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DERNIÈRES HEURES DE RENE EN FRANCE

« Je ne sais ce que le ciel me réserve, et sil a voulu iii'avcrlir que les orages accompagneraienl pailoul nies |)as. L'ordre clait donné pour le départ de la flolle: déjà plusieurs vaisseaux avaient appareillé au baisser du soleil; je m'étais arrangé pour passer la dernière nuit à terre, afin d'écrire ma lettre d'adieux à Amélie. Vers minuit, tandis que je m'occupe de ce soin, et que je mouille mon jjapier de mes larmes, le bruit des vents vient frapper mon oreille. J'écoute, et au milieu de la tempête, je flislingue l(>s coups de canon d'alarme, mêlés au glas de la cloche monastique. Je vole sur le rivage, où tout était désert, et où l'on n'entendait que le rugissement des flots. Je m'assieds sur un rocher. D'un côté s'étendent les vagues élincelantes, de l'autie les murs .sombres du monaslèi'e se pei'deni conrusémeni dans les cieux. Une petite lumière paraissait à la fenéire grillée. Était-ce toi, ô mon Amélie, (jui, prosternée au jtied du crucifix, juiais le Dieu des orages d'épargne)- Ion malheureux frère' La tempête sur les flots, le calme dans ta retraite; dos hommes brisés sur des écuells, au pied de l'asile que rien ne peut troubler : l'infini de l'autre côté du mur d'une cellule; les fanaux agités des vaisseaux, le phare immobile du couvent; l'incertitude des destinées du navigateur, la vestale connaissant dans un seul jour tous les jours futurs de sa vie ; d'une autre part, une âme telle que la tienne, ô Amélie, orageuse comme l'Océan; un naufrage plus affreux (pie celui (\u

l'.KNK.

Dernières helres de René en Franxe.

Hcproduction d'une gravure composée pour l'édition illustrée de 1803,

et où visiblement on a voulu reproduire les traits de Chateaubriand.

'JUTEAUDIitANn.

\U\ CIlATKMMIUAMt.

marinier: loiil ce lableaii est oncoro prorondriiicnl ^'ravi'dans ma mémoire. Soleil de ce ciel nouveau, maintenant témoin de mes larmes, échos du rivage américain qui répétez les accents de René, ce fut le lendemain de cette nuit terrible qu'appuyé sur le gaillard de mon vaisseau, je vis s'éloigner pour jamais ma terre natale! Je contemplai longtemps sur la côte les derniers balance iiients des arbres de la pairie. e( les l'aîles du monasière. qui s'abaissaient à Fliorizon. »

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