‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 82 sur 259 · Voltaire fait l'innocent et essaie de donner le change · texte numérisé non relu

Voltaire fait l'innocent et essaie de donner le change

avec sa famille auprès du Caucase, où il cultivait son jardin'.

Mais, comme dit le poète persan Uorace, principibus placuisse viris, non vlliina Unis est-. 11 y avait a la cour d'Artaxercès un principal satrape, et son nom était Elochivis^, comme qui dirait habile, généreux et plein d'esprit, tant la langue persane a d'énergie*. Non seulement le grand satrape Elochivis versa sur le jardin de ce bonhomme les douces influences de la cour, mais il fit rendre à ce territoire les libertés et les franchises dont il avait joui du temps de Cyrus^; et de plus, il favorisa une famille adoptive du vieillard". La nation surtout lui avait une très grande obligation de ce qu'ayant le département des meurtres', il avait travaillé avec le même zèle et la même ardeur que Nalrisp, ministre de paix^, à donner à la l'erse cette paix tant désirée; ce qui n'était jamais arrivé qu'à lui.

Ce satrape avait l'âme aussi grande que Giafar le Barmécide et Aboulcasem ; car il est dit dans les annales de Babylone, recueillies par Mir-Kond, que lorsque l'argent manquait dans le trésor du roi, appelé Voreiller, Elochivis en donnait souvent dn sien ; et qu'en une année il distribua ainsi dix mille dariques, que dom Calmef évalue à une pistole la pièce. Il payait quelquefois trois cents daricjues ce

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