‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 70 sur 259 · A lie regarder que la (luaiitilé des matières · texte numérisé non relu

A lie regarder que la (luaiitilé des matières

lôO EXTRAITS EN PROSE DE VOLTAIRE

M. LE DUC. — Ah ! madame, vous êtes bien plus digne d'èlre à la tèle de notre cour.

Madame de Pompadour. — Madame aurait été trop dangereuse puur moi.

TcLLiA. — Consultez vos beaux miroirs faits avec du sable, et vous verrez que vous n'aurez rien à craindre. Eh bien ! monsieur, vous disiez donc le plus poliment du monde que vous en savez beaucoup plus que nous?

M. LE DLc. — Je disais, madame, que les derniers siècles sont toujours plus instruits que les premiers, à moins qu'il n'y ait eu quelque révolution générale qui ait absolument détruit tous les monuments de l'antiquité. Nous avons eu des révolutions horribles, mais passagères; et dans ces orages on a été assez heureux pour conserver les ouvrages de votre père et ceux de quelques autres grands hommes ; ainsi le feu sacré n'a Jamais été totalement éteint, et il a produit à la fin une lumière presque universelle. >"ous sifllons les scolastiques barbares (pii ont régné longtemps parmi nous; mais nous respectons Cict-ron et tous les anciens qui nous ont appris à penser. Si nous avons d'autres lois de physique que celles de votre temps, nous n'avons point d'autre règle d'éloquence, et voilà peut-être de quoi terminer la querelle entre les anciens et les modernes*.

(Toute la compagnie fut de l'avis do M. le duc. On alla ensuite à l'opéra de Castor et Polliix'. TuUia fut très contente des paroles et de Lt niusii|ue, quoi qu'on dic^. Elle avoua qu'un tel spectacle valait mieux qu'un combat de gladiateurs.)

1. Eu fait, la quorcllfi entre les anciens et les modernes était fort calmée depuis ujic quarantaine d'années. Les idéfs de La Motte et

l)lcs aux modernes, étaient pénéralemrnt reçues au wiii" siècle.

Page 1