ROI DE POLOGH^E, DUC DE LORRAINE ET DE BAR
Le 29 août, à neuf heures trois quarts du matin (1740) '.
Sire, il faut s'adresser à Dieu quand on est en paradis. Votre Majesté m'a permis devenir lui faire ma cour jusqu'à la fin de l'automne, temps auquel je ne puis ine dispenser de prendre congé de Votre Majesté. Elle sait que je suis très malade, et que des travaux continuels me i^etiennent dans mon appartement autant que nies souffrances. Je suis forcé de supplier Votre Majesté qu'elle ordonne qu'on daigne avoir pour moi les bontés nécessaires et convenables à la dignité de sa maison, dont elle honore les étrangers (pii viemienl à sa cour. Les rois sont, depuis Alexandre, en possession de nourrir les gens de lettres, et (juaiid Virgile était chez Auguste, Alliotus, conseiller aulique d'Augusle, faisait donner à Virgile du pain, du vin et de la chandelle. Je suis malade aujourd'hui, et je n'ai ni pain ni vin pour diner. J'ai l'honneur d'être avec ini profond respecl, Sire, de Votre Majesté, le très liundjle, etc.
1. Ix 29 août, à neuf lieuriis (lu rnatin, Voltaire se trouvant à Luiirvillo, écrivait un hillel pressant à M. Alliol, conseiller aulique et commissaire gênerai , striclcincnt économe, de la maison du roi Stanislas : il demandait les vivi-es nécessaires, dans rim)iossibililé où il se disait de se rendre à la tahie commune, l^as de résultat.
In qiiarl d'heure après, il réilère sa sommation. Eulin, à neuf heures
trois quai'ls, il soumet ses doléances au roi lui-même. Stanislas, ])Our toute réponse, renvoya le billet de Voltaire à son zélé serviteur, qui répliqua directement au poète par une Icllre impertinente.
Il est probable que Voltaire se tint poui'liallu.Ajoulons qu'Ail iot, dévot pcrsoMuage, faisait partie, à la cour de L'jiiaine, du petit groupe qui supportait ivnpaliemmeni la faveur du roi pour l'iiisigne mécréant.
CORRESPONDANCE