I. Il La métaphore doit être discrète
gédie d'Hdraclius, est trop forte et trop gigantesque (acte I, te. m) :
La vapeur de mon sang ira grossir la foudre Que Dieu tient déjà prête à le réduire en poudre.
Il n'est pas non plus naturel à Ghimène de dire, après la mort de son père (acte IV, se. ii) :
J'irai, sous mes cyprès, accabler ses lauriers.
Ce n'est pas ainsi que s'exprime la douleur véritable. On a repris aussi, dans la tragédie de Brutus, ces vers :
Sa victoire affaiblit vos remparts désolés; Du sang qui les inonde ils semblent ébranlés.
(Acte I, se. u.)
C'est une hyperbole; et je crois que l'hyperbole est une figure défectueuse par elle-même, puisque par sa nature elle va toujours au delà du vrai.
Pourquoi approuve-t-on ces vers-ci de la Mo7't de César (acte III, se. iv) :
Rome, qui détruit tout, semble enfin se détruire. Ce colosse effrayant dont le monde est foulé. En pressant l'univers est lui-même ébranlé. Il penche vers sa chute, et contre la tempête U demande mon bras pour affermir sa tète ?
C'est que la métaphore porte un caractère sensible de vérité, et est parfaitement soutenue. On aime encore celle-ci dans Zaïre, parce qu'elle a les mêmes conditions, et qu'elle est touchante :
Ce bras, qui rend la force aux plus faibles courages, Soutiendra ce roseau plié par les orages.
(Acte m, se. iv.)
Il y a une métaphore bien frappante dans Alzire, lorsque Alvarès dit à Gusman (acte ï, se. i) :
Votre hymen est le nœud qui joindra les deux mondes.