RENÉ REÇU PAR CHACTAS
Le frèi'e d'Amélie ne se lassait jioinl d'admirer le sachem. Chactas( c'était son nom) ressemblait aux héros représentés par ces bustes antiques qui exprimeni le repos dans le génie, et ([ui semblent naturellenieni aveugles. La ]iaix des passions éteintes se mêlait, sur le front de Chactas, à cette sérénilé remarquable chez les hommes qui ont perrlu la vue: soit qu'en étant privés de la lumière terrestre, nous commercions plus intimemeni avec celle des cieux ; soit que l'ombre où vivent les aveugles ait un calme qui s'étende sur l'âme, de uiéme (|ue la nuit est plus silencieuse que le jour.
Le sachen), prenant le calumet de paix chargé des f 'uilles odorantes du laurier de montagne, poussa la première vaj)eur vers le ciel, la seconde vers la terre, el la troisième autour de l'horizon. Ensuite il le pi'ésenie
I. Héro, jeune fille de Sestos, prêtresse de Vénus, aimée d'iiii jeune grec d'Abydos, du nom de Léandre.
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.iiix rlrang-ors. Alor^ W t'ivn' (rAinélic dil : » \'icill;irtl. puisse ](\ ciel k' bénir d;ins los cnrjinls! Es-lu li- jctslour lie ce iM'iiplc qui l'(Mivironno ? |iorniols-moi de uie rnng'cr parmi Ion troupeau. »
K — Étranger, reparlil le sau-o des bois, je ne suis ipTiui simple sacheni, fils dMJutalissi. Un me nouinic (lliaclas. pai'cc qu'on prétend que ma voix a quelcjuc douocui'; ce qui peut provenir de la ci'ainte <|ue j'ai i\u (irand Espiàt. Si nous te recevons comme un fils, nous ii(^ devons point en retirer de louanges. Depuis longlemps nous sommes amis d'Onontliio ', dont le Soleil habite de l'autre côté du lac sans rivage"'. Les vieillards de ton pays ont discoui'u avec les vieillards du mien, ej mené dans leur tenqjs la danse des forts, car nos aïeux étaient une race puissante. »
dépendant René était entré sous le toit de son hôte. i|u'ombrageaient quatre superbes tulipiers. Onfaitchaufter une eau jiure dans un vase de jiierre noire, pour laver les pieds du frère d'Amélie. Chactas sacrifie aux maniions protecteurs des étrangers; il brûle en leur iionneur lies feuilles de saule : le saule est agréable aux génies des voyageurs, parce (ju'il croît au bord des fieuves. emblèmes d'une vie errante. Après ceci, ( iliaclas présenta à Mené la calebasse de l'iiospilalité, où six giniéialions avaient bu l'eau d'érable. Elle était couronnée dliyacinthes bleues, qui répandaient une bonne odeur. Deux Indiens, célèbres parleur esprit ingénieux, avaient crayonné sur ses flancs dorés l'Iiisloii-e d'un voyageur égaré dans les bois. René, après avoir mouillé ses lèvres ilans la coupe fragile, la rendit aux mains trembbmtes du patron de la solitude. Le calumet de jiaix, dont le iourneau était fait d'une piei-re roiiuc fut de nouveau