. Mais jusqu’à l’expulsion de ceux-ci , c’étoit par une lutte continuelle et desenvahissements successifs qu’il étoit parvenu à conquérir cette prépondérance. Rien ne la légitimoit, rien ne la con* solidoit; ét les'droits suprêmes du peuple souverain , à qui il appartenoit de la sanctionner, n’étoient point encore eux-mêmes explicitement reconnus. Enfin Jacques. Il fut déclaré par la chambre des communes déchu du trône d’Angleterre pour avoir violé \o pacte originel qui

rxistoit , entre la nation et le roi} et cette gnwide question de la souveraineté du peufde fut irrévocablenienl décidée contre la royauté au profit du parlement. - : '

• U semble qu après une entreprise anssi hardie , il étoit tout simple de se .passer de roi ; lueis cette assemblée usurpatrice n’osa point aller ^usqué-rlà': il cxistoit dans la nation un vieux respect pour le trône et des habitudes taaona rebiques, trppi fortement enracinées ; et l’ombre de la royauté étoit nccessairé aux déf magogiies pour comenir et diriger ce peuple qu’ils venoient de placer eux- mêmes au-dessus des rois. Un nouveau monarque fut donc nommé au scrutin ; un hül lui traça les devoirs de sa charge y et il se trouva un hompie qui voulut bien de la couronne à ce prix. 11 s-’en repentit depuis et bien amèrement (i) ; mais ce n’est point là ee qui doit nous oocix**

(i) On. sait que Guillanme III ^ poussé. à bout par les chagrins et les affronts dont le parlement ne cessa presque pas un seul instant de l’abreuver, fut plus d’une fois tenté de jeter loin de lui cette couronne qui Ihi avoit antreFdis paru assez précieuse pour être acbe^ tée le pln« l^be' des crimes ' et par la violation dé»

droits les plus sacrés delà natpre,;,. I -i :

per. Noüs ne nous arrêterons point également à rechercher curieusement si les princes qui, jusqu’à ce jour, lui ont succédé, y ont mis plus de patience et de résignation. Quelles furent les fonctions de cette nouvelle royauté?, C’est ce qu’il s’agit d’examiner.

On ne lui ôta rien de ses honneurs et de son éclat. Le roi parut à la tête du gouvernement, environné de ministres auxquels furent partagés les diverses branches de la haute administration. Mais une loi déclara que ces ministres seroient responsables devant le Parlement ; et il suffît de cette seule loi pour anéantir sans retour le pouvoir royal, et le réduire à une vaine représentation. Et qu’on n’objecte point que celte responsahillté est vague, illusoire, à peu près impossible dans. l’exécution.' Elle existe, n’importe à quel titre; et c’est assez ; les ministres purent dès-lors l’invoquer pour se faire indépendans du roi. Ce fut en leur accordant et en leur refusant l’impôt, que le parlement leur prouva qu’il éloit leur véritable maître, et que sa majorité pouvoit à volonté les faire ou les défaire. Le seul droit que conserva le prince fut de nommer ceux qu’elle avoit désignés , de renvoyer ceux qu’elle avolt proscrits, et l’on sait que celle majorité n’a

jamais proscrit les plus corrompus, mais seu' lement ceux qui n’ont pas eu assez d’habileté pour la corrompre.

Que l’on suppose un parlement composé de deux chambres divisées d’intérêt; dont l’une soit purement aristocratique, et l’autre toute populaire : le jeu de cette machine s’arrête à l’instant même ; le roi redevient un despote , ou le peuple retombe dans l’anarchie; mais les apologistes eux-mêmes nous ayant de'claré que cette séparation des deux chambres n’est qu’une fiction politique habilement concertée pour flatter et calmer tout à la fois les passions popùlaires , et qu’un même intérêt anime èt dirige la plus grande partie de ces familles parlementaires, tout s’explique et se simplifie : la constitution angloise, avec ses trois pouvoirs dont on fait tant de bruit, n’est, au fond, qu’une grande aristocratie formant uri pouvoir UNIQUE, et tirant de son sein quelques ôlygarques , qu’elle charge d’administrer à son profit f et qu’elle révoque ou fait révoquer à son gré, dès quelle est mécontente de leur administration : car dire que c’est une monarchie, uniquement |)arce qu’il y a dans l’état une personne inviolable à laquelle on donne le nom de monarque , ce seroit une

dérision, tse roi n’a jamais tort ^ c’est là uné des maximes fondamentales de la constitution angloise : et, en effet, il seroit difficile qu’il eût jamais tort, puisqu’on lui a ôté le droit d’avoir jamais raison.

