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LE8 « MEMOIRES DUUTRE-TOMBE

Lilaci'e qui fernient leurs cryptes; le pifj'eraro souffle sa complainte rie minuit devant la Madone solitaire, à la porte condamnée d'une catacombe. Heure de la mélancolie, la religion s'éveille et Taniour s'endort!

Cynthie. ta voix safîaiblit : il expire sur tes lèvres, le refrain que t'apprit le pêcheur napolitain dans sa barque vélivole, ou le rameur vénitien dans sa gondole légère. Va aux défaillances fie ton repos: je protégerai ton sommeil. La nuit dont tes paupières couvrent tes yeux dispute de suavité avec celle que l'Italie assoupie et jjarfumée verse sur ton front. Quand le hennissement de nos chevaux se fera entendre dans la campagne, quand l'étoile du matin annoncera l'aube, le berger de Frascali descendra avec ses chèvres, et moi je ne cesserai de te bercer de ma chanson à demi-voix soupirée :

« Un faisceau de jasmins et de narcisses, une Héhé d'albâtre, récemment sortie de la cavée d'une fouille, ou tombée du fronton d'un temple, gît sur ce lit d'anémones : non. Muse, vous vous trompez. Le jasmin, l'Hébé d'albâtre, est une magicienne de Rome, née il y a seize mois de mai et la moitié d'un printemps, au son de la lyre, au lever de l'aurore, dans un champ de roses de Paestum.

0 Vent des orangers de t^alenue qui soul'tlez sur File de Circé; brise qui passez au tombeau du Tasse: qui caressez les nymphes et les amours de la Farnésine : vous qui vous jouez au Vatican parmi les vierges de Raphaël. les statues des Muses, vous qui mouillez vos ailes aux cascatelles de Tivoli ; génies des arts qui vivez de chefsd'œuvre et voltigez avec les souvenirs, venez : à vous seuls je permets d'inspirer le sommeil de Cynthie.

o Et vous, fdles majestueuses de Pythagore, Parques à la robe de lin. sœurs inévitables assises à l'essieu des sphères, tournez le fd de la destinée de Cynthie sur dos fuseaux d'or; faites-les descendre de vos doigts et

ÔXO CHATEAUBRIAND.

l'eiDonler h votre main avec une ineffable harmonie; immortelles filandicres, ouvrez la porte d'ivoire à .ces songes qui reposent sur un sein de femme sans l'oppresser. Je te chanterai, ô canéphore des solennités romaines, jeune Charité nourrie d'ambroisie au giron de Vénus, sourire envoyé d'Orient pour glisser sur ma vie; violette oubliée au jardin d'Horace* , . . .

« Mcia lien' '.' dix krenlzcr hour la parrière. » Peste soit de toi avec tes cruches! j'avais changé de ciel! j'étais si en train! la muse ne reviendra pas!

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