‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 234 sur 259 · Mlle Corneille. Il l'appelle Cor · texte numérisé non relu

Mlle Corneille. Il l'appelle Cor

nélie, Chimène, ou plus familièrement Cornélie-Chiffon .

3. Sur Lebrun , voy. page 378, note ô. — Titon du Tillet, auteur du Parnasse français (recueil de médailles, accompagné d'un ouvrage explicatif, dont la première édition > est de 1729), avait le premier signalé/ Mlle Corneille au public, dans une lettre du 20 mars 17t)0, adressée à VAnnée littéraire de Fréron.

CORRESPONDANCE

être mieux. Nous allons reprendre nos leçons d'orthographe. Le premier soin doit être de lui faire parler sa langue avecsimplicité et avec noblesse. Nous la faisons écrire tous les jours : elle m'envoie un petit billet, et je le corrige : elle me rend compte de ses lectures : il n'est pas encore temps de lui donner des maîtres ; elle n'en a point d'autres que ma nièce et moi. Nous ne lui laissons passer ni mauvais ternies ni prononciations vicieuses; l'usage amène tout. Nous n'oublions pas les petits ouvrages de la main. Il y a des heures pour la lecture, des heures pour les tapisseries de petit point Je vous rends un compte exact de tout. Je ne dois point omettre que je la conduis moi-même à laJ messe de paroisse '. Nous devons l'exemple, et nous le don- \y^ nous. Je crois que M. Titon et M. Le Brun ne dédaigneront point ces petits détails, et qu'ils verront avec plaisir que leurs soins n'ont pas été infructueux. Je souhaite à M. Titon ce qu'on lui a sans doute tant souhaité, les années du mari de l'Aurore-. Dites, je vous prie, à M. Le Brun que jiersonne ne lui est plus obligé que moi. On dit que son Ode a encore un nouveau mérite auprès du public par les impertinences de ce malheureux Fréron. Il est pourtant"^ bien honteux qu'on laisse aboyer ce chien. Il me semble l qu'en bonne police on devrait étouffer ceux qui sont attajj qués de la rage.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

1. Ceci est en réponse à l'iiisiuuatioii faite par Fréron, que Mlle Corneille recevrait à Ferney une éducation impie.

2. Ou connaît la légende de Titlion, frère de Priam et époux de l'Aurore. L'Aurore avait obtenu

pour lui l'immortalité; mais elle avait omis de demander qu'il eût une éternelle jeunesse, cl il devenait )dus décrépit tous les jours, tant (ju'enlln ce lui fut une grâce d'être inétaniorpliosé en cigale. — Titou du Tillet avait 83 ans.

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