Voy. Inlrud., \k xvi
2. Ihi domestique de Louis XVmgnilic un olTiciordc la maison royale.
ô. C'est le pelit-noven de la célélire duchesse de La Valliêre.
i. Célèbre courlisan et diplomate, réputé en outre comme fabuliste, membre de l'Académie française, mort en 17'J8. Ce grand seigneur se signala |)ar son zèle pour la liberté
Il fut grand fauconnier de France, littéraire : les gens de lettres l'ont et mourut en 17S0; c'était un récompensé par des louanges fort bibliopliilc distingué. I au-dessus de sou talent.
pédiques', qui nous ont coûté chacun cent pistoles : nous y trouverions bientôt la décision de toutes nos questions. »
Le roi juslilia sa confiscation ; il avait été averti que les vingt et un volumes in-folio (jifon trouvait sur la toilette de toutes les dames étaient la chose du monde la plus dangereuse pour le royaume de France; et il avait voulu savoir par lui-même si la chose était vraie, avant de permettre qu'on lût ce livre. 11 envoya sur la fin du souper chercher un exemplaire par trois garçons de sa chambre, cpii apportèrent chacun sept volumes avec bien de la peine.
On vil à l'article PoM(/re que le duc de La Vallière avait raison ; et bientôt Mme de Pompadour apprit la différence entre l'ancien rouge d'Espagne, dont les dames de Madrid coloraient leurs joues et le rouge des dames de Paris. Elle sut que les dames grecques et romaines étaient peintes avec de la pourpre qui sortait du murex, et que par conséquent notre écarlale était la pourpre des anciens; qu'il entrait plus de safran dans le rouge d'Espagne, et plus de cochenille dans celui de France.
Elle vil connue on lui faisait ses bas au métier, et la machine de cette manœuvre la ravit d'étonnement. (( Ah! le beau livre! s'écria-t-elle. Sire, vous avez donc confisqué ce magasin de toutes les choses utiles pour le posséder seul, et pour être le seul savant de votre royaume? »
Chacun se jetait sur les volumes comme les filles de Lycomède sur les bijoux d'Ulysse; ciiacun y trouvait à rinstant tout ce qu'il cherchait. Ceux qui avaient des
1. L'Eiici/clopédie, après la publiealioii du Vil' volume, avait été interdite par le Conseil du roi, et le privilège des imprimeurs révoqué (février 1759). Grâce à Tardeur in-
fatigable de Diderot, et à la faveur d'une demi-loléraïu-e, l'ouvrage pui être continué, et les derniers volumes furent distribués aux souscripteurs en 1766.
procès étaient surpris d'y voir la décision de leurs affaires. Le roi y lut Ions les droits de sa couronne. « Mais vraiment, dit-il, je ne sais pourquoi on m'a dit tant de mal de ce livre. — Eh! ne voyez-vous pas, sire, lui dit le duc de Nivernois, que c'est parce qu'il est fort bon ?0n ne se déchaîne contre le médiocre et le plat en aucun genre. Si les femmes cherchent à donner du ridicule à une nouvelle venue, il est sûr cju'elle est plus jolie qu'elles. »
Pendant ce temps-l.à on feuilletait; et le comte de C...* dit tout haut : « Sire, vous êtes trop heureux qu'il se soil trouvé sous votre règne des liommes capables de connaître tous les arts, et de les transmettre à la postérité. Tout est ici, depuis la manière de faire une épingle jusqu'à celle de fondre et de pomter vos canons, depuis l'infiniment petit jusqu'à l'infinnnent grand. Remerciez Dieu d'avoir fait naître dans votre royaume ceux qui ont servi ainsi l'univers entier. Il faut que les autres peuples achètent l'Encyclopédie ou qu'ils la contrefassent. Prenez tout mon bien si vous voulez; mais rendez-moi mon Encyclopédie.
— On dit pourtant, repartit le roi, qu'il y a bien des fautes dans cet ouvrage si nécessaire et si admirable.
— Sire, reprit le comte de C..., d y avait à votre souper deux ragoûts manques ; nous n'en avons pas mangé, et nous avons fait très bonne chère. Auriez-vous voulu qu'on jetât tout le souper par la fenêtre, à cause de ces deux ragoûts? » Le roi sentit la force de la raison ; chacun reprit son bien : ce fut un beau jour.
L'envie et l'ignorance ne se tinrent pas pour battues; ces deux sœurs immortelles continuèrent leurs cris, leurs cabales, leurs persécutions : l'ignorance en cela est très savante.
i. De Coigny, dit Bciiclmt. — 1 drait /e r/«c. Cette initiale me pa- C'est une erreur inaiiil'este; il tau- 1 rail désigner un personnage fictif.
Qu'aniva-t-il? Les étrangers firent quatre éditions de cet ouvrage français proscrit en France, et gagnèrent dix- Jiiiit cent mille écus.
Français, tâchez dorénavant d'entendre mieux vos intérêts.