‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 81 sur 259 · XI. — EPITRE DÉDICATOIRE DES SCYTHES · texte numérisé non relu

XI. — EPITRE DÉDICATOIRE DES SCYTHES

Il y avait autrefois en Perse un bon vieillard ' qui cultivait son jarcHn; car il faut finir par là-, et ce jardin était accompagné de vignes et de champs, et paulum silv.v super his end'", et ce jardin n'était pas auprès de Persépolis, mais dans une vallée immense entourée des montagnes du Caucase, couvertes de neiges éternelles; et ce vieillard n'écrivait ni sur la population, ni sur l'agriculture comme on faisait par passe-temps à Babylone*, ville qui tire son nom de Babil ; mais il arait défriché des terres incultes et liiplé le nombre des habitants autour de sa cabane.

Ce bouliomnie vivait sous Arlaxercès, plusieurs années après l'aventure d'Obéide et d'Indalire^, et il fit ime tragédie en vers persans, qu'il fit représenter par sa famille et par quelques bergers du mont Caucase^; car il s'amusait à faire des vers persans assez passablement, ce qui lui avait attiré de violents ennemis dans Babylone, c'est-à-dire une demi-douzaine de gredins qui aboyaient sans cesse après lui', et qui lui imputaient les plus grandes platitudes, et les plus impertinents livres qui eussent jamais déshonoré la Perse^; et il les laissait aboyer, et griffonner, et calomnier; et c'était pour être loin de celte racaille qu'il s'était retiré

1. Co lion vieillaiil n'c^l nulro que Voltaiiv, seifrnenrde Fornoy.

-1. C'est la conclusion du rom.in de Candide.

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