Entre Kœnig et Maupcrluis
2. George Keitli, iiiilord Maréchal (ainsi nommé parce que le litre <it,' grand maréchal d'Ecosse était héréditaire dans sa famille), était nu jacobite exilé, que Frédéric, pour faire pièce au roi George d'Angleterre, avait nommé en 1751 son ministre en France. Il compta i)arnii les protecteurs de J.-J. Rousseau.
— '( Milord Maréchal, écrit Mme Denis à la date du 26 août, s'est tué de désavouer à Versailles, et dans
toutes les maisons, tout ce qui s'est passé à Francfort. Il a assuré, de la part de sou maître, qu'il n'y avait point de part. »
3. Nièce de Voltaire, sœur cadette de Mme Denis. Elle avait épousé en 1738 Nicolas de Dompicrrc, seigneur de Fontaine-Hornoy (en Picardie), trésorier de Frauce au bureau des finances d'Amiens; elle se maria eu secondes noces (17f>2» au marquis de Floriau, oncle du célèbre fabuliste.
CORRESPONDANCE
siasme aux avances singulières que le roi de Prusse m'a faites pendant quinze années de suite, on a grande raison ; mais si on entend que j'ai été son sujet, et que j'ai cessé un moment d'être Français, on se tromi)e. Le roi de Prusse , ne l'a jamais prétendu, et ne me l'a jamais proposé. Il ne! m'a donné la clef de chambellan que comme une marque de bonté, que lui-même appelle frivole dans les vers qu'il fit pour moi, en me donnant cette clef et cette croix que j'ai remises à ses pieds. Cela n'exigeait ni serments, ni fonctions, ni naturalisation. On n'est point sujet d'un roi pour porter sou ordre. M. de Couville, (pii est en Normandie, a encore la clef de chambellan du roi de Prusse, qu'il porte comme la croix de Saint-Louis.
11 y aurait bien de l'injustice à ne pas me regarder comme Français, pendant que j'ai toujours conservé ma maison à Paris, et que j'y ai payé la capilalion*. Peut-on prétendre sérieusement que l'auteur du .S'ïèc/e de Louis XIV u n'est pas Français? Oserait-on dire cela devant les statues de Louis XIV et de Henri IV; j'ajouterai même de Louis XV, parce que je suis le seul académicien qui fis èon Panégyrique quand il nous donna la paix 2? et lui-même a ce Panégyrique traduit en six langues.
Il se peut faire que Sa Majesté prussienne, trompée par mon ennemi Maupertuis et par un mouvement de colère, ait irrité le roi mon maître contre moi; mais tout cédera à sa justice et à sa grandeur d'âme. Il sera le premier à demander au roi mon mailre qu'on rne laisse finir mes jours dans ma patrie; il se souviendra qu'il a été mon disciple, et que je n'emporte rien d'auprès de lui que l'honneur de
1. Taxo par tète (d'où son nom), L'(al)lie pour la prcmièro fois, et ù litre extraordinaire, par les Etals généraux de 1356; elle ne devint
définitive qu'en 1701; e(le était (ixéc pour chacun suivant sa fortun<' cl sa qualité.