CL Lamarûne, Méditations {V Isolement
Et moi, je suis semblable à la feuille llétrie; Emportez-moi comme elle, orageux aquilon !
lŒNE. 1 r.
et ses fidèles sei-vitour.s. Los marches étaient déjà couvertes de mousse ; le violicr jaune croissait entre leurs pierres déjointes et tremblantes. Un gardien inconnu nTouvrit brusquement les portes. J'hésitais à franchir le seuil; cet homme sécria : « Hé bien! allez-vous faire « comme cette étrangère qui vint ici il y a quelques « jours? Quand ce fut pour entrer, elle s'évanouit, et je « fus obligé de la reporter à sa voiture. » Il me fut aisé de reconnaître Vétrangère ' qui, comme moi, était venue chercher dans ces lieux des pleurs et des souvenirs!
« Couvrant un moment mes yeux de mon mouchoir, j'entrai sous le toit de mes ancêtres. Je parcourus les appartements sonores où l'on n'entendait que le bruit de mes pas. Les chambres étaient à peine éclairées par la faible lumière qui pénétrait entre les volets fermés : je visitai celle où ma mère avait perdu la vie en me metlant au monde*, celle où se retirait mon père, celle où j'avais dormi dans mon berceau, celle entln où l'amilié avait reçu mes premiers vœux dans le sein d'une sœur. Partout les salles étaient détendues, et l'araignée filait sa toile dans les couches abandonnées. Je sortis précipitamment de ces lieux, je m'en éloignai à grands pas. .sans oser tourner la tête. Qu'ils sont doux, mais qu'ils sont rapides, les moments que les frères et les sœurs passent dans leurs jeunes années, réunis sous l'aile de leurs vieux jjarents! La famille de l'homme n'est que iluR jour, le soufflf do Dieu la disperse comme une fuméo. A peine le fils connait-il le père, le père le fils.