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LES BORDS DU LAC SUPERIEUR

En entrant dans le lac Supérieur pai- le détroit de Sainte-Marie, on voit à gauche des îles cpii se coui'benl en demi-cercle, et qui, toutes plantées d'arbres à fleurs, i-essemblent à des bouquets dont le pied treuqje dans l'iv'ut ; à droite, les caps du continent s'avancent dans les vagues : les uns sont enveloppés d'une pelouse qui marie sa verdure au double azur du ciel et do l'onde; les autres, composés d'un sable rouge et blanc, ressemblent, sur le fond du lac bleuâtre, à des rayons d'ouvrages de marqueterie. Entre ces caps longs et nus s'enireniélent de gros promontoires revêtus de bois qui se répètent, invertis dans le cristal au-dessous. Quel-

(]iielbis aussi les arbres serrés forment un épais rideau sur la côte ; et quelquefois clairsemés, ils bordent la terre comme des avenues : alors leurs troncs écai'tés ouvrent des points d'optique miraculeux. Les plantes, les rochers, les couleurs, diminuent de proportion ou changent de teinte, à mesure que le i)nysage s'éloigne ou se rapproche de la vue.

Ces îles au midi et ces promontoires à l'orient s'inclinant par l'occident les uns sur les autres, forment et embrassent une vaste rade, tranquille (piand l'orage bouleverse les autres régions du lac. Là se jouent des milliers de poissons et d'oiseaux aquati(jues; le canard noir du Labrador se perche sur la pointe d'un brisant; les vagues environnent ce solitaire en deuil des festons de leur blanche écume; des plongeons dispai'aissenl, se montrent de nouveau, disparaissent encore; l'oiseau des lacs plane à la surface des flots, et le martinpécheur agite rapidement ses ailes d'azur jtour fasciner sa proie.

Par delà les îles et les promontoires enfermant cette l'ade au débouché du détroit de Sainte-Marie, l'œil découvre les plaines fluides et sans bornes du lac. Les surfaces mobiles de ces plaines s'élèvent et se perdent graduellement dans l'étendue; du vert d'émeraude elles passent au bleu pâle, puis à l'outrenK j', puis à l'indigo. Chaque teinte se fondant l'une dans l'autre, la dernièi'c se terminé à l'horizon, où elle se joint au ciel par une barre d'un sombre azur.

VOYAGE i;.\ AMKRKiLK.

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