LA PAPAUTÉ ET LE DROIT DES PEUPLES
Los excès mêmes do la cour de Rome onl servi à répandre les principes généraux du droit des peuples. Lorsque les papes mettaient les royaumes en interdit, lorsqu'ils forçaient les empereurs à venir rendre compte de leur conduite au Saint-Siège, ils s'arrogeaient sans doute un pouvoir qu'ils n'avaient pas : mais, en blessant la majesté du trône, ils faisaient peut-être du bien à Ihumanité. Les rois devenaient plus circonspects; ils sentaient qu'ils avaient un frein, et le peuple une égide. Les rescrits des pontifes ne manquaient jamais de mêler la voix des nations et l'intérêt général des hommes aux jilainles particulières. // nous est venu des rapports que Philippe. Ferdinand, Henri, opprimait son peuple, etc. Tel était, à peu près, le début de tous ces arrêts de la cour de Home.
S'il existait au milieu de l'Europe un tribunal qui jugeât, au nom de Dieu, les nations et les monarques, et (|ui prévînt les guerres et les révolutions, ce tribunal serait le chef-d'œuvre de la politique, et le dernier degré de la perfection sociale : les papes, par l'influence qu'ils exerçaient sur le monde chrétien, ont été au moment de réaliser ce beau songe.
1. Cette page serait à rapprocher des (ierniére* pages des Mémoires d'Onti'e-Tnmlip (rf. plus loin, p. 3<lO el suivantes).
CHATEAlBIilANIt.