‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 17 sur 259 · li;'itio en 1533. ) 2. Le traité du Monde · texte numérisé non relu

li;'itio en 1533. ) 2. Le traité du Monde

Pérou. Les Chinois et les Japonais, selon d'antres, envoyèrent des colonies en Amérique, et y tii'ent passer des jaguars/' pour leur divertissement, quoique ni le Japon ni la Chine n'aient de jaguars. C'est ainsi que souvent les savants ont raisonné sur ce que les hommes de génie ont inventé. On demande qui a mis des hommes en Amérique : ne pourraiton pas répondre que c'est celui qui y fait croître des arbres et de l'herbe?

La réponse de Colombo à ces envieux est célèbre. Ils disaient que rien n'était plus facile que ses découvertes. 11 leur proposa de faire tenir un œnf debout; et aucun n'ayant pu le faire, il cassa le bout de l'œuf, et le fit tenir. (( Cela était bien aisé, dirent les assistants. — Que ne vous en avisiez-vous donc? » répondit Colombo. Ce conte est'' rapporté du Brunelleschi, grand artiste', qui réforma l'architecture à Florence longtemps avant que Colombo existât. La plupart des bons mots sont des redites.

La cendre de Colombo ne s'intéresse plus à la gloire qu'il eut pendant sa vie d'avoir doublé pour nous les œuvres de la création; mais les hommes aiment à rendre justice aux morts, soit qu'ils se flattent de l'espérance vaine qu'on la rendra mieux aux vivants, soit qu'ils aiment naturellement la vérité. Americo Vespucci, que nous nommons Améric Vcspuce. négociant florentin, jouit de la gloire de donner son nom à la nouvelle moitié du globe, dans laquelle il ne possédait pas un pouce déterre ; il prétendit avoir le premier découvert le continent-. Quand il serait vrai qu'il eût fait cette découverte, la gloire n'en serait pas à lui ; elle appartient incontestablement à celui qui eut le génie et le courage d'entreprendre le premier voyage. La gloire, comme dit Newton dans sa

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