‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 53 sur 259 · Eu ua si pelil corps · texte numérisé non relu

Eu ua si pelil corps

2. Il s'agit de l'expédition envoyée au pôle nord (1736), pour mesurer

un degré du méridien, sous la conduite de Maupertuis, — Voyez /»itrotl.^ p. XIV.

Expériences et raisonnements des deux voyageurs

-Micromégas étendit la main tout doucement vers i'endi'oit où l'objet paraissait, et avançant deux doigts, et les retu'anl par la crainte de se tromper, puis les ouvrant et les serrant, il saisit fort adroitement le vaisseau qui portait ces messieurs, et le mit encore sur son ongle sans le trop presser de peur de i"écraser. « Voici un animal bien dilTérent du premier, « dit le nain de Saturne; le Sirien mit le prétendu animal dans le creux de sa main. Les passagers et les gens de l'équipage, qui s'étaient crus enlevés par un ouragan, et qui se croyaient sur une espèce de rocher, se mettent tous en mouvement; les matelots prennent des tonneaux de vin, les jettent sur la main de Micromégas, et se précipitent après. Les géomètres prennent leurs quarts de cercle, leurs secteurs, deux filles laponnes S et descendent sur les doigts du Sirien. Ils en tirent tant, qu'il sentit enfin remuer quelque chose qui lui chatouillait les doigts; c'était un bâton ferré qu'on lui enfonçait d'un pied dans l'index : il jugea par ce picotement, qu'il était sorti quelque chose du petit animal qu'il tenait; mais il n'en soupçonna pas d'abord davantage. Le microscope, qui faisait à peine discerner une baleine et un vaisseau, n'avait point de prise sur un être aussi imperceptible que des hommes. Je ne prétends choquer ici la vanité de personne, mais je suis obligé de prier les importants de faire ici une petite remarque avec moi; c'est qu'en prenant la taille des 'hommes d'environ cinq

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