‹ ExtraitsChapitre 60 sur 285 · ATALA · texte numérisé non relu

ATALA

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Alida n'est pcul-(Mro pas lo ■< cliol-d'œuvre « do Cliali'aii Iniancl, mais, avec et même avant René, c'est l'œuvre dont son nom demeure à jamais inséparaliie comme l'est de patil et Virginie le nom de Bernardin de Saint-Pierre. On ne les connaissait pas la veille; le lendemain ils étaient célèbres : c'est une aventure qui n'arrive qu'à de très grands écrivains. Nous pouvons ajouter que l'un et l'autre récit prociMlaient de la même inspii-ation et qu(> le charme durable en élîiit l'ail des' mêmes éléments. C'était, dans des cœurs chastes et innociMits. le même éveil de la passicm: c'était la nouveauté du cadre et Vcxolisme du ])a>sa2e: c'était les mêmes promesses de boniieur interrompues brusquement par la mort. Mais combien le style de Chateaubriand était plus color('^, |)lus harmonieux, plus oi'iginal que celui de Bernardin de Saint-Pierre! Ce fut cependant ce que les critiques du temps, — Morellet et Marie-Joseph Ciiénier entre autres, — en critiquèrent le plus vivement o[ non sans quelque déloyauté. Mais « sa grâce fut la plus forte! ■■ Aussi longtemps que vivra le nom de Chateaubriand, aussi longtemps la séduction A'Atrila l'emportera sur ce qu on y ])eut aisément relever de défauts. L'emphase même n'en déplaira ])oint à la jeunesse; et une critique mieux informée que celle d'autrefois ne s'en plaindra pas, si ceux-là seuls apprécient à son prix le « naturel » du style, qui n'en ont pas toujours ha'i. ou qui en ont même aimé dans leur jeunesse, la grandiloipiencc et les sonorités.

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