‹ ExtraitsChapitre 257 sur 285 · CONFESSION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

CONFESSION RELIGIEUSE

Quand les jjremières semences de la religion germèrent dans mon âme, je m'épanouissais comme une terre vierge qui, délivrée de ses ronces, porte sa première moisson. Survint une brise aride et glacée, et la terre se dessécha. Le ciel en eut pitié; il lui rendit ses lièdes rosées; puis la brise souffla de nouveau. Celle alternative de doute et de foi a fait longtemps de ma vie un mélange de désespoir et d'ineffables délices. Ma bonne sainte mère, priez pour moi Jésus-Christ : votre fils a besoin d'être racheté ]ilus qu'un autre homme.

I. X'esl-ce pas ici le cas. de redii'e le inuL Je .Sainte -L«eu\e : « En pi"uoe il n'y a rien au dolà? »

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L'HIRONDELLE DE BISCHOFSHEIM

A Bischofsheim, où j"ai dinë, une jolie curieuse s'est présentée à mon grand couvert : une hirondelle, vraie Procné, à la poitrine rougeàtre, s'est venue percher à ma fenêtre ouverte, sur la barre de fer qui soutenait l'enseigne du Soleil cVOr; puis elle a ramage le plus doucement du monde, en me regardant d'un air de connaissance et sans montrer la moindre frayeur. Je ne me suis jamais plaint d'être réveillé par la fille de Pandion ; je ne l'ai jamais appelée babillarde., comme Anacréon : j'ai toujours, au contraire, salué son retour de la chanson des enfants de l'île de Rhodes : « Elle vient, elle vient l'hirondelle, ramenant le beau temps et les belles années ! ouvrez, ne dédaignez pas l'hirondelle. »

« François, m'a dit ma convive de Biscliorslieim. ma trisaïeule logeait à Combourg, sous les chevrons de la couverture de ta tourelle; tu lui tenais compagnie chaque année en automne, dans les roseaux de l'étang, quand tu rêvais le soir avec ta sylphide. Elle aborda ton rocher natal le jour même que tu t'embarquais pour l'Amérique, et elle suivit quelque temps ta voile. Ma grand'mère nichait à la fenêtre de Charlotte; huit ans après, elle arriva à Jaffa avec toi ; tu l'as remarqué dans Ion Itinéraire. Ma mère, en gazouillant à l'aurore, tomba un jour dans ton cabinet aux Affaires étrangères ; tu lui ouvris la fenêtre. Ma mère a eu plusieurs enfants; moi qui te parle, je suis de son dernier nid; je t'ai déjà rencontré sur l'ancienne voie de Tivoli dans la caanpagne de Rome : t'en souviens-tu? Mes plumes étaient si noires et si lustrées! Tu me regardas tristement. Vpuxlu que nous nous envolions ensemble V

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— Hélas ! ma chère hirondelle, qui sais si bien mon histoire, tu es extrêmement gentille ; mais je suis un pauvre oiseau mué, et mes plumes ne reviendront plus ; je ne puis donc m'envoler avec toi. Trop lourd de chagrins et d'années, me porter te serait impossible. Et puis, oîi irions-nous? le printemps et les beaux climats ne sont plus de ma saison. A toi Fair et les amours, à moi la terre et l'isolement. Tu pars ; que la rosée rafraîchisse tes ailes ! qu'une vergue hospitalière se présente à ton vol fatigué, lorsque tu traverseras la mer d'Ionie! Qu'un octobre serein te sauve du naufrage! Salue pour moi les oliviers d'Athènes et les palmiers de Rosette. Si je ne suis plus quand les fleurs te ramèneront, je t'invite à mon banquet funèbre : viens au soleil couchant happer les moucherons sur l'herbe de ma tombe; comme toi, j'ai aimé la liberté, et j'ai vécu de peu. »

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