Au reste, le roi ouvre les séances du parlement avec un grand appareil ; il le convoque ou le proroge selon que , dans les conventions parlementaires faites avec les. ministres, il a été décidé qu’il seroit convoqué ou prorogé; et cette personne royale peut être justement considérée comme son grand maître des cérémonies.

Il est remarquable toutefois que ceci ne seroit point arrivé, si l’Angleterre avoit eu des frontières à défendre; si c’eût été pour elle une nécessité d’entretenir , sur son territoire , une armée , dont le’ roi est en tout pays le chef naturel ; et l’on sait que qui est maître de T armée i est maître de l’Etat (i). Mais

(i)Nos révolutionnaires le savent bien, et mieux que ceux dont leplns grand intérêt seroit de lesavoir. Nous dirons.plus: c’est tout ce qu’ils savent de la bonne et vraie politique ; ils n’ont si long-temps réussi que pour l’avoir su, et ils ne fondent pas sur une autre science l’espérance de leurs succès à venir.

, c«sl rocëan qui, de toutes parts, lui sert * de barrière; et celle situation physique n’a ■ pas médiocrement contribue à former et a maintenir celte combinaison unique des trois formes de gouvernement connues, dans laquelle rarlslocralie a triomphé de la monarchie, pour soutenir ensuite une guerre continuelle et acharnée contre la démocratie. Où en est cette guerre? quels en seront les inévitables résultats? C’est ce qui nous reste à examiner.

Nous avons montré combien étoit forte et puissante l’aristocratie angloise; et cependant nous n’avons point encore exprimé toute sa force toute sa puissance. Par une circonstance singullère, de tous les peuples chrétiens qui ont embrassé le protestantisme, la nation angloise est la seule q.ii, même temps quielle detruisoit l’autorité spirituelle de son cierge , lui conservoit son existence matérielle , c’est-a-dire ses biens, sa juridiction et son inOtience comme corporation. Ces biens sont considérables, celte iuridictlon est très-étendue, et tout ce qui en résulte de force vient encore corroborer le parlement, où le clergé anglican est continuelkmeiit représenté par les chefs de sa hiérarchie.

Ainsi , celle asseinblée est tout à la fois la puissance législative ( personne ne lui conteste cette qualité), exécutrice (nous avons démontré,, dans notre dernier article, que les ministres éloient entièrement sous sa dépendance, et loulà-fait indépendants du roi) , religieuse (le parlement décide en dernier ressort, et sans en excepter le dogme, de tout ce qui a rapport à la religion ); ainsi nous est offert daps ce gouvernement l’exemple d’une omnipotence qu’il ne nous semble pas qu’aucun autre gouvernement humain ail jamais possédée à un aussi haut degré. Aussi est-ce pour lui qu’a été inventée cette expression, depuis si niaisement répétée (i), et que l’on peut dire blasphématoire, puisque l’idée qu’elle renferme attribue à des hommes une plénitude de pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu.

Ce n’est pas tout encore : on auroit pn craindre que la partie mobile et élective de ce parlement, soumise aux chances variables dea élections populaires, n’y introduisît par degrés, une surabondance d’élémens étrangers à sa politique et à ses intérêts, et un principe toujours

(i ) O imüatorxs , tervum pecus I

croissant de divisions, qui eût miné sa force et menacé jusqu’à son existence : il en fut autrement. Lorsque tout changeoit dans la nation , le droit d’élection resta ce qu’il avoit été et où il étoit. Des bourgs ruinés, et dont quelques ruines attestoient seules l’existence , des villages presque déserts, et qui furent autrefois des villes florissantes, continuèrent de nommer et nomment encore leurs députés sous l’influence des grands propriétaires, jadis leurs seigneurs féodaux ; et beaucoup de cités nouvelles, riches et populeuses, n’ont point de représentants.

