LA DECLARATION DE GUERRE
La guerre se dénonce d'une manière extraordinaire et terrible. Quatre guerriers, peints en noir de la télé aux; pieds, se glissent dans les plus profondes ténèbres, chez le peuple menacé: parvenus aux portes des cabanes, ils jettent au foyer de ces cabanes un casse-tète peint en rouge, sur le pied duquel sont marqués, par des signes connus des sachr-ms, les motifs des hostilités : les premiers Romains lançaient une javeline sur le territoire ennemi. Os hérauts d'armes indiens disparaissent aussitôt dans la nuit comme des fantômes, en poussant le fameux cri ou iroop de guen-e. On le forme en appuyant une main sur la bouche et frappant les lèvres, de manière à ce que le son échappé en tremblotant, tantôt plus sourd, tantôt plus aigu, se termine par une espèce de rugissement dont il est impossible de se faire une idée.
La guerre dénoncée, si l'ennemi est trop faible pour la soutenir, il fuit; s'il se sent fort, il l'accepte : corn-
mencent aussitôt los préparâtes et les cérémonies (l'usage.
Un grand feu est allumé sur la place publique, et la chaudière de la guerre placée sur ce bûcher : c'est la marmite du janissaire'. Chaque combattant y jiHte quelque chose de ce qui lui appartient. On plante aussi deux |)oteaux, où l'on suspend des flèches, des casse-tète et des jtlumes, le tout peint en rouge. Les poteaux sont placés au septentrion, à l'orient, au midi ou à l'occident de la place publique, selon le point géographique d'où la l)ataille doit venir.