‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 84 sur 259 · Le ministère de la gueri'e · texte numérisé non relu

Le ministère de la gueri'e

8. Anagramme de M. de Pi'aslin, cousin du duc de Clioisoul et ministre des allaires étrangères (|ni avait négocié le traité de Paris (17(53).

(t. Savant bénédictin, alilié de Senones, à l'érudition de qui Voltaire avait eu recours pour ses travaux hi^itoriques.

qui ne valait pas trois aspres; et Babylone craignait qu'il ne se ruinât en liienl'ails.

Le grand satrape ÎNali'isp joignait aussi an goût le plus sur et à l'esprit le plus naturel l'équité el la bienfaisauce; il faisait les délices de ses amis*; et son commerce était enchanteur : de sorte que les Babyloniens, tout malins qu'ils étaient, respectaient et aimaient ces deux satrapes, ce qui était assez rare en Perse.

11 ne fallait pas les louer en face, recalcilrahanl undique tuli- : c'était la coutume autrefois, mais c'était nue mauvaise coutume, qui exposait l'encenseur et l'encensé aux méchantes langues.

Le bou vieillard fui assez heureux pour que ces deux illustres Babyloniens daignassent lire sa tragédie persane, intitulée les Scijtlics. Ils en furent assez contents. Ils dirent (pi'avec le temps ce campagnard pourrait se former; (pi'il y avait dans sa rapsodie du naturel et de l'extraordinaire, et même de l'intérêt, et que pour peu qu'on corrigeât seulement trois cents vers à chaque acte, la pièce pourrait être à l'abri de la censure des malintentionnés; mais les malintentionnés prirent la chose à la lettre.

Cette indulgence ragaillardit le bonhomme, qui leur était bien respectueusement dévoué, et qui avait le cœur bon, (|U(iiqu'il se permit de rire quelquefois aux dépens des inéchanls et des orgueilleux. Il prit la liberté de faire une épitre dédicatoire à ses deux patrons, en grand style qui endormit toute la cour et toutes les académies de Babylone. et que je n'ai jamais pu retrouver dans les annales de la Perse.

1. M. (lo Praslin était l'ami très intime du comte d'Argonlal, luijiiL'iiie ami le plus cher de Vultaiio.

2. Horace, Sat., II, 1, 20. — Ils lançaient des ruades en lout sens, pour se proléger.

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