‹ ExtraitsChapitre 156 sur 285 · LE CHAR DE DEMODOCUS · texte numérisé non relu

LE CHAR DE DEMODOCUS

L'aube avait à peine blanchi l'orient, qu'on entendit i-elenlir la voix de Démodocus : il appelait ses intelligents esclaves. Aussitôt Evémon, fils de Boétoïis, ouvre le lieu qui renfermait l'appareil des chars. 11 emboite l'essieu dans les roues bruyantes à huit rayons, fortifiés jiar des bandes d'airain; il suspend un char orné d'ivoire sur des courroies flexibles; il joint le timon au char, et attache à son extrémité le joug éclatant. Hestionée d'Épire, habile à élever les coursiers, amène deux fortes mules d'une blancheur éblouissante; il les conduit bondibsantes sous le joug, et achève de les couvrir de leurs liarnaio étincelants d"or. Eurymédusc, pleine de jours et d'expérience, apporte le pain et le vin, la force de rhommc; elle place aussi sur le char le présent destine au fils de Lasthénès : c'était une coupe de bronze à double fond, merveilleux ouvrage où Vulcain avait gravé le nom d'Hercule délivrant Alceste, pour prix de l'hospitalité qu'il avait reçue de son époux. Ajax avait donné

-im CIIATEALUHIAxNll.

foLle coii)»e à Tychius il'Hylé, ai'iiiurier célèbre, en Ochange du bouclier recouvert de sept peaux de taureaux, que le fils de Télanion portait au siège de Troie. Un descendant de Tychius recueillit chez lui le chantre d'ilion, et lui fit présent de la superbe coupe. Homère, étant allé dans l'île de Samos, fut admis aux foyers de Créophyle. et il lui laissa en mourant sa coupe et .ses |)oènies. Dans la suite, le roi Lycurgue de Sparte, cherchant partout la sagesse, visita les fils de Créophyle : ceux-ci lui ofiVirent, avec la coupe d'Homère, les vers (}u"Ai)ollon avait dictés à ce jjoète immortel. A la mort de Lycurguc, le monde hérita îles chants d'Homère, mais la coupe fut rendue aux Homérides : elle parvint ainsi a Démodocus, dernier descendant de cette race sacrée, qui la destine aujourd'hui au fils de Laslhénès.

Page 1