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PASCAL

Il y avail un homme (]ui, à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques ; qui, à seize, avait l'ait le plus savant traité des coniques qu'ont eût vu depuis l'antiquité: qui, à dix-neuf, réduisit en machine une science qui existe tout entière dans l'entendement; qui. i\ vingt-trois ans, démontra les phénomènes de la |)esanteur de l'air, et détruisit une des grandes erreurs (le l'ancieime i)hysique; qui, à cet âge où les autres hommes commencent à peine de naître, ayant achevé de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperçut de leur néant, et tourna ses pensées vers la religion; qui,

I. Les llt'iir'^ (|ui croissent |i.iniii les pierres. •-'. La mère <les Muses.

;{. Célèbre peintre grec ; il vécut à la cuur d Alexandie, (luis de Plulémée.

,!■; (IK.MK m ClIlilSTlAMsMI-;

ttr^r*-^

Pascal.

Upproduction du [portrait à la sanguine. — Dessiné d'apros natiirp

par Domnt sur la rnnverture d'un volume île sa hibliotlipqup.

(Appartiraf à .1/. Ili-nri di' Fi'litinndp.)

IIS CIIATKAI lililAMt.

(li^|tiiis co momont jusqu'à sa niorl, nrrivrr dans sa IrentetiiMivièint' aiiiii-e'. loujoiirs intirino cl souirraiil, (ixa la langiir' que parlèrfiit Hossuel- cl Piacine, donna \c modèle de la jdiis parfaile plaisanterie comme du raisonnement le j)lus fort; enfin, qui, dans les courts intervalles de ses maux, résolut par abstraction un des plus liauts problèmes de géométrie-', et jeta sur le papier des pensées qui tiennent autant du dieu que de l'homme : cet effrayant eénie se nommait Biaise Pascal''.

1. Lisez :« dan-; sn r|u.iiMnliemo anmV ». Pascal, ni' eu IG.'S, mort en UiG'J, avait exactement quand il mourut « trente-neuf ans et deux mois ».

'2. 11 y a là quelque exagération : quand parurent les Provinrialfs, en liijG, Bossuet les lut et les admira, mais il avait déjà prononcé quelquesuns de ses plus beaux Sermon.':, et la langue n'en doit ilonc rien à celle de Pascal.

:?. ('.'est le proldcme de la « roulette «que ( '.hnleanbi'iand désigne sans ddUte ici.

■4. M. Léon Brunsdivicg a montré (f'n tln-me frnnçnla de Cluilenvhriand, Revue fi'liisloire littéraire rie la fcAHce, juillet lilOi), que cette page célèbre est comme la reprise, écrite de génie, d'une page de Bossut, dans son Discours sur la vie et les oiiv)-nçies de Pascal. N'oici la page de Bossut :

« Tel fut cet liomnie extraordinaire, qui rei;iit en partage de la nature tous les dons de l'esprit ; géomètre de premier ordre ; dialecticien [irofond ; écrivain éloquent et sublime. Si on se rappelle que dans une vie très courte, accablé de soulfrances presque continuelles, il a inventé la machine arithmétique, les éléments du calcul des probabilités, la méthode pour résoudre le problème de la Roulette ; qu'il fixa d'une manière irrévocable les opinions encore llottantes des savants, touchant la pesanteur de l'air; ([u'il a écrit un des ouvrages les plus parfaits qui existe dans la langue française; que dans ses Pensées, il y a des morceaux d'une profondeur et d'une éloquence incomparables; on sera porté à croire que cbe? aucun peuple, dans aucun temps il n'a existé de plus grand génie. »

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