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A peine le nouveau chevalier jouissail-il de loules ses armes, qu'il brûlait de se distinguer par quelques laits éclatants. Il allait par monts et ]jar vaux^ cherchant périls et aventures; il traversait d'antiques forêts, de vastes bruyères, de profondes solitudes. Vers le soir il s'approchait d'un château dont il apercevait les tours solitaires; il espérait achever dans ce lieu quelque tei'rible fait d'armes. Déjà il abaissait sa visière et se recommandait à la dame de ses pensées, lorsque le son d'un cor se faisait entendre. Sur les faîtes du château s'élevait un heaume, enseigne éclatante de la demeui'e d'un chevalier hospitalier. Les ponls-levis s'abaissaient, et l'aventureux voyageur entrait dans ce manoir écarté. S'il voulait rester inconnu, il couvrait son écu d'une housse, ou d'un voile vert, ou d'une guimpe plus fine que fleur de lys. Les dames et les damoiselJes s'empressaient <le le désarmer, de lui donner de riches habits, de lui servir des vins précieux dans des vases de cristal. Quelquefois il trouvait son hôte dans la joie : « Le seigneur Amadieu des Escas, au sortir de table, estant l'hiver auprès d'un bon feu, dans la salle bien jonchée ou tapissée de nattes, ayant autour de lui ses écuyers, s'entretenoit avec eux d'armes et d'amour; car tout dans sa maison, jusqu'aux derniers varlets se mesloit d'aimer. »
■ Ces fêtes des châteaux avaient toujours (jucique chose d'énigmalique; c'était le festin de la licorne, le vœu du paon, ou du faisan. On y voyait des convive? non moins mystérieux, les chevaliers du Cygne, de l'Écu blanc, de la Lance d'Or, du Silence; guerriers qui n'étaient connus que par les devises de leurs boucliers, et par les pénitences auxquelles ils s'étaient soumis.
Des troubadours 1, ornés de plumes de paon, entraient dans la salle vers la fin do la fête, et chantaient dos lays d'amour :