Ainsi continue de dominer l’aristocratie dans ces élections ; ainsi se maintient, dans le parlement, son unité d’action et de volonté.

Sidney comprenoit donc mal son propre gouvernement , lorsqu’il a dit a que la constitution angloise périroit le jour où la puissance législative y serolt plus corrompue que Vexécùtrice ; » et ce mot, qui a été souvent répété, que nous nous souvenons d’avoir répété nousmêmes, n’est au fond qu’une absurdité. Il doit être manifeste maintenant qu’il n’y a point de partage et de pondération de puissances dans le gouvernement anglois ; que la puissance exécutrice et la puissance législative, pour nous servir de X argot politique employé de nos

jours , n’y sont réellement qu’une seule et même chose. Elles sont concentrées toutes les deux dans le parlement d’où sortent sans cesse les ministres pour y rentrer sans cesse après en être ^ sortis; le tout n’y forme qu’une seule masse de corruption ; ces ministres et la majorité de celte assemblée étant constamment d’accord pour le partage des places, pour la levée des impôts,, pour ,se donner mutuellement toutes les lois qui sont nécessaires à leurs mutuels intérêts, sans que rien puisse apporter un obstacle légal ^ ce que celle-ci ordonne et ceux-là exécutent. , Certes, une telle puissance peut être appelée roonstmeuse ; et elle auroit déjà péri par l’excès même de sa force, si le corps social n’avoit eu en lui-même un principe d’opposition qui seul a pu, m^e en la combattant sans cesse, en modérer .l’action et en assurer la durée. Il n’est point de gouvernement, quelque violent qu’on le suppose, qui n’ait, à côté de lui, tm semblable principe de résistance et de conservation. C’est dans la religion que cette opposition prend le plus ordinairement sa source ; et la loi de Dieu, type de toute justice, est comme un roc élevé, au pied duquel viennent tôt ou tard se briser les passions des hommes et leurs lois tyranniques. Voilà ce que ne comprennent pbint t^nt d’ap-

prentis publicisles qui déclament contre le gouvernemeni absolu dans les sociétés chrétiennes, où une telle opposition morale fut toujours à son plus haut degré de force et de perfection; ce qui fait que ces sociétés éloient et sont encore les plus parfaites et les plus fortement constituées.

II n’y a point et il ne peut y avoir ici d’opposition religieuse : la religion est dans une entière dépendance du pouvoir politique; elle est devenue une branche deson administration. C’est dans le principe de la souveraineté du peuple que cette opposition a pris naissance. Lorsque le parlement luttoit contre la monarchie pour se meltrea sa place et se faire maître absolu, c’étoît lui-même qui formoit cette opposition ; elleétoit anarchique commele principe d’où elleétoit sortie; et ce même principe étant ensuite devenu celui delà puissance parlementaire, il en résulta queranarchle futconstiméedanscette assemblée en même temps que le despotisme, et en devint partie intégrante; toutefois avec cette différence qu’elle y fut toujours en minorité ^ et l’on conçoit que l’état périssoil à l’instant même, s’il en eût été autrement. Cette minorité anarchique, exclue des places uniquement parce qu’ellqgétoit minorité, et, sous ce rapport, inU'

lile à l’action du gouvernement, n’eut jamais qu’une seule pensée, ne tendit jamais qu’à un seul but : ce fut d’exciter des mouvemens parlementaires qui la fissent à son tour majorité. Alors, ses chefs étant portés au ministère, elle devint à son tour despotique, tandis que la majorité, vaincue et transformée en minorité, se précipita dans l’anarchie, afin de reconquérir ce qu’elle avoit perdu. Telle est cette effrayante bascule, sur laquelle montent et descendent tour à tour les whigs et les torys : tel est,’ en en dégageant toutes les quantités inutiles, ce gouvernement anglois, qui a trouvé tant de preneurs perfides et tant d’imbéciles admirateurs (i). ’

