‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 45 sur 259 · Le cube de i et le carré de · texte numérisé non relu

Le cube de i et le carré de

i. lîeniarquer celle condamnation de la religion d'État, glissée là en passant.

ce prince. Je sais de celui qui m'a confié les principaux mémoires de celte histoire', que Charles XII fut lutiiérien de bonne foi jusqu'en 1707. 11 vit alors à Leipsick le fameux philosophe M. Leibniz, qui pensait et parlait librement, et \/ qui avait déjà inspiré ses sentiments libres à plus d'un prince. Je ne crois pas que Charles Xll puisa, comme on l'avait dit, de l'nidiiférence pour le luthéranisme dans la conversation de ce philosophe, qui n'eut jamais l'honneur de l'entretenir qu'un quart d'heure; mais M. Fabrice, qui approcha de lui familièrement sept années de suite, m'a dit que dans son loisir chez les Turcs, ayant vu plus de diverses religions, il étendit plus loin son indillerence. La Molraye'-* même, dans ses Voyages, confirme cette idée. Le comte de Croissi' pense de même, et m'a dit plusieurs fois que ce prince ne conserva de ses premiers principes que celui d'une prédestination absolue, dogme qui favorisait son — courage, et qui justifiait ses témérités. Le czar avait les mêmes sentiments que lui sur la religion et sur la destinée; mais il en parlait plus souvent; car il s'entretenait familièrement de tout avec ses favoris, et avait par-dessus Charles l'étude de la philosophie* et le don de l'éloquence.

( Charles XII, liv. VIII. )

Page 1