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MA NAISSANCE

l.a maison qu'habitaient alorsmesjjarcntscst située dans nue rue sombre et étroite de Saint-Malo. appelée la rue des Juifs : cette maison est aujourd'hui transformée en auberge*. La chambre où ma mère accoucha domine une partie déserte des murs de la ville, et à travers les fenêtres de cette chambre on aperçoit une mer qui s'étend à |)crte de vue, en se brisant sur des écueils*. J'eus pour jjarrain, comme on le voit dans mon extrait de baptême, mon frère, et pour marraine la comtesse de Plouër, fdle du maréchal de Contades. J'étais presque mort quand je vins au jour. Le nuigissement des vagues, soulevées par une bourrasque annonçant l'équinoxe d'automne, empêchait d'entendre mes cris; on m'a souvent conté ces détails; leur tristesse ne s'est jamais effacée de ma mémoire. Il n'y a pas de jour où, rêvantk ce que j'ai été, je ne revoie en pensée le rocher sur lequel je suis né, la chambre où ma mère m'infligea la vie, la tempête dont le bruit berça mon premier sommeil, le frère infortuné ([ui me donna un nom que j'ai presque toujours trahie dans le malheur. Le ciel sembla réunir ces diverses cir-

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