(i) Ce sera ici le lieu de relever une contradiction bien frappante , dans laquelle est tombé l’écrivain apologiste. Après avoir si solidement et si complètement démontré que les deux chambres ont une meme origine, un même esprit, les mêmes intérêts , il veut cependant y chercher des nuances qui les distinguent; et, toujours préoccupé de cette idée que l’Angleterre est encore une monarchie . il trouve que la chambre des communes est une aristocratie mitigée par le pouvoir du penp’e , et la chambre des pairs une aristocratie mitigée par la pouvoir royal. Il faut que cet écrivain se fasse une étrange idée de la royauté pour l’appeler

( -ia )'

^iusi donc, toutes les passipos ayapi toiles en jeu; l’ambition, la cupidité, l’orgue^^ étant san^ cc^e irrités et déchaînés dans une assemblée où domine la parole , où il est pernais, au nom du peuple souverain, d’exprimer toute .espèce d’opinion, d’attaquer ou de dé-; fian.dre, toute espèce de doctrine, les démagogues obligés qu’elle renferme, sachant que les paroles les plus licencieuses sont celles qui plaisent davantage à ce maître qui leur obéit sibien , y font sans cesse, du haut de la tribune, un appel aux passions populaires ; et les passions

encore un pouvoir, dans l’état où la constitution angloise l’a réduite; et sa vue est bien subtile, s’il découvre quelque différence, même la plus légère, entre denx membres de l’opposition , dont l’un parle dans la chambre haute, et l’autre dans la chambrebasse. Certes, kl y a ipdentité parfaite de langage et de principes entre lord Grey ou lord Holland, par exemple, et M. Brougham ou l’honorable Francis Burdelt ; de même que la majgiilé dp parlement , après son marché fait a<vec les ministres, vote pour eux aussi impexlurhablemeot et aysai régulièrement dpns la chambre haute que dans la chambre basse. Que l’on sophistique làdassus tant qulon voudra : tout se jréduit , en dernière ^analyse , h un pouvoir sans bornes et à une o]>position sans firein.

populaires leur répondent au moyen .de la Uberlé de la presse., qui est encore une condition nécessaire de la publicité des débats parlementaires, et le complément indispensable d’une opposition fondée, non sur des croyances qui unissent les esprits , mais sur des opinions qui la divisent. La liberté de la presse continue donc au dehors la guerre acharnée qui se fait au dedans; et, par un effet contraire qu’il est facile de concevoir , l’opposition retrouve , sur la place publique, la majorité qu’elle n’a pu obtenir dans les chambres ; une population indépendante du territoire et des familles féodales se presse autour de cette opposition anarchique , ne respirant elle-même que l’anarchie, menaçant sans cesse un despotisme parlementaire qui l’accable, et toujours, préparée pour les révolutions.

Celte population est celle des cités : c’est la partie industrielle et commerçante de la nation. Elle étoit foible encore aux premiers temps de la réforme , n’ayant alors ni grandes richesses ni véritable considération , rien enfin de ce qui pouvoit développer ce caractère d’arrogance et de mutinerie qui lui est propre, et qu’on lui a toujours et partout reproché. Cependant , dès cette époque , la politique des Tudors essayoit

de la faire sortir de son obscurité , étant bien loin de prévoir ce qui devoit un jour en arriver ; mais, par l’effet de plusieurs circonstances que ce n’est point ici le lieu de rappeler, ce ne fut que sous Charles 1" que le plan commercial de l’Angleterre commença à prendre une certaine consistance; et les expéditions maritimes que ce malheureux prince encouragea et favorisa étoient sans doute comme un aliment qu’il fournissoit aux passions de cette population turbulente qui commençoit à l’inquiéter et à le fatiguer. Cromwel publia immédiatement après lui le fameux acte de navigation ; et l’impulsion une fols donnée, il étoit impossible qu’elle s’arrêtât, et que la progression n’en fut pas toujours croissante, lorsque celte même population , qui s’accroissoit elle-même sans cesse par le développement continuel du commerce et de l’industrie, fut devenue, même avant la fin des Stuarts, l’opposition démocratique, un foyer d’anarchie toujours subsistant au sein de ce gouvernement, une puissance légalement rebelle, pour ainsi parler, et de jour en jour plus redoutable à la puissance légalement instituée. Il fallut donc satisfaire sonavidilé pour éteindre son ambition, et le monde entier lui fut offert comme une proie dont elle pouvoll s’emparer.

