GOUVERNEMENTS
Quel est le meillcw ?
Il faut que le plaisir de gouverner soit très grand, puisque tant de gens veulent s'en mêler
Plus d'un peuple souhaite une condition nouvelle. Les Anglais voudraient changer de ministres tous les huit jours, mais ils ne voudraient pas changer la forme de leur gouvernement.
Je n'ai connu jusqu'à présent personne qui n'ait gouverné quelque État. Je ne parle pas de MM. les ministres, qui gouvernent en efTet, les uns deux ou trois ans, les autres six mois, les autres six semaines ; je parle de tous les autres hommes qui, à souper ou dans leur cabinet, étalent leur système de gouvernement, réforment les armées, l'Église, la robe et la finance.
Mais il faut convenir que des hommes très sages, très dignes peut-être de gouverner, ont écrit sur l'administration des États, soit en France, soit en Espagne, soit en Angleterre. Leurs livres ont fait beaucoup de bien : ce n'est pas qu'ils aient corrigé les ministres qui étaient en place quand ces livres parurent, car un ministre ne se corrige point et ne peut se corriger; il a pris sa croissance; plus d'instructions, plus de conseils: il n'a pas le temps de les écouter; le courant des affaires l'emporte : mais ces bons livres forment les jeunes gens destinés aux places; ils forment les princes, et la seconde génération est instruite.
Le fort et le faible de tous les gouvernements a été exa-