‹ ExtraitsChapitre 164 sur 285 · I.I'S MAIiTYltS. 2r.i · texte numérisé non relu

I.I'S MAIiTYltS. 2r.i

Klle |ii'onicn;i i|iiol(iue temps ses rogaids sur ros guerriers, représentants d'un peuple qui le premier osa (lire aux hommes: « Malheur aux vaincus 1 » Mot impie retombé maintenant sur sa tète ! On lisait sur le visage (le la drui(^lesse rémotion (}ue lui causait cet exemple (les vicissitudes de la fortune. Elle sortit bient(jt de ses réflexions, et pronon(^a ce discours :

I' Fiil("'les entants de Tentâtes, vous qui, au milieu de Tesclavage de votre patrie, avez conservé la religion et les lois de vos pères, je ne puis vous contcuipler ici sans verser des larmes ! Est-ce là le reste de celte nation qui donnait des lois au monde? Où sont ces États florissants (le la Gaule, ce conseil des femmes, auquel se soumit le grand Annibal ? Oîi sont ces druides qui élevaient dans leurs collèges sacrés une nombreuse jeunesse? Proscrits par les tyrans, à [leine quelques-uns d'entre eux vivent inconnus dans des antres sauvages. Velléda, une faible (Iruidesse, voilà donc tout ce qui vous reste aujourd'hui pour accomplir vos sacrifices ! 0 île de Sayne*, île vénérable et sacrée ! je suis demeurée seule des neuf vierges qui desservaient votre sanctuaire. Bientôt Teutatès n'aura plus ni prêtres ni autels. Mais pourquoi perdrions-nous resjiérance? J'ai à vous annoncer les secours d'un allié puissant: auriez-vous besoin qu'on vous retra(^ât le tableau de vos souffrances, pour vous faire courir aux armes ? Esclaves en naissant, à peine avez-vous passé le premier âge, que les Romains vous enlèvent. Que devenez-vous? Je l'ignore. Parvenus à l'âge d'homme, vous allez mourir sur la frontière pour la défense de vos tyrans, ou creuser le sillon qui les nourrit. Condamnés aux plus, rudes travaux, vous abattez vos forêts, vous tracez avec des fatigues inouïes les routes qui introduisent l'esclavage jusque dans le cœur de votre pays : la servitude,

Page 1