C’est ici que commence, avec la dette de l’Anf'leterre , un système nouveau de politique intérieure et extérieure, inoui dans les annales du monde , que l’œil suit avec une sorte d’effroi pendant tout le cours du dix-huitième siècle, dont les dernières conséquences, incalculables dans leurs effets, apparoissent déjà au commencement du dix-neuvième. Cette dette, sans exemple, puisqu’elle repose uniquement sur le fond mobile et variable de l’industrie et du * commerce , et que pouvoit seul créer un gouvernement qui tout à la fois propose et décrète l’impôt, sans aucune responsabilité, ni politique, ni administrative, ni même morale ; cette dette, qui s’est formée par raccumulatioii successive de capitaux fictifs, dont la rente est devenue elle-même un capital immense, a eu pour la nation angloise ce résultat, également sans exemple , de lui créer à volonté et comme par enchantement des trésors, des Ootles, des armées, des colonies, des ports, des canaux, des villes commercantes et manufacturières; de mettre simultanément entre les mains de sou gouvernement des ressources que les efforts réunis de plusieurs grandes monarchies n’auroient pu rassembler, et au moyen desquelles il a pu SC faire, pendant {dus d’un siècle, l'ar-

Litre et le corrupteur de la société chrétienne, le tyran , le conquérant et le monopoleur de presque tous les peuples qui sont hors de la chrétienté. Au moyen de cette dette , la nation a accru ses richesses sans mesure, et ses richesses ont eu pour résultat d’accroître sans mesure sa dette. C’est dans ce cercle vicieux qu’elle tourne encore et qu’elle tournera jusqu’à la fin, sans cesse penchée sur un abîme, et à l’instant même bouleversée jusque dans ses fondemens , si son commerce et son industrie s’arrêtoient un seul instant; poussée ainsi par une sorte de fatalité à considérer comme ennemie toute nation qui veut elle-même être industrieuse, commerçante, et s’aSrapchir des tributs qu’elle prétend imposer à toutes les nations ; favorisant le désordre moral des peuples partout où elle suppose que ses intérêts matériels sont menacés; essayant de soumettre les lois étemelles de l’ordre social aux combinaisons de l’ordre factice et précaire sur lequel reposent sa fortune et ses destinées; arrivée enfin aujourd’hui à ce point auquel elle devoit inévitablement arriver, d’effrayer l’Europe entière, qu’elle a si long-temps abusée et séduite, et qui, dût le salut de l’ Angleterre en être compromis, paroît résolue à ne l>lus se laisser trom-

per par ses diplomates , ni dépouiller par ses commerçans et ses manufacturiers.

Et cependant nous n’avons point encore découvert la partie la plus sombre de ce sinistee tableau : cette population commerçante et manufacturière s’est multipliée dans la proportion de ce mouvement prodigieux imprimé à toutes les industries mercantiles, et par suite de celte mobilisation rapide et continuelle d’une fortune publique dont les signes représentatifs sont partout , dont le capital n’est nulle part , des villes populeuses se sont élevées de tous côtés, dans lesquelles sont entassées des multitudes qui vivent uniquement de l’industrie , comme l’autre portion du peuple vit de la terre, c’est-à-dire dont l’existence est aussi précaire que l’existence de celle-ci est assurée. Là tout équilibre , toute juste dispensation des produits et deà travaux sont détruits ; là s’élève l’extrême opulence à côté de l’extrême misère ; là se trouvent toutes les corruptions qui naissent de ces deux excès , là les chefs et les instrumens de cette opposition anarchique que nous avons si souvent signalée; déjà elle forme comme une nation à part qui , chaque fois qu’elle croit en trouver une occasion favorable, lève l’étendard de la révolte , et que celte autre

