Ses enfants l'entourent suspendus à ses taisers
5. Il II (le vautour de Prométhée) fouille ce foie immortel, toujours renaissant, ces entrailles fécondes en supplices. »
6. 11 Ce bois que de noires ténèbres enveloppent de terreur. »
7. Il Le destin m'appelle, le sommeil clôt déjà mes yeux noyés. »
De même que l'imagination d'un grand matliématicien doit être d'une exactitude extrême, celle d'un grand poète doit être très châtiée. 11 ne doit jamais présenter d'images incompatibles, incohérentes, trop exagérées, trop peu convenables au sujet.
Pulchérie, dans la tragédie d'Héraclîus, dit à Phocas :
La vapeur de mou sang ira grossir la foudre Que Dieu tieut déji prête à te réduire eu poudre.
(Acte I, scène ni.)
Cette exagération forcée ne parait pas convenable à une jeune princesse qui, supposé qu'elle ait ouï dire que le tonnerre se forme des exhalaisons de la terre, ne doit pas présumer que la vapeur d'un peu de sang répandu dans une maison ira former la foudre. C'est le poète qui parle, et non lajeune princesse. Racine n"a point de ces imaginations déplacées. Cependant, comme il faut mettre toute chose à sa place, on ne doit point regarder cette image exagérée comme un défaut insupportable; ce n'est que la fréquence de ces figures qui peut gâter entièrement un ouvrage.
Le grand défaut de quelques auteurs qui sont venus après le siècle de Louis XIV, c'estde vouloir toujours avoir de l'imagination, et de fatiguer le lecteur par'cette vicieuse abondance d'images recherchées, autant que par des rimes redoublées, dont la moitié au moins est inutile. C'est ce qui a fait tomber enfin tant de petits poèmes, comme Vert-Vert, la Chartreuse, les Ombres, qui eurent la vogue pendant quelque temps.
Omne supervacuum pleno de pectore manat *.
(llor., de Art. poet., 337.)
{Dict. pldl.)