I.K (iKNIK 1)1 ClIlilSTlANISME
i-i(licult' dans ses cérémonies, ennemi des arts et des lettres, de la raison et de la beauté; un culte qui n'avait tait que verser le sang, enchaîner les hommes, et retarder le bonheur et les lumières du genre humain : on devait donc chercher à prouver au contraire que, de toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus l'avorable à la liberté, aux arts et aux lettres ; que le monde moderne lui doit tout, depuis l'agriculture jus- (|u"aux sciences abstraites; depuis les hospices pour les malheureux jusqu'aux temples bâtis par Michel-Ange, et décorés par Raphaël. On devait montrer qu'il n'y a rien de plus divin que sa morale, rien de plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine et son culte; on devait dire qu'elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne de la vigueur à la pensée, ofTre des formes nobles à l'écrivain, et des moules parfaits à l'artiste; qu'il n'y a point de honte ;i croire avec \ewton et Bossuet, Pascal et Racine; enfin il fallait appeler tous les enchantements de l'imagination et tous les intérêts du cœur au secours de cette ménif religion contre laquelle on les avait armés....
Il est temps qu'on sache enfin à quoi se réduisent ces reproches d'absurdité, de grossièreté, de petitesse, qu'on fait tous les jours au christianisme; il est temps de mon- Irer que, loin de rapetisser la pensée, il se prête merveilleusement aux élans de l'âme, et peut enchanter l'esprit aussi divinement que les dieux de Virgile et d'Homère. Nos raisons auront du moins cet avantage, qu'elles seront à la portée de tout le monde, et qu'il ne faudra qu'un bon sens pour en juger. On néglige peutêtre un peu trop, dans les ouvrages de ce genre, de parler la langue de ses lecteurs : il faut être docteur avec le docteur, et poète avec le poète. Dieu ne défend pas li'S routes fleuries quand elles servent à revenir à lui,
oi ciiatI'AHii'.ia.nii.
el ce n'est pas loti jours par les senliers rudes et sublimes (le 1,1 iiioniagnc ipic la lirfhis rii-an'-e i-elouiiir au bercail....
Quatre parties, divisées chacune en six livres, composent notre ouvraere. Lt première traite des dogmes et (le la doctrine.
La seconde et la troisième renferment la pot'flqve du christianisme, ou les rapports de cette religion avec la poésie, la littérature et les arts.
La quatrièuie contieut le culte, c'est-à-dire loul ce rpii concerne les cérémonies de TEglise, et tout ce qui l'egarde le clergé séculier et réguliei-.
Au reste, nous avons souvent rapproché les dogmes el la doctrine des autres cultes, des dogmes, de la doctrine et du culte évangéliques : pour satisfaire toutes les classes de lecteurs, nous avons aussi touché de temps en temps la partie historique et mystique de la religion.