‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 44 sur 259 · Voltaire dit un peu plus haul · texte numérisé non relu

Voltaire dit un peu plus haul

« Il ci-oynil f(ue tous ses sujets u'élaiciit nés que pour le suivre à la guerre, et il les avait accoutumés à le croire aussi. On enrôlait des jeunes gens de quinze ans: il ne resta dans plusieurs villages que des vieillards, des enl'anls et des femmes: on voyait niènic, en beaucoup d'endroits, des fen:nies seules labourer la terre....

Il n'y eut point d'extorsions que l'on n'inventât sous le nom de taxe et

d impôt. Un fit la visite dans toutes les maisons, et on en tira la moitié des provisions pour être mises dans les magasins du roi ; on acheta pour son coinpte tout le fer qui était dans le royaume, que le gouvernement paya en billets et r|u'il vendit en argent. Tous ceux qui porlaient des babils où il entrait de la soie, qui avaient des jterruques et des épées dorées furent taxés. On mit un impôt excessif sur les cheminées.... »

EXTRAITS EN PllOSE DE VOLTAIRE.

parlait très peu et ne répondait souvent que par ce rire dont il avait pris l'habitude. On observait à sa table un silence profond. Il avait conservé, dans l'inflexibilité de son

' caractère, cette timidité qu'on nomme mauvaise honte. Il eût été embarrassé dans une conversation, parce que s'étant donné tout entier aux travaux et à la guerre, il n'avait jamais connu la société. Il n'avait lu jusqu'à son loisir chez les Turcs que le* Commentaires de César et VHisloire d'Alexandre; mais il avait écrit quelques réflexions sur la guerre et sur ses campagnes depuis 1700 jusqu'à 1709. Il l'avoua au chevalier de Folard' , et lui dit que ce manuscrit avait été perdu à la malheureuse journée de Pultava. Quelques persoinies ont voulu faire passer ce prince pour un bon mathématicien; il avait sans doute beaucoup de pénétration dans l'esprit; mais la preuve que l'on donne de ses connaissances ^matliémali.^UÊ.- n'est pas bien concluante; il voulait changer la manière de compter par dizaine, et il proposait à la place le nombre soixante-quatre, parce que ce nombre contenait à la fois un cube et un carré ^, et qu'étant divisé par deux, il était enlln réductible à l'unité. Cette idée prouvait seulement qu'il aimait en tout l'extraordinaire et le difficile.

A l'égard de sa religion, quoique les sentiments d'un

n/ prince ne doivent pas influer sur les autres hommes*, et que l'opinion d'un monarque aussi peu instruit que Charles ne soit d'aucun poids dans ces matières, cependant il faut satisfaire sur ce point comme sur le reste la curiosité des hommes qui ont eu les yeux ouverts sur tout ce qui regarde

1. Cot oflicier français, écrivain militaire cl savant tacticien, moi'l en 1752, était alors au service du roi (le Suède.

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