ROSBACH. — FREDERIC II
sentiments, à ce qui excite la gaité, la curiosité, l'intérêt, l'émotion, les larmes. Ce serait surtout aux auteurs dramatiques à nous développer tous ces ressorts, puisque ce sont eux qui les font jouer. Mais ils sont plus occupés de remuer les passions que de les examiner; ils sont persuadés qu'un sentiment vaut mieux qu'une définition; et je suis trop de leur avis pour mettre un traité de philosophie au-devant d'une pièce de théâtre.
Je me bornerai simplement à insister encore un peu sur la nécessité où nous sommes d'avoir des choses nouvelles. Si l'on avait toujours mis sur le théâtre tragique la grandeur romaine, à la fin on s'en serait rebuté; si les héros ne parlaient jamais que de tendresse, on serait affadi.
0 itnitatores, servum pecus * .'
Les bons ouvrages que nous avons depuis les Corneille, les Molière, les Racine, les Quinault, les Lulli, les Le Brun, me paraissent tous avoir quelque chose de neuf et d'original qui les a sauvés du naufrage. Encore une fois, tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux.
Ainsi il ne faut jamais dire : « Si cette musique n'a pas réussi, si ce tableau ne plaît pas, si cette pièce est tombée, c'est que cela était d'une espèce nouvelle; » il faut dire : « C'est que cela ne vaut rien dans son espèce. «
{Préface de l'Enfant prodigue.)
ROSBACH (la veille DE LA BATAILLE DE). — FRÉDÉRIC II.
Il arriva, dans cette guerre, que chaque parti prit d'abord tout ce qu'il était à portée de prendre. Frédéric prit la Saxe,