ITINERAIRE DE PARIS A JERUSALEM. IS
lion, favorable par système à l'ignorance, an dcsiiolisnic, il losclavage, ou d'un culte qui a fait revivre chez les modernes le génie de la docte antiquité et aboli la servitude. Il suffit de lire le discours du pape Urbain II au concile de Clermont pour se convaincre que les chefs de ces entreprises guerrières n'avaient pas les petites idées qu'on leur su]ipose, et qu'ils pensaient à sauver le monde dune inondation de nouveaux Barbares. L'espril du mahométisme est la persécution et la conquête : l'Évangile, au contraire, ne prêche que la tolérance et la paix. Aussi les chrétiens supportèrent-ils pendant sept cent soixante-quatre ans tous les maux que le fanatisme des Sarrasins leur voulut faire souffrir; ils tâchèrent seulement d'intéresser en leur faveur Charlemagne. Mais ni les Espagnes soumises, ni la France envahie, ni la Grèce et les deux Siciles ravagées, ni l'Afrique entière tombée dans les fers, ne purent déterminer, pendant près de huit siècles, les chrétiens à prendre les armes. Si enfin les cris de tant de victimes égorgées en Orient, si les progrès des Barbares, déjà aux portes de Constantinople, réveillèrent la Chrétienté et la firent courir à sa propre défense, qui oserait dire que la cause des guerres sacrées fût injuste? Où en serions-nous, si nos pères n'eussent repoussé la force? Que l'on contemple la Grèce, et l'on apprendra ce que devient un peuple sous le joug des musulmans. Ceux qui s'applaudissent tant aujourd'hui du progrès des lumières auraient-ils donc voulu voir régner parmi nous une religion qui a brûlé la bibliothèque d'Alexandrie, qui se fait un mérite de fouler aux pieds les hommes, et de mépriser souverainement les lettres et les arts?
■IXX CHATEAriîItlANIt.