ùon soumise et agricole ne peut plus que difficilement contenir. Cette nation nouvelle marche sous des chefs démocratiques que le commerce a gorgés de richesses , et qui veulent maintenant leur part du pouvoir. C’est vainement que l’état succombe sous le poids des taxes pour nourrir cette race formidable de prolétaires lorsqu’il ne peut l’occuper ; c’est vainement que cette même dette qui cause tous ses maux , attachant presque toutes les fortunes particulières à la fortune publique , a créé des intérêts communs et purement matériels , que l’on appelle esprit national y qui, jusqu’à un certain point, tiennent lieu de cet esprit, et sont comme une barrière derrière laquelle le gouvernement trouve un dernier refuge; les passions qui fermentent autour de lui sont plus fortes, elles sont aveugles et sourdes; la démocratie veut régner à son tour , et prétend que l’aristocratie lui cède la place qu’elle a usurpée sur la mqnarcbie : reforme parlementaire ! voilà le cri de ralliement de ce parti de jour en jour plus furieux, plus menaçant (i).

(i) Les débats à jamais mémorables du parlement , à l'occasioD de la guerre d’Espagne , viennent de nous en offrir un effrayant exemple , et pour ne pas se jeter

et ceue barrière qu’om élevée l'avarice el ila cupidité sera bientôt iropfoible pour le contenir;

Cependant, tel est le cercle dans lequel s’est renfermé le gouvernement anglois, que, tandis qu’il est dévoré de ce mal intérieur , c’est aii^ dehors qu’il est forcé d’en chercher les re-' mèdes , ou plutôt les palliatifs. C’est dans l’Inde, dans l’Amérique ,'dans:toutes les'par^* lies du monde que sont raainlenant ses destinées ; c’est partout, excepté eliez lui , <pie sont ses points d’appui. 11 faudroit, pour bien faire, qu’il pût éternellement troubler le vieux monde,, et tyranniser le nouveau j et tout son^édificecroulera le jour où l’univers entier aura dé-’ cidé de se soustraire à son joug et d’échapper à< ses artifices. '11 y a quelque- heu de croire que ce jour approche, et que le grand problème qui occupe depuis si long-temps-' la -société ne tardera point à être résolu-. '

L’apologiste qui serviroit de guide efd’au-

dans cette guerre dont Des suites pouvoient araucer la catastrophe qu’ils redoutent, on a vu les‘ niinîSlres réduits à ia nécessité honteuse d’employer le langage du radicalisme , el de le flatter bassement pdur''calmer ses fureurs. ,r i- - i-

Irrité à l’auteur du livre dont nous venons d’«nbra$s «0 le plan et de tracer ranalyse , semble prévoir lui- même et redouter cette grande wtastrophe pour la plus, parfaite àes consdiutions , e4 »« balance point à déelarer que plutôt que de se livrer aux liorreufS.de l’anarchie , la nation ««igloise chercheroitt son salut dans le despotisme. Nousi ne pensons pas que le de^tisme. pùt désormais la sauver do l’anarchie; mais le oathoucmmb» ce grand véy paaateur des sociétés, l’environne, la presse de tputes parts , lui.quvre son sein , où U Tinvito à se jeter (i) : d’eUe-rmême le fèra*t*-eUe? Doitelle, traverser des flo^.de- sang pour revenir à l-uaité? Puisse le ciel lui épargner ce dernier malheur, qui ressernhleroit à un grand châtiaient 1 Mbis , quoi qu’il arrive, il est impossible qu’qllb demeure long-temps, encore ce qu’elle est, :«t par. rapport à elle-même et par rapport au monde civilisé, S.,V.

(i) Le uombre des catholiques augmente en Angleterre de jour en jour , et dans la progression la plus rapida,..U,;fflrwdéjà plu», d’un vingtième de, la popuçi^DOflahfe.suigmentWOÙ, pl“* rapideina)aiV«PC.W “ l’on pe,

y, l9n;,pç|uxant à ppmç .sidiâre'â lpurs fppftiops auprès de plus de six cent mille convertis.

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