VulcçairenieiU appelé le Poqqe
permis d'ajouter que Socrate fut en effet condamné comme Jean Hus et Jérôme de Prague, pour s'être attiré l'inimitié des sophistes et des prêtres de son temps : mais cijuelle jUil'éreiice entre les mœurs d'Athènes et celles du concile de Constance, entre la coupe d'un poison doux, qui, loin de tout appareil horrible et infâme, laissa expirer tranquillement un citoyen au milieu de ses amis'; et le suppHce épouvantable du feu, dans lequel des prêtres, ministres de clémence et de paix, jetaient d'autres prêtres, trop opiniâtres sans doute, mais d'une vie pure et d'un courage admirable !
Puis-je encore observer que dans ce concile un homme accusé de tous les crimes ne perdit que des honneurs-, et que deux hommes accusés d'avoir fait de faux arguments furent livrés aux flammes?
Tel fut ce fameux concile de Constance, qui dura depuis le 1" novembre 1413 jusqu'au 20 mai 1418.
Ni l'empereur ni les pères du concile n'avaient prévu les suites du supplice de Jean Hus et d'IIiéronyme. II sortit de leur cendre une gj^^erre civile^. Les Bohémiens crurent leur nation outragée; ils imputèrent la mort de leurs compatriotes à la vengeance des Allemands retirés de l'université de Prague. Ils reprochèrent à l'empereur la violation du droit des gens. Enfin, peu de temps après (1419), quand Sigismond voulut succéder en Bohême à Venceslas son frère, il trouva, tout empereur, tout roi de Uongrie qu'il était, que le bûcher de deux citoyens lui fermait le chemin du trône de Prague. Les vengeurs de Jean llus étaient au nombre de quarante mille. C'étaient des animaux
1. Voy. le Phédon He Platon. — Il y aurait bien à dire sur ce poison « doux». L'intolérance est du moins
2. Le pape Jean XXIII, mais aju-ès trois ans d'emprisonnement.