Bossuet ue l'euteuduit pas
ainsi. L'enseignement clirélien, à son gré. même dans l'oraison funèbre, passait l)ien avant l'intérêt dramatique. Voltaire juge de ces choses en profane. — Voy. plus haut, p. âOUetla note 1.
en inventa un nouveau, qui ne pouvait guère avoir de succès qu'entre ses mains. 11 appliqua l'art oratoire* à l'histoire même, qui semble l'exclure. Son Discours sur riiisloire universelle, composé pour l'éducation du dauphin, n'a eu ni modèle, ni imitateurs. Si le système qu'il adopte, pour concilier la chronologie des Juifs avec celle des autres nations, a trouvé des contradicteurs chez les savants, son style n'a trouvé que des admirateurs. On fut étonné de cette force majestueuse dont il décrit les mœurs, le gouvernement, l'accroissement, et la chute des grands empires; et de ces traits rapides d'une vérité énergique, dont d peint et dont il juge les nations-.
Presque tous les ouvrages qui honorèrent ce siècle étaient dans un genre inconnu à l'antiquité. Le Télémaque est de ce nombre. Fénelon, le disciple, l'arni de Bossuet, et depuis devenu malgré lui son rival et son ennemi, composa ce livre singulier, qui tient à la fois du roman et du poème, et qui substitue une prose cadencée à la versification. 11 semble qu'il ait voulu traiter le roman' comme M. de Meaux avait traité l'histoire, en lui donnant une dignité et des charmes inconnus, et surtout en tirant de ces fictions une morale utile au genre humain, morale entièrement négligée dans presque toutes les inventions fabuleuses. On a cru qu'il avait composé ce livre pour servir de thèmes et d'instruction au duc de Bourgogne, et aux autres enfants de France, dont il fut le précepteur, ainsi que Bossuet avait fait son Histoire universelle pour l'éducation de Monseigneur. Mais son neveu, le marquis de
1. Voltaire se trompe sur le sens du mol fl?scoî«'s qui signifiait alors, comme au xvi" siècle, raisonnement, dissertation, et non pas ouvrage oratoire. Mais il est vrai que
Vnrt (ou mieux Vaccent) oratoire se trouve partout chez Bossuet.
2. Ce jugementne convientqu'à la troisième partie du Discours,