‹ Extraits en prose, philosophie, histoire, littérature, mélangesChapitre 96 sur 207 · BEL ESPRIT. — ESPRIT · texte numérisé non relu

BEL ESPRIT. — ESPRIT

Quand une nation commence à sortir de la barbarie, elle cherche à montrer ce que nous appelons de l'esprit.

Ainsi, aux premières tentatives qu'on fit sous François l", vous voyez dans Marot des pointes, des jeux de mots qui seraient aujourd'hui intolérables.

Romorentio sa perte remémore, Cognac s'en cogne en sa poitrine blême, Anjou fait joug, Angoulême est de même *.

Ces belles idées ne se présentent pas d'abord pour marquer la douleur des peuples. Il en a coûté à l'imagination pour parvenir à cet excès de ridicule.

On pourrait apporter plusieurs exemples d'un goût si dépravé; mais tenons-nous-en à celui-ci, qui est le plus fort de tous.

Dans la seconde époque de l'esprit humain en France, au temps de Balzac, de Mairet, de Rotrou, de Corneille, on applaudissait à toute pensée qui surprenait par des images nouvelles, qu'on appelait esprit. On reçut très bien ces vers de la tragédie de Pyi'ame^ :

Ah! voici le poignard qui du sang de sou maître S'est souillé lâchement; il en rougit, le traîtrel

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