L'IROQUOIS
L'Iroquois était d'une l'orte stature : poitrine large, jambes musculaires, bras nerveux. Les grands yeux londs (le Flroquois étincellent (rmdépendance; tout son air était celui d'un héros; on voyait reluire sur son Iront les hautes combinaisons de la pensée et les sentiments élevés de l'âme. Cet hoinuie intrépide ne fui point étonné des armes à l'eu, lorsque, pour la première l'ois, on en usa contre lui : il tint ferme au sifflement des balles et au bruit du canon, comme s'il les eût entendus toute sa vie; il n'eut pas l'air d'y faire plus d'attention qu'à un orage. Aussitôt qu'il se put procurei' un mousquet, il s'en servit mieux qu'un Européen. Il n'abandonna pas pour cela le casse-téte, le couteau, l'arc el la tlèche; mais il y ajouta la carabine, le pistolet, le poignard et la hache; il semblait n'avoir jamais assez d'armes pour sa valeur. Doublement paré des instruments meurtriers de l'Europe et de l'Amérique, avec sa iète ornée de panaches, .ses oreilles découpées, son visage barbouillé de noii', ses bras teints de sang, ce noble champion du Nouveau Monde devint aussi redoulable à voir qu'à coudjattre sur le l'ivage qu'il di'-lcndil pied à pied contre l'étranger.
C'était dans l'éducation que les Iroquois plaçaient la source de leur vertu. Un jeune houime ne .s'asseyait jamais devant un vieillard : le respect pour l'âge était pareil à celui que Lycurgue avait fait naître à Lacédéluone. On accoutumait la jeunesse à supporter les plus grandes privations, ainsi qu'à braver les plus grands périls. De longs jeûnes conunandés par la politique au nom de la religion, des chasses dangereuses, l'exercice continuel des armes, des jeux mâles et virils, avaient
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donné au caracItTo de Tlroquois (jneliiiic chose d'indomplablo. Souvenl do petits g-arçons s'altacliaieni les bras ensemble, niettaienl un charbon ardent sur leurs bras liés, et luttaient à qui soutiendrait plus longtemps la douleur. Si une jeune fille conimetlail une l'aulc. et (jue sa mère lui jetât de Teau au visage, cette seule réprinianih' portait quelquefois celte jeune fille à .s'étrangler.
L'iroquois méprisait la douleur comme la vie : un sachem ' de cent années afîVontait les flammes du bûcher; il excitait les ennemis à redoubler de cruauté: il les iléfiait de lui arracher un soupir. Cette magnanimité de la vieillesse n'avait pour but que de donner un exemple aux jeunes guerriers, et do leur apprendre à devenir dignes de leurs pères-.