Dans la Lettre sur les spec tacles
5 Ne en 1719, mort en 1776. H avait collaboré aux feuilles de Desfontaines; en 1716, il (ond.l luimême un journal littéraire, Lettres de In comtesse de'" sur quelques écrits modernes (1746) ; après la suppression de cette feuille, il entreprit les Lettres sur quelques écrits de ce temps, qui devinrent en 1754 l'Année littéraire. Fréron était un violent adversaire des philosophes, entre autres de Voltaire, et ses attaques ne manquaient pas toujours d'esprit. Voltaire le cribla d'injures dans ses pamphlets et ses satires (voy. notamment le Pauvre Diable), et fit représenter celte année-là même sa comédie de l'Écossaise, où Fréron était drapé sous le nom de Frelon, puis de Wasp.
6. Le Franc de Pompignan, né en 1700, mort en 1784; président
m'avoir vilipendé cinq ou six ans de suite, à ce que m'ont assuré des gens qui lisent les brochures; l'autre, pour m'avoir désigné en pleine Académie comme un radoteur qui a farci l'histoire de fausses anecdotes. J'ai été très tenté de le mortifier par une honue justilication, et de faire voir que l'anecdote de i'ilonnne au masque de fer, celle du testament du roi d'Espagne Charles 11', et autres semblables, sont très vraies, et que, quand je me mêle d'être sérieux, je laisse là les fictions poétiques.
J'ai encore la vanité de croire que j'ai été désigné dans la foule de ces pauvres philosophes (jui ne cessent de conjurer contre l'État, et qui certainement sont cause de tous les malheurs qui nous arrivent; car enfin j'ai été le premier qui aie écrit en forme* en faveur de l'attraction, et contre les grands tourbillons ^ de Descartes, et contre les petits tourbillons de Malebranche; et je défie les plus ignorants, et jusqu'à Fréron lui-même, de prouver que j'ai falsifié en rien la philosophie nevvtonienne. La société de Londres a approuvé mon petit catéchisme d'attraction. Je me liens donc comme très coupable de philosophie.
Si j'avais de la vanité, je me croirais encore plus criminel, sur le rapport d'un gros livre intitulé l'Oracle des nonveait.v philosophes*, lequel est parvenu jusijue dans ma retraite. Cet oracle, ne vous déplaise, c'est moi. 11 y aurait
tle la cour des aides de Montaulian, poète tragique et lyrique de quelque mérite, il venait d'être élu à l'Académie grâce à la protection de la reine, et avait consacré sou discoui-s de réception à ilétrir les écrivains du parti pliilosopliique. Voltaire le couvrit de ridicule, et il n'osa plus reparaître à l'Académie. (Voy. noire livre les Philosophes et l'Académie
française au dix-huitième siècle, p. 73 et suiv.)