‹ ExtraitsChapitre 146 sur 285 · ATHALIE » LUE EN TERRE SAINTE · texte numérisé non relu

ATHALIE » LUE EN TERRE SAINTE

... En revenant de visiter les sépulcres des rois qui ont donné lieu au.\ descriptions précédentes, je passai par la vallée de Josaphat. Le soleil se couchait derrière Jérusalem ; il dorait de ses derniers rayons cet amas de ruines, et les montagnes de la Judée. Je renvoyai mes compagnons par la porte Saint-Étienne, et je ne gardai avec moi que le janissaire. Je m'assis au pied du touibeau de Josaphat, le visage tourné vers le Temple : je tirai de ma poche un volume de Racine, et je relus Athalie.

A ces premiers vers :

Oui, je vien.s dans son Temple adorer l'Éternel, etc.,

il m'est impossible de dire ce que j'éprouvai. Je crus entendre les Cantiques de Salomon et la voix des prophètes; l'antique Jérusalem se leva devant moi; les ombres de Joad, d' Athalie, de Josabeth sortirent du tombeau; il me sembla que je ne connaissais que depuis ce moment le génie de Racine. Quelle poésie, puisque je la trouvais digne du lieu où j'étais! On ne saurait s'imaginer ce qu'est Athalie lue sur le tombeau du saint roi Josaphat, au bord du torrent de Cédron, et devant les ruines du Temple. Mais qu'e.st-il devenu, ce Temple ornr part mit de festons magnifiques?

Comment en un plomb vil lor pur .s'esl-il chano-é?

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