GLOIRE, GLORIEUX
Attestez le Dieu que vous servez.
La gloire est prise pour le ciel; il est au séjour delà gloire.
Où le conduisez-vous ? — A la mort. — A la gloire.
{Polyeucle, acte V, scène ni.)
On ne se sert de ce mot pour désigner le ciel que dans notre religion. Il n'est pas permis de dire que Bacchus, Hercule, furent reçus dans la gloire, en parlant de leur apothéose.
Glorieux, quand il est l'épithète d'une chose inanimée, est toujours une louange : bataille, paix, affaire glorieuse. Rang glorieux signifie rang élevé, et non pas rang qui donne de la gloire, mais dans lequel on peut en acquérir. Homme glorieux, esprit glorieux, est toujours une injure; il signifie celui qui se donne à lui-même ce qu'il devrait mériter des autres; ainsi on dit un règne glorieux, et non pas un roi glorieux. Cependant ce ne serait pas une faute de dire au pluriel : les plus glorieux conquérants ne valent pas un prince bienfaisant; mais on ne dira pas : les princes glorieux, pour dire les princes illustres.
Le glorieux n'est pas tout à fait le fier, ni l'avantageux, ni l'orgueilleux. Le fier tient de l'arrogant et du dédaigneux, et se communique peu. L'avantageux abuse de la moindre déférence qu'on a pour lui. L'orgueilleux étale l'excès de la bonne opinion qu'il a de lui-même. Le glorieux est plus, rempli de vanité; il cherche plus à s'établir dans l'opinion des hommes, il veut réparer par les dehors ce qui lui manque en effet. L'orgueilleux se croit quelque chose ; le glorieux veut paraître quelque chose. Les nouveaux parvenus sont d'ordinaire plus glorieux que les autres. On a appelé quelquefois les saints et les anges, « les glorieux », comme habitants du séjour de la gloire.
Glorieusement est toujours pris en bonne part; il règne glorieusement; il se tira glorieusement d'un gi'and danger, d'une mauvaise affaire.
Se glorifier est tantôt pris en bonne part, tantôt en mauvaise, selon l'objet dont il s'agit. Il se glorifie d'une disgrâce qui est le fruit de ses talents et l'effet de l'envie. On dit des martyrs
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qu'ils glorifiaient Dieu ; c'est-à-dire que leur constance rendait respectable aux hommes le Dieu qu'ils annonçaient.
{Dict